AVATAR VERSION LONGUE
Avatar Extended Cut - Etats-Unis - 2010
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Science-fiction
Réalisateur : James Cameron
Musique : James Horner
Image : 1.77 16/9
Son : DTS-HD Master Audio Anglais et Français
Sous-titre : Français, Anglais et divers
Durée : 178 minutes
Distributeur : 20th Century Fox
Date de sortie : 18 novembre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Sur la lointaine planète de Pandora, Jake Sully, un héros malgré lui, se lance dans une quête de rédemption, de découverte, d'amour inattendu, dont l'issue sera un combat héroïque pour sauver toute une civilisation.
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Immersion, niveau 3

Devant l'impossibilité d'exploiter un film de plus de 2h40 en salles IMAX, James Cameron avait un temps envisagé de sortir deux versions d'Avatar en parallèle. En raison de quelques retards évidents (certains plans ne seront jamais bouclés à temps) et compte-tenu des risques encourus d'un point de vue marketing, le cinéaste acceptera de sortir une version « minimale » d'Avatar, longue de 2h42. Agrémenté de huit minutes inédites, l'Edition Spéciale offrait moins en septembre 2010 un nouvel éclairage de l'œuvre qu'une version pleinement achevée du montage salle de Cameron. Le troisième et dernier montage inclus dans le Blu-ray Collector devrait quant à lui combler les dernières frustrations, en repositionnant certains enjeux dramatiques avec la même ambition que les versions longues d'Aliens et Abyss.

 

Passé le choc sensoriel de redécouvrir Avatar sur grand écran (toujours quinze ans d'avance avec tout ce qu'on a vu jusqu'ici, et un relief totalement incomparable avec la concurrence), les informations nouvelles distillées par l'Edition Spéciale de septembre s'avéraient plutôt rares, et aucune ne renversait réellement la compréhension de l'intrigue et des personnages. Alors que les montages « Extended » du Seigneur des Anneaux, pour ne citer que l'exemple le plus probant, pouvaient cohabiter avec les cuts originels, chacun s'adressant à un public bien spécifique, Avatar Special Edition apparaissait clairement comme un Theatrical Cut amélioré, appelé à remplacer pour de bon son modèle dans un avenir proche. Plus fluide, plus spectaculaire, plus riche graphiquement (les nouveaux effets spéciaux se révèleront être au moins aussi renversants que les trucages originaux, et les créatures ajoutées, notamment les gigantesques Sturmbeasts, iront caresser dans le sens du poil les fans de Ray Harryhausen), le nouveau cut se parait également d'un mixage sonore repensé, moins agressif, plus enveloppant, plus subtil que celui de décembre 2009.

 

Special Edition Redux

 

Intensifiant les scènes déjà connues (la charge finale de la faune de Pandora se montrait nettement plus brutale), des plans réintégrés tout au long de la projection permettaient d'humaniser encore davantage les situations (une scène d'amour d'une sensualité à fleur de peau, Neytiri jouant avec des insectes bioluminescents, un bref champ / contre-champ entre cette dernière et Quaritch lors du combat final, et on en passe). Des séquences inédites harponnaient enfin le spectateur, notamment une chasse au buffle extraterrestre à couper le souffle s'enchaînant avec la première apparition épique du Toruk, ainsi qu'une scène de mort bouleversante pour le personnage de Tsu'Tey, sans doute l'une des plus belles du film entier. Compte-tenu de la pertinence de ces ajouts (voir la contre-attaque des Na'Vi sur un bulldozer, justifiant l'attaque de l'arbre-maison par les mercenaires de la RDA), il était impossible de ne pas fantasmer une véritable Edition Spéciale, qui intégrerait les grandes informations manquantes : le prologue de 5 minutes sur Terre, la liaison amoureuse entre Norm et Trudy, les conflits entre Selfridge et Quaritch, le test d'intronisation hallucinatoire de Jake (dans lequel il découvre son animal totem : le Toruk) et surtout l'existence de la sœur de Neytiri, assassinée dans l'école de Grace par des troopers belliqueux (d'où les traces de balles sur l'ardoise, telles qu'aperçues dans la présente version longue). Si de nombreuses coupes de montage n'auront droit de cité que dans le menu des suppléments du Collector Blu-ray (tout le script ou presque a bel et bien été filmé, jusqu'à l'attaque de Hell's Gate par les Avatars secondaires), la nouvelle version d'Avatar, longue de 3 heures, constitue un voyage d'une cohésion absolue, dont l'émotion égale désormais la portée sensorielle. Un film parfait dont les pistes dramatiques envisagées par l'Edition Spéciale (le trauma de Grace, le background tragique de Neytiri) trouvent enfin une réponse à la hauteur. L'ouverture puissante sur ce que l'on appelait jadis la Planète Bleue, en hommage direct à Blade Runner, l'un des films de chevets de Cameron, est en soi une raison suffisante pour replonger tête baissée dans cette fresque visionnaire, héritière d'un siècle d'aventures science-fictionnelles tout en parvenant à hisser le genre vers des cimes inédites. Avatar était déjà, de loin, le meilleur film de l'année 2009 ; ce montage définitif n'est pas loin de ridiculiser l'ensemble de la production 2010.

