SUSPIRIA
Italie - 1977
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Suspiria »
Genre : Horreur
Réalisateur : Dario Argento
Musique : Goblin
Image : 2.35 16/9
Son : Italien DTS HD Master Audio 5.1, 2.0 et mono, Anglais et Français DTS Master Audio Mono
Sous-titre : Français
Durée : 98 minutes
Distributeur : Wild Side
Date de sortie : 3 novembre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Suspiria »
portoflio
LE PITCH
Suzy, jeune américaine, arrive à Fribourg afin de suivre des cours dans une académie de danse prestigieuse. A peine arrivée, l’atmosphère du lieu, étrange et inquiétante, surprend la jeune fille. Et c’est là qu’une jeune élève est spectaculairement assassinée. Sous le choc, Suzy est bientôt prise de malaises. Et le cauchemar ne fait qu’empirer : le pianiste aveugle de l’école meurt à son tour, égorgé par son propre chien….Suzy apprend alors que l’académie était au...
Partagez sur :
Le cri qui tue !

Dario Argento, lors de son âge d'or, est considéré à juste titre comme l'un des grands génies du cinéma moderne. Et si son œuvre (avant sa mort artistique) est parcourue de nombreuses réussites, un film aussi éprouvant que fascinant explose littéralement de talent et de fulgurances : Suspiria.

On a beau l'avoir vu cent fois (on en retire une bonne cinquantaine à cause de copies pourries et des versions censurées par M6), il est difficile de ne pas être hypnotisé à chaque vision de Suspiria. Une œuvre à part, un monument du septième art, un film culte pour peu que cela veuille encore dire quelque chose. Alors que l'industrie cinématographique ne prêche plus que par L'Exorciste de Friedkin et l'horreur dites réaliste, Argento choisit en 1977 de revenir aux origines du genre et en particulier à une certaine esthétique laissée en désuétude : sorcières, architecture baroque, filtres de couleurs à foison... On se croirait en plein croisement entre l'art de Mario Bava et les films de la Hammer, le tout multiplié au centuple. Car sur une structure basique clairement inspirée des contes des frères Grimm avec la métaphore du passage à l'âge adulte en toile de fond, Argento repousse les limites du cinéma en tant qu'art visuel. Explorant de fond en comble chaque centimètre de son superbe cinémascope, il restructure le réel à chaque instant et plonge les spectateurs dans une orgie de formes et de couleurs qui leur font perdre pied.

 

crash & burn


Une mise en scène appuyée, maniériste, proche de la chorégraphie, qui se révèle particulièrement efficace pour brouiller toute forme de repère fiable. Une mise en scène qui trouve son zénith avec un certain sadisme lors de meurtres d'une extrême cruauté (même pour un spectateur d'aujourd'hui), à même de glacer le sang des plus endurcis. Un effet tétanisant qui n'aurait sans doute jamais été possible sans le travail halluciné de Goblin. Ce groupe musical largement célèbre (et à juste titre) pour son travail sur Les Frissons de l'angoisse, a donc produit sous l'impulsion du cinéaste un travail purement expérimental, mélange habile entre le rock primaire, les bruitages distordus et l'electro planante à la Mike Oldfield, le tout ponctué de sonorités étranges et décalée venues des tréfonds du cerveau de Simonetti, l'imminence grise de la bande. Une piste sonore dont l'étrangeté et le décalage avec les images est savamment calculé, pour mieux jouer avec les peurs primaires et enfantines. Spectacle éclatant, d'une beauté à la fois pure et profondément horrible, Suspiria n'a vraiment pas volé son statut de référence absolue dans le genre, encore moins sa toute nouvelle copie de jeune fille.

