LIVRE DE SANG
Clive Barker’s Book of Blood - Angleterre - 2009
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Genre : Fantastique
Réalisateur : John Harrison
Musique : Guy Farley
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais et Français Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 96 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 11 janvier 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Mary, enseignante spécialisée dans la parapsychologie recrute l’un de ses étudiants, Simon Mc Neal, afin de comprendre les événements paranormaux qui se sont produits il y a quelques années dans une maison aujourd’hui abandonnée. Ils découvrent que cette maison est à l’intersection des « autoroutes » transportant les âmes dans l’Au-delà et tentent alors de rentrer en contact avec elles. Mais Simon provoque une fois de trop l’autre monde et cette fois, les morts ne le laiss...
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Secret show

Souvent déçu par les adaptations de ses textes effectuées hors de son regard (le pourtant rigolo Rawhead Rex, les suites d'Hellraiser ou de Candyman), Clive Barker se concentre désormais sur le contrôle total de ses productions. Après Midnight Meat Train et avant Dread, Tortured Souls ou un remake (curieux) d'Hellraiser, voici donc venir un séduisant Livre de Sang.

Le grand Clive ayant abandonné la réalisation (pour des raisons de santé, a priori), les derniers espoirs des fans d'Hellraiser, Cabal et Le Maître des illusions reposaient sur sa société de production Midnight Picture Show, spécifiquement créée pour mieux contrôler les adaptations de son œuvre littéraire. La structure avait déjà démontré son efficacité avec le virtuose Midnight Meat Train. D'ailleurs, c'est une nouvelle fois une des nouvelles de la longue anthologie Livres de sang (six volumes) qui a droit à une transposition sur grand écran, plus précisément les deux textes qui servaient de liant au délire érotico-gore de Barker : Livre de sang et Jerusalem Street. Ici un petit groupe d'universitaires tente de documenter l'activité paranormale d'une maison abandonnée. Un lieu qui se révèle finalement être un carrefour entre le monde des vivants et le monde des morts, ces esprits s'emparant du pauvre étudiant pour le transformer en manuscrit vivant, sur lequel ils écrivent à même la peau leurs plaintes et leur histoire.  On retrouve bien là l'univers du romancier, mêlant une horreur lancinante, un ésotérisme trouble et surtout un traitement particulièrement mature de la violence et de la douleur, oubliant tous les « effets du genre » au profit d'une mise en place volontairement lente, jouant plus sur les ambiances et les personnages que sur quelques effets de sursaut. Il faut d'ailleurs reconnaître au duo de scénaristes (John Harrison / Darin Silverman) leur réussite dans la compilation, avec beaucoup de naturel, des deux nouvelles et l'exposition brillante de protagonistes motivés par leur soif de connaissance, leur duperie et leur chair.

 

scribe


Cette approche trouble, étrange, on ne l'avait pas vue aussi convaincante depuis l'inoubliable Hellraiser de Clive Barker en personne, avec lequel le présent long-métrage partage nombre d'éléments (demeure étouffante, faille du réel, opposition entre apparence et essence réelle des personnages). Compositeur de Creepshow et Le Jour des morts-vivants de Romero, réalisateur méritant de Darkside, Les Contes de la nuit noire, ou plus confidentiellement d'épisodes des Contes de la crypte, Profiler ou Dune, John Harisson réussit certes à donner corps aux visions gothiques et malsaines du maître (peau lacérée d'inscriptions, évocations de la crucifixion), mais sa mise en scène manque de virtuosité, comme de puissance d'évocation. En dehors d'une ouverte particulièrement graphique (une jeune femme torturée par des forces invisibles et manifestement violée), le reste ressemble trop souvent à un téléfilm dans ses choix de cadres et de mouvements. On est ici clairement loin du traitement hystérique d'un Ryuhei Kitamura, et l'on peut regretter que sans vouloir y observer les mêmes délires Bis, Livre de Sang aurait mérité une caméra plus maniériste. Il n'en reste pas moins que malgré ces défauts esthétiques, le film parvient avec brio à faire revivre l'univers du romancier, ce mélange  si particulier de magie noire et d'érotisme sous-jacent, en partie aussi grâce à la justesse des acteurs, aptes à séduire les amateurs d'épouvante exigeante. On est encore loin des sommets de Candyman certes, mais la tentative mérite bien des éloges.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Metropolitan sait en général soigner ses longs-métrages en leur dédiant de superbes masters. Ici la copie est propre et les couleurs profitent d'une vivacité constante. Contrastes précis, léger grain naturel... Dommage que les noirs manquent de profondeur, souffrant d'étranges décrochages de la compression. Le film se déroulant le plus souvent dans la pénombre, c'est un peu gênant, le spectateur devant se coltiner l'apparition d'artefacts trop réguliers.

 

Son :
Même constat mitigé pour les bandes sonores en Dolby Digital 5.1. Non pas que ces dernières dénotent de réels défauts, mais elles ne semblent pas toujours suffisamment soutenues pour restituer les ambiances du film. Les morts qui entourent leurs victimes, l'agression de quelques poltergeists... Ces séquences profitent certes d'effets sur les différentes enceintes (avant et arrières), mais la spatialisation est clairement trop timide.

 

Interactivité :
Si le film est dirigé par John Harrison, c'est bien entendu Clive Barker qui est l'intervenant le plus attendu du making of offert en bonus de l'édition. C'est d'ailleurs lui qui profite du plus grand temps de parole, mais il reste nénamoins trop en retrait par rapport à une analyse attendue du film par rapport à son œuvre. Il évoque d'ailleurs la déception de ne pas avoir vu ses nouvelles davantage adaptées au cinéma... alors que justement les projets et produits finis existent bel et bien. Le reste des interviews s'intéresse à l'écriture, l'importance de restituer l'ambiance du maître, mais tout cela ressemble bien trop à une bande promo.

 

Liste des bonus : Le making of (25'), Bandes-annonces

 
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