HAMLET
Angleterre / Etats-Unis - 1996
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Hamlet »
Genre : Drame
Réalisateur : Kenneth Branagh
Musique : Patrick Doyle
Image : 2.35 4/3
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 5.1, Français Dolby Digital 5.1, Espagnol, Allemand et Castillan Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 242 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 24 novembre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Hamlet »
portoflio
LE PITCH
Sur les remparts d'Elseneur, Hamlet, jeune prince du Danemark, voit apparaître le spectre de son père. Celui-ci lui apprend qu'il a été assassiné par son frère Claudius, l'oncle d'Hamlet, en accord avec la reine. Le coupable lui a ravi à la fois épouse, couronne et vie. Hamlet simule la folie pour préparer sa vengeance et délaisse sa fiancée Ophélie, qui devient folle et se noie.
Partagez sur :
To film or not to film

Les visites du répertoire de William Shakespeare sont légions et se contentent souvent d'en reprendre vaguement la trame principale et les costumes surannés. Rares en effet sont ceux qui se confrontent à la pièce initiale, aux mots ardus et anciens, comme ici Kenneth Branagh, acteur / réalisateur qui apporte intelligemment sa pierre à la modernisation d'une œuvre immortelle.

Comme le confiait volontiers Branagh (Dead Again, Peter's Friends) à chaque interview, la pièce la plus imposante de William Shakespeare, Hamlet, a eu une importance constante tout au long de sa carrière. C'est en la découvrant pour la première fois qu'il décida de devenir acteur (à dix ans !), il la joua plusieurs fois sur les planches anglaises et en fit le sujet détourné de son adorable Au beau milieu de l'hiver (où une troupe de seconde zone tente de monter la pièce). Acteur shakespearien par excellence, il s'était déjà fendu d'une superbe adaptation de la comédie Beaucoup de bruit pour rien, combinant à la fois précision du texte, liberté de ton et casting de folie (Keanu Reeves, Emma Thomson, Denzel Whashington, Michael Keaton...). Sans rien enlever à la réussite de ce dernier, adapter Hamlet sur grand écran était un challenge hautement plus corsé. Un exercice déjà tenté par nombre de studio et de réalisateurs (dont un certain Lawrence Olivier...) auquel il fallait en sus se mesurer. Mais cela n'effraie que peu Branagh et les producteurs de Castle Rock, qui justement décident pour la première fois de donner toute la mesure de l'œuvre en préservant l'intégralité du texte... aboutissant ainsi à un long-métrage de plus de quatre heures ! Si l'aspect astreignant d'une telle approche est compensée commercialement par la sortie parallèle d'une version de deux heures (assez atroce, d'ailleurs) et surtout la présence au casting de stars comme Charlton Heston (superbe monologue), Billy Crystal (génial en fossoyeur philosophe), Gérard Depardieu ou Robin Williams dans des secondes rôles remarquables, reste que la densité de l'écriture a de quoi effrayer. 

 

Il n'y a rien de pourri au royaume de Danemark


Le metteur en scène choisit donc, pour dépoussiérer ou rendre plus accessible Hamlet, de le transposer dans le Danemark du XIXème siècle et surtout de s'écarter des demeures poussiéreuses et des illustrations dramatiques et sombres le plus souvent privilégiées au profit de décors grandioses, aérés, plus victoriens que gothiques. Un film qui se veut lumineux malgré le tragique de la pièce (réflexion sur le destin, la condition humaine, la mort, le complexe d'Oedipe), et laisse toute latitude à Branagh pour se laisser aller une nouvelle fois à des plans fluides, des travellings virevoltant qui paraissaient autrefois totalement hors-propos dans sa version ampoulée de Frankenstein. Des plans qui donnent ici un souffle réel, une énergie communicative à l'oeuvre. Comme un jeune premier, l'artiste s'offre même au passage le rôle-titre (alors que son âge ne correspond pas vraiment), faisant montre de son talent incroyable pour transmettre le verbe ouvragé de l'auteur tout en faisant ressortir le mélange détonnant, et incroyablement moderne, de tragique, d'humour et de folie. Une prestation exemplaire qui conditionne l'ensemble du long-métrage, cultivant les ruptures de ton, les élans presque hystériques et un défilé d'acteurs tout simplement magnifiques. Une adaptation toute personnelle mais passionnante, qui souffre tout de même de l'aspect « théâtre filmé » à de maintes reprises (l'ouverture particulièrement figée) et de quelques idées visuelles dépassées (le fantôme assez ridicules). Mais entre la justesse du jeu, la passion qui déborde de chaque plan et la puissance originelle d'Hamlet, ce film somme a de quoi rester dans l'histoire.

