FEAR ITSELF
Etats-Unis - 2008
Image plateforme « DVD »
Image de « Fear Itself »
Genre : Horreur
Musique : Jeff Rona
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais et Français Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 520 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 19 octobre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Fear Itself »
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site officiel
LE PITCH
Treize réalisateurs de films fantastiques et d’horreur sont de nouveau réunis pour 13 épisodes de Fear Itself, nouvelle anthologie du fantastique exploitant les grands thèmes intemporels de l’épouvante : du vampire au loup-garou, sans oublier les zombies, sorciers fantômes et autres psychopathes !
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Resurection

Après une première saison de Masters of Horror (MOH) plutôt inégale mais saluée pour son audace, suivie d'une saison 2 indigne, entraînant la franchise droit dans le mur, Mick Garris aura dû se battre pour donner vie à cette unique saison de Fear Itself, réutilisant le concept initial : un réalisateur  / un scénario / un épisode.

 

Pour cela, Garris aura dû faire beaucoup de concessions et repartir sur de nouvelles fondations : changer de titre, changer de producteurs suite à un rachat par Liongate, de diffuseur aussi (bye bye Showtime et bonjour NBC), changer la durée des épisodes et surtout, prendre en compte un nouveau niveau de censure nettement plus drastique que pour MOH. La série étant diffusée à une heure de grande écoute, il faudra faire preuve d'inventivité pour rester light sans perdre l'horreur. Et c'est peut-être en prenant tout cela en compte qu'on arrive à cerner globalement le résultat. Certes, les 13 épisodes sont inégaux et il est évident qu'un format aussi court nécessite un script épuré et maîtrisé, mais l'ensemble fonctionne malgré tout. Paradoxalement, c'est peut-être la censure qui a permis à Fear Itself de sortir la tête de l'eau. Alors que la seconde saison de MOH avait tout misé sur une surenchère décérébrée de gore outrancier, Fear Itself tente de s'inspirer des références que sont La Quatrième Dimension et Les Contes de la crypte en axant les épisodes sur l'ironie et la perte de contrôle vis-à-vis d'événements du quotidien sans utiliser systématiquement la carte du gore ou du fantastique.

 

masters of fear

 

Curieusement, les bonnes surprises de cette série ne sont pas forcement là où on les attendrait. John Landis offre le strict minimum avec « La note », histoire de mariage précipité au twist rapidement éventé et totalement décrédibilisé par l'interprétation hors-sujet de ses protagonistes. Stuart Gordon fait l'inverse en proposant avec « Le dévoreur » une mise en scène jouissive à la photo crade et aux personnages charismatiques, à l'opposé du huis-clos plutôt banal de l'épisode. Le très rare Larry Fessenden reste quant à lui dans son domaine de prédilection avec « Le ranch maudit », relecture diablement efficace du mythe indien du Wendigo, avec un Doug Jones véritablement terrifiant. Dans un genre diamétralement opposé, Ernest Dickenson avec « La morsure » transpose avec humour la pourtant très sérieuse lycanthropie dans l'univers burlesque d'un vétérinaire dénué de finesse... Aidé par une créature esthétiquement réussie, l'épisode respire la simplicité et la sincérité. Ronny Yu hérite quant à lui de « Volte face », dont le scénario pille honteusement l'épisode Lazare de la saison 1 de The X-Files ainsi que le film homonyme de John Woo. Le final grinçant sauve malgré tout la mise. Une autre bonne surprise vient de Breck Eisner avec « Le sacrifice » écrit par Mick Garris himself, où quatre délinquants vont se réfugier dans une communauté aux pratiques... étonnantes. Enfin, Eduardo Rodriguez apporte sa pierre à l'édifice avec un honnête « Le cercle » se déroulant dans un chalet abandonné au milieu des bois -vous aurez saisi le clin d'œil.

 

Aristocraties

 

Parmi tout cela se faufilent des épisodes aux thématiques variées mais sans grande ambition, autant dans la mise en scène que dans le scénario, mais qui ne trahissent pas pour autant leur sujet : big brother dans « Résidence surveillée » de Mary Harron, les fantômes du passé sous différentes formes pour « Réincarnation » de Rupert Wainwright, « Spiritisme » de Rob Schmith et «Ames errantes » de Brad Anderson, porté par un impressionnant Eric Roberts ! Il reste cependant des ratés, et pas des moindres avec en tête la prestation de Darren Lynn Bouseman qui outre sa prétention ostentatoire (voir ses propos dans les bonus) use des mêmes ficelles que pour ses Saw et nous inflige 40 minutes de réalisation épileptique et indigeste se concluant sur un final aussi absurde que peu crédible. John Dahl ne fait pas vraiment d'étincelles non plus avec son inoffensif « Double chance » sans relief et à la thématique mal exploitée.

Malgré un budget que l'on devine extrêmement serré (décors et personnages limités) et une censure sévère, Fear Itself offre une prestation globalement sympathique, simple sans pour autant être simpliste. Il suffit pour cela de l'aborder pour ce qu'il est, à savoir un divertissement pour un public plus large et non une séquelle light de MOH.

Jeremy Chateauraynaud








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Image :
Metropolitan offre une prestation de très bonne qualité. Tous les épisodes affichent une image d'une précision remarquable et surtout, respectueuse du travail des différents réalisateurs. Nous sommes probablement face à ce qui se fait de mieux pour le format DVD.

 

Son :
Chaque épisode est pourvu d'une piste dolby digital 5.1 en Français et en Anglais pour la version originale. Ces pistes sont de bonne facture, plutôt bien réparties dans l'espace. Les scores des épisodes restent cependant anecdotiques. En revanche, il faudra vous faire violence pour encaisser à chaque épisode un générique agressif et crispant, interprété par le fameux chanteur de System of a Down, Serj Tankian.

 

Interactivité :
Chaque épisode est accompagné d'une featurette de 5 minutes chrono évoquant les spécificités  du metteur en scène concerné. Le tout intègre peu d'intervenants et restant malheureusement axé « promo » (« moi je sais vraiment faire peur et j'ai tout mieux compris que les autres »), contrairement à ce qui avait été proposé dans les bonus conséquents de la première saison de Masters of Horror. A noter également la possibilité d'afficher ou non les sous-titres quelle que soit la version choisie, une attention plaisante pour les anglophones.

Liste des Bonus : Autopsies des épisodes (13 x 5') 

 
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