SHREK 4 : IL éTAIT UNE FIN
Shrek Forever After - Etats-Unis - 2010
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Comédie, Conte
Réalisateur : Mike Mitchell
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby True HD 7.1 anglais, Dolby Digital 5.1 français, néerlandais…
Sous-titre : Français, anglais, suédois…
Durée : 93 minutes
Distributeur : Dreamworks
Date de sortie : 8 décembre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Après avoir vaincu un méchant dragon, sauvé une belle princesse et le royaume de ses parents, que peut encore faire un ogre malodorant et mal léché ? Domestiqué, assagi, Shrek a perdu jusqu'à l'envie de rugir et regrette le bon vieux temps où il semait la terreur dans le royaume. Aujourd'hui, tel une idole déchue, il se contente de signer des autographes à tour de bras. Trop triste... C'est alors que l'habile et sournois Tracassin lui propose un contrat. Shrek se retrouve soudain trans...
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At last !

Presque dix ans après la sortie du tout premier épisode, Il était une fin opère comme un final se voulant une apothéose autant qu'un bilan sur une série qui aura engrangé beaucoup de billets verts pour le studio Dreamworks, qui a montré récemment avec le superbe Dragons qu'il pouvait enfin passer à autre chose.

Shrek 4 ? Une nécessité plus lucrative qu'artistique, qui démontre bien que dès 2001 le concept repose sur une arnaque. Vendu alors comme l'anti-Disney par excellence, s'amusant à taper à chaque plan, chaque vanne, sur les clichés de l'ancienne demeure de mister Katzenberg (qui a d'ailleurs claqué la porte en gardant sous le coudes des copies éhontées de quelques projets en cours), affichant ainsi une "modernité de ton", une certaine "irrévérence" et clairement la volonté de donner un coup de pied dans la fourmilière, Shrek rencontre immédiatement son public. Sympathique il est vrai, ce démarrage montrait pourtant déjà dans ce systématisme une limite évidente et un essoufflement final où, comme dans chaque conte, « tout était bien qui finissait bien ». En dépit de quelques bonnes idées (en fait une : le chat botté joué par Banderas), les épisodes suivants n'ont fait que creuser plus avant ce sillon vers l'autoréférence, l'autocélébration et une mièvrerie de plus en plus envahissante lorsque l'on nous assénait entre deux chansons insupportables de l'âne à tronche de cake que cet ancien ogre ne pouvait espérer meilleur vie que celle auprès de sa femme, et par la suite de ses enfants.

 

mulet


Une vraie leçon de vie signée par des scénaristes rebelles et rockn'roll à donf ! Limite punk et « no future » ! Et on ne parle même pas de cette beauté sculpturale obligée de se défigurer pour mieux convenir à son mâle (les couples mixtes ? Quelle horreur !). Bien évidement, Shrek 4 ne fait qu'enfoncer le clou avec un script qui tente de se la jouer malin en plongeant le géant vert dans un monde parallèle où il n'aurait pas existé. Situation propice a priori à une relecture complète de la série (les autres personnages le rencontrent pour la première fois) et pourquoi pas à une réflexion plus sensible sur le destin et métaphoriquement sur le statut mêmes des quatre films. Il n'en est évidement rien puisque le réalisateur Mike Mitchell (L'Ecole fantastique) se contente de balancer à l'envi les mêmes gags vus des centaines de fois, passant à côté des rares situations potentiellement bien vues (le chat botté devenu adipeux, le joueur de flûte de Hammelin passé chasseur de prime), privilégiant manifestement les déformations faciales et les gags scatologiques de rigueur. Shrek n'a plus la forme, et sa jeunesse effrontée a bel et bien totalement disparu. Ca tombe bien, c'est le message du film : quand on est père de famille, plus question de se marrer. Mais quand même, faut garder le sourire. Ca méritait d'être dit, vous ne croyez pas ?  

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Déjà plutôt jolis en Blu-ray, les trois précédents épisodes n'offrent rien de comparable avec le travail effectué par Dreamworks sur le chapitre final. Sans doute aussi grâce à un travail visuel plus fouillé que précédemment, la copie en présence est particulièrement impressionnante avec ses effets de textures, ses jeux de lumière et son rapport à la tridimensionnalité qui aboutissent à un rendu particulièrement bluffant... et le passage du 1.77 à un plus classieux 2.35 n'y est sans doute pas pour rien. Bon, ça ne sauve pas les designs toujours aussi « lourds » et une direction artistique bien trop sage, mais ça fait son petit effet.

 

Son :
Finalement, Shrek 4 n'offre pas grand-chose à écouter, entre ses dialogues sirupeux, attendus et sa bande originale pop-baveuse. Pourtant l'éditeur à choisi de lui consacrer un DTS HD Master Audio 7.1 anglais sublimement maîtrisé. Les dialogues marqués se marient parfaitement avec les compositions d'Harry Gregson-Williams et les nombreux bruitages du long-métrage. L'ouverture sonore est totale, le dynamisme constant et la sensation d'enveloppement prégnante. Des adjectifs déjà utilisés pour nombre d'autres mixages du même acabit, mais ici ce qui surprend le plus est sans aucun doute le naturel ahurissant, la perfection cristalline de la restitution, aussi minutieuse que puissante (le caisson de basses est joyeusement malmené). Dommage pour les petits français qui se contenteront encore une fois d'un Dolby Digital 5.1 basique et propre tout au mieux, Chabat et ses camarades s'évertuant à y insuffler un peu d'énergie.

 

Interactivité :
Si le film en lui-même ne tient pas la distance, Dreamworks Home Entertainment entend bien achever la saga en grande pompe en gavant son édition de bonus en tous genres. Certes quelques jeux vaguement interactifs font toujours office de gadgets, les scènes coupées n'apportent pas grand-chose et le court métrage « Le Noël Shrektaculaire de l'Âne » laisse dubitatif, tout comme le conte raconté par l'ogre vert façon livre pop-up, mais ce n'est la que la suite logique de l'appauvrissement de cet univers. Quelques documentaires viennent néanmoins relever le niveau avec des interviews des créateurs et des acteurs américains ou un reportage intriguant sur la comédie musicale tirée des films... Du classique, mais ça remplits son office, tout comme le commentaire audio qui regroupe le réalisateur Mike Mitchell, le scénariste Walt Dohrn et les producteurs Gina Shay et Teresa Cheng, partageant manifestement une réelle camaraderie et se montrant prompts à livrer quelques secrets de fabrication en même temps que quelques anecdotes sur l'entente de l'équipe. Sympa, mais un brin timide à côté de l'excellente option Picture-in-Picture qui donne accès à des commentaires audio supplémentaires et plus variés, des featurettes techniques, des détours sur l'évolution des designs, des vignettes sur les références, les coulisses du doublage... Passionnant et distrayant de A à Z. En fait on ne saurait que conseiller le visionnage direct du film avec cette option : ça fait passer la pilule.

 

Liste des bonus : Le coin des animateurs (option PiP), Commentaires des créateurs du film, Court métrage : « Le Noël Shrektaculaire de l'Âne », , Le voyage interactif de Shrek : partie IV, Pleins feux sur Shrek, Scènes inédites, Conversation avec les acteurs, La technique de Shrek, il était une fin, Shrek, Rattle & Roll : Shrek, la comédie musicale, Chant de Noël de l'Âne, La bûche de Shrek, Jeux de Noël - Décorer le marais, BD-Live : Juke-box vidéo DreamWorks Animation - Musique de Noël, Bandes-annonces

 
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