Alexandre Poncet

 

 

 

 

 

 

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Image :

La qualité d'image de ce Collector Blu-ray est en tout point identique à celle du précédent disque, en dépit des 16 minutes ajoutées grâce à la magie du Seamless Branching (la copie occupe désormais les 50Go de la galette, contre 47Go en avril 2010). Alors que le DVD peine clairement à retranscrire la complexité des images créées par Cameron et les équipes de Weta (les vingt dernières minutes occasionnent quelques patés, et la colorimétrie se révèle bien fade), le Blu-ray se montre d'une tenue à toute épreuve, laissant admirer jusqu'aux grains de poussière dansant dans l'air de Pandora. Les scènes aériennes préservent leur capacité d'immersion (on aperçoit de manière bien délimitées les différentes couches de nuages), les séquences de jungle sont d'une véracité troublante, les yeux des Na'vi changent de couleur selon les sources de lumière, le hangar AMP des humains profite d'une profondeur de champ hal-lu-ci-nante, et la bataille finale, forte d'un niveau de détails inédit (révélé ici par une vision d'ensemble que ne permettaient pas les projections en relief), propose les visions les plus fouillées de l'histoire du cinéma. Un Blu-ray en bêton armé en somme, pour un film qui garde encore une dizaine d'années d'avance sur la production cinématographique d'aujourd'hui. A noter que Cameron a choisi de restituer son film en format 1.77:1, soit l'équivalent des salles I-MAX, présentant plus d'image en haut et en bas du cadre par rapport aux copies cinéma 2.35:1. Le résultat est réellement saisissant.

 

Son :

Le son est digne de l'image, les mixages DTS-HD Master Audio renforçant l'impression d'immersion qui se dégage tout au long de la projection. Partageant intelligemment la musique de James Horner (avec des choeurs semble-t-il atténués par instants, en comparaison de l'expérience en salles, au profit de cuivres amples et épiques à souhait) et les titanesques effets sonores au sein de la matrice 5.1, les pistes sont implacables en termes portée sensorielle et de spectacle. On préférera bien sûr la version originale anglaise, la Neytiri de la VF s'avérant particulièrement irritante.

 

Interactivité :