Nathanaël Bouton-Drouard








Partagez sur :
 

Image :
Après des années passées à hanter les rayons VHS avec une version relativement courte, le Hamlet de Kenneth Branagh avait enfin eu le droit à une édition digne de ce nom en 2007, restaurant au passage une copie aux couleurs fadasses. Le Blu-ray ne bénéficie pas, du coup, d' un nouveau master, reprenant le précédent en le remaniant pour correspondre aux canons de la HD. Quasiment nettoyée de toutes les petites imperfections (de rares petits points blancs se laissent apercevoir sur quelques plans), la copie gagne clairement en richesse de détails, faisant apparaître la moindre ride sur les visages, le léger rosé des joues de Kate Winslet et la structure des décors. Les arrières plans souvent (volontairement) écrasés n'apportent pas une profondeur sidérante, mais le tout gagne clairement en richesse, en particulier du côté des couleurs, désormais joliment soutenues. Mais loin d'être parfait, le master n'arrive pas toujours à dissimuler son passage par le « réducteur de bruit », laissant certes un très léger grain agréable, mais qui lisse parfois un peu trop les éléments visuels et aboutit à quelques images un poil trop floues.

 

Son :
Nous ne parlerons même pas de la version française totalement foirée (acteurs à la masse, traduction lourde) et de toute façon contre-nature, d'autant que seule la version anglaise profite d'un DTS HD Master Audio 5.1. Cependant très sobre en terme de mixage audio, le film ne joue sur le tableau de la spatialisation qu'à de très rares occasions (l'apparition du fantôme, l'assaut final sur le château), se concentrant essentiellement sur les dialogues. Du coup, on ne comprend pas bien comment l'éditeur a pu rater le coche en livrant certes un rendu cristallin mais souvent mal calibré, effaçant presque totalement la musique et laissant de-ci de-là quelques phrases en retrait.

 

Interactivité :
Warner avait déjà effectué tout le travail il y a trois ans pour l'édition spéciale DVD, proposant pour la première fois la version longue sous ce format. Le Blu-ray reprend à son compte l'ensemble des bonus avec les archive d'époque en premier lieu, commençant par une bande promo concoctée lors de la présentation du film à Cannes. Quelques interview promo un peu stériles, qui ne paraissent pas franchement intéressantes à côté du documentaire « Devant la caméra », laissant surtout la parole aux divers acteurs. Chacun explore sa relation avec le réalisateur, évoque la passion de ce dernier et ses méthodes de travail, mais aussi la difficulté de jouer le texte de Shakespeare. Assez court finalement, ce making of n'en est pas moins des plus réussis, oscillant entre anecdotes et souvenirs personnels agrémentés de beaucoup d'humour, en particulier lorsque l'hilarant Billy Crystal prend la parole et permet d'observer quelques recherches scéniques et de vraie images du tournage. Le réalisateur, déjà présent ici, se fend d'ailleurs d'une vrai introduction au film (seul bonus en HD), où il revient une nouvelle fois sur sa relation très particulière avec la pièce, la nécessité d'en livrer l'intégralité et l'ambition écrasante du projet. Dommage du coup que l'éditeur n'ait pas jugé bon de traduire le long commentaire audio qui regroupe ce dernier avec l'annaliste et ami Russel Jackson, parfait équilibre d'analyse filmique et de réflexion autour du dramaturge malgré les quatre heures à remplir. Les anglophones eux, ne devraient pas passer à côté.  

 

Liste des bonus : Introduction de Kenneth Branagh, Commentaires audio de Kenneth Branagh et Russell Jackson (spécialiste de Shakespeare), "Devant la caméra : l'Histoire à travers Hamlet", Promo d'époque du Festival de Cannes, Bandes-annonces

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021