Nathanaël Bouton-Drouard










Partagez sur :
 

Image :
Les modifications effectuées par Luciano Tovoli, avec l'accord de Dario Argento, lors de la remasterisation HD pour le DVD de Wild Side Vidéo avaient entraîné quelques levers de bouclier devant la saturation extrême de certaines couleurs et la disparation effective de quelques détails à l'image. L'éditeur n'hésite pourtant pas à en reprendre le travail (exceptionnel, si vous voulez notre avis) pour ce Blu-ray qui du coup, retrouve toutes les informations initiales. Le scope est littéralement gigantesque (surtout sur grand écran !), les plans d'une profondeur insoupçonnable, les contrastes en feraient presque mal aux yeux et les couleurs resplendissent à chaque seconde. Une finition quasi-parfaite qui n'empêche aucunement le grain de pellicule de nourrir la copie sans jamais en abimer la superbe. Magnifique.

 

Son :
Il y en aura pour tout le monde ! De la version anglaise, de la version française et de la version italienne. Le film (postsynchronisé de toute façon) ne comportant pas de vraie « version originale », chacun peut choisir en fonction de ses sensibilités, surtout qu'en l'occurrence les trois versions DTS HD Master Audio gonflant le mono d'origine se montrent relativement équivalentes, avec un son bien nettoyé et direct, manquant juste d'un poil de puissance au niveau des basses. Les mixages restent on ne peut plus proches du travail initial, sans les défauts de l'âge. On reste par contre plus circonspect devant le mixage italien en DTS-HD Master Audio 5.1 qui se montre souvent trop artificiel.

 


Interactivité :
Pas de nouveauté pour le Blu-ray de Suspiria. En même temps, lors de la sortie DVD, Wild Side Vidéo avait déjà fourni un travail considérable. Si l'on aurait apprécié savoir ce que donne le maestrio dans l'exercice du commentaire audio, cette absence est ici largement compensée par l'excellent entretien enregistré pour l'occasion. Emouvante, drôle et passionnante, cette petite interview (vingt minutes tout de même) permet de découvrir la sensibilité du cinéaste qui assumait son expérimentalisme au détriment d'une logique « auteurisante ». Quand on voit son mutismes dans les récents bonus des autres films de la collection, il y a de quoi se réjouir. La rencontre est complétée par les autres entretiens avec les illustres Luciano Tovolo (directeur de la photo), Davide Bassan (assistant du chef décorateur), Daria Nicolofi (coscénariste et ex-femme de)  et surtout Claudio Simonetti. L'ex-leader du groupe Goblin, responsable de la sublime bande originale, se souvient de sa première collaboration avec le réalisateur (sur Les Frisson de l'angoisse), leurs méthodes de travail et les enjeux de Suspiria. Il se montre particulièrement éloquent sur de nombreux aspects de son métier de compositeur (les origines des bruitages, les instruments choisis...). Une introspection forcément subjective contrastée par la featurette Argento Vu par où Jean-Baptiste Thoret (son bouquin sur Argento est à lire absolument), Pascal Laugier (son film Saint Ange est à voir absolument) et Alain Schlokoff (il n'est pas utile de lire son magazine) replacent l'œuvre dans la filmographie inégale du bonhomme. Un blu-ray on ne peut plus complet donc, qui s'achève avec délectation sur l'émission de radio Mauvais Genre qui recevait pour le coup Claudio Simonetti. Une bonne occasion de discourir du cinéma italien, des musiques de films et d'écouter une version live inédite. Un quasi sans faute en somme, où manque uniquement une intervention de l'actrice Jessica Harper, pourtant enregistrée pour l'édition Anchor Bay et bizarrement le disque de la bande originale, pourtant présent dans l'ancien digipack DVD.

 

Liste des bonus : Entretien avec Dario Argento (20'), Dario Argento, le maître d'œuvre : entretien inédit avec Dario Argento (26'), The Argento Connection (26'), Entretien avec Luciano Tovoli, directeur de la photographie du film, Entretien avec Claudio Simonetti, le compositeur, Entretien avec Davide Bassan, le fils et assistant du chef décorateur, Entretien avec Daria Nicolodi (22'), Argento vu par.. (26'), Emission de radio Mauvais Genre (France Culture) spécial Claudio Simoneti (60'), Galerie photos, Bandes-annonces

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020