A première vue, le cinéphile a droit ici à un véritable torrent d'informations. Un making of d'une heure quarante segmenté en quatre chapitres (naissance du projet et pré-production, tournage de la Performance Capture, tournage Live, post-production) lance les hostilités. Produit par Laurent Bouzereau, visiblement appelé à l'aide pour trier les centaines d'heures d'interviews et d'images de coulisses rassemblées sur 4 ans et demi, le documentaire retrace à toute allure les différentes étapes de la conception d'Avatar, s'attardant sur les designs, les prototypes techniques, la création des nouvelles technologies nécessaires à la concrétisation du projet, le long processus d'écriture, les enjeux techniques du Volume, l'ampleur du tournage en Nouvelle-Zélande (près de 25 décors gigantesques y seront construits, de même qu'un AMP en taille réelle et un hélicoptère de 8 tonnes actionné à l'aide d'une grue ; autant pour ceux qui croient encore avoir affaire à un dessin animé), le défi herculéen réservé aux équipes d'effets visuels (Weta ne rendra que quelques plans en plusieurs mois, le temps de maîtriser pleinement leur Pipeline)... Le rythme effréné du discours et l'accumulation non moins frénétique de sources diverses et variées (dont des extraits de Brother Termite, un projet avorté de Cameron pavant la route pour la Performance Capture, ainsi qu'un prototype d'une minute signé ILM pour convaincre la Fox d'investir) mordent un peu le point de vue intimiste du propos : plus qu'une aventure humaine, la production d'Avatar est ici décrite comme une expérience scientifique totalement folle, dont la portée révolutionnaire ne repose finalement que peu sur le relief tant plébiscité du film. Ce qui frappe également est la volonté de Cameron de tout filmer en Live, le cinéaste accompagnant ses acteurs dans une virée en pleine jungle hawaïenne (certains plans issus des ordinateurs de Weta sont en tout point similaires à ces images rapportées) ou poussant ses comédiens et cascadeurs à interpréter des séquences reléguées, depuis plus de quinze ans maintenant, à des doublures numériques (toutes les scènes de vol à dos de Banshee bien sûr, mais aussi l'escalade périlleuse par les Na'Vi des montagnes flottantes). Ce tournage physique, on en trouve de nombreuses traces dans les trois quarts-d'heure de scènes coupées non finalisées, dont une scène de fête dans l'arbre des Omiticaya presque entièrement constituée de prises de vue dans le Volume. Parmi ces coupes de montage, on retiendra également l'incroyable Bad Trip vécu par Jake en guise d'intronisation dans le clan, un duel façon Viking entre le héros et Tsu'Tey, la prise de pouvoir d'un Quaritch à l'humour pince-sans-rire ("You're far away from Earth !"), une partie de jambes en l'air pas très familiale entre Norm et Trudy, une évasion du fort rallongée, des dialogues supplémentaires pour Weinfleet ou encore un troisième Climax très ambitieux, mais qui aurait ralenti la bataille finale. Une section d'archives diverses (dont le discours de début de tournage de Cameron, passionnant et émouvant, une dissection des effets visuels d'une demi-douzaine de sociétés impliquées, dont ILM, et un court-métrage hilarant signé par l'équipe de cascadeurs et certains des acteurs principaux) clôt le second disque, le troisième embrayant sans attendre sur une décomposition de 17 séquences en multi-angles, opposant le tournage en Performance Capture, l'intégration préliminaire des données dans l'image virtuelle, et le résultat fini, après passage des animateurs. Edifiant. Une pelletée de featurettes complète le programme, mais la plupart (et c'est là la grande déception de l'édition) se résument à des versions "Extended" de certains chapitres du making of principal. Seuls les segments consacrés aux caméras 3D, virtuels et Simul-Cam mises au point pour le film, au sound design, ainsi qu'au montage très problématique (comment tirer un bout à bout des sessions de Performance Capture, aucun angle de caméra n'ayant été encore validé ?!) donnent dans l'inédit. Enfin, on conseillera aux complétistes d'aller faire un tour du côté des suppléments téléchargeables : en complément des séances de casting de Sam Worthington et Zoe Saldana déjà présentes sur les Blu-ray, on y trouve les essais des acteurs secondaires, ainsi qu'une visite de l'atelier de Weta Workshop par Richard Taylor en personne. Au total, plus d'une heure de visionnage... Et ce n'est apparemment qu'un début.

 

Liste des Bonus : Trois versions du film, Making of (100'), Scènes coupées (45'), Featurettes, Décomposition de 17 séquences, Nombreuses archives, Bonus téléchargeables.

 
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