SAILOR & LULA (BLU-RAY)
Wild At Heart - Etats-Unis - 1990
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Sailor & Lula (Blu-ray) »
Genre : Drame, Policier
Réalisateur : David Lynch
Musique : Angelo Badalamenti
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 127 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 19 octobre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Sailor & Lula (Blu-ray) »
LE PITCH
À sa sortie de prison, Sailor ne rêve que de liberté. Il part sur les routes avec sa petite amie, Lula. Sailor et Lula s’aiment follement, ils dansent, ils jouissent, ils vivent. Mais la terrible Mariette, mère de Lula, s’oppose à cette union et s’est juré de les séparer à tout prix. Elle convainc son amant, un détective privé, de se lancer à leur poursuite et d’éliminer Sailor. Les amants seront-ils capables de surpasser tous ces obstacles pour rester ensemble ?
Partagez sur :
Les Feux de l'amour

Quand le réalisateur d'Eraserhead et Elephant Man s'essaie au film noir, cela donne Sailor et Lula, une bande aux excès fréquents, à l'excentricité permanente et aux obsessions thématiques passionnantes.

 

Difficile d'appréhender un monstre filmique comme Sailor et Lula de manière cohérente. Car derrières ses apparences de polar linéaire (il s'agit après tout d'un road movie, à l'intrigue on ne peut plus directe), le métrage sert constamment de plate-forme d'expérimentation à son réalisateur, David Lynch. Celui-ci, à peine sorti du sublime Blue Velvet, déjà avec Laura Dern, cale des plans purement métaphoriques entre des images plus figuratives (notamment des craquements d'allumettes filmés en très gros plans, qui contribuent à rapprocher les deux personnages du titre), juxtapose des saynètes muettes à des dialogues qui n'ont absolument rien à voir, répète des plans énigmatiques (l'hôtel de la Nouvelle Orléans) à plusieurs bobines d'écart... Un peu comme si toute cette histoire constituait une sorte de "déjà vu" à grande échelle.

 

destinée

 

En s'en remettant ouvertement à un registre fantastique (voir la bonne fée et la méchante sorcière qui rôdent autour du couple, dont s'inspirera Danny Boyle pour Une vie moins ordinaire), Lynch parle de destin, d'évènements écrits longtemps à l'avance. L'amour fou de Sailor et Lula, souligné par des filtres extrêmes (ce rose rouge incandescent lors des scènes d'amour), ne pouvait pas ne pas être. Le film, bien que pétri des codes du polar jusque dans des sursauts de violence à la démesure grandguignolesque (une cervelle répandue sur le sol au terme d'une bagarre, une tête qui vole après un coup de fusil à pompe malheureux), se concentre finalement sur cette love story décalée et réellement touchante, bercée par les notes de guitare du King lui-même. Un grand film romantique donc, qui se paie le luxe d'interprètes exceptionnels, d'un Willem Dafoe psychotique au dentier ravagé à une Laura Dern excellant dans l'innocence sexy, en passant par un Nicolas Cage encore en parfait contrôle de son art.

Alexandre Poncet




Partagez sur :
 

Image :
David Lynch ayant déjà effectué un travail de réétalonnage pour concocter un master HD pour l'ancienne sortie DVD, le présent Blu-ray n'a pas eu l'affront de le faire revenir derrière la console. Forcément, la copie respecte à la lettre la vision du cinéaste avec des contrastes plus marqués, des couleurs vives, des noirs admirablement dessinés... La HD apporte en particulier un refief plus notable dans le piqué global, affichant un sens du détail légèrement plus marqué sur l'ancien Blu-ray de Bac Vidéo. Mais curieusement, si tous ces points avaient été perfectionnés par Lynch, celui-ci ne semble pas s'être formalisé des quelques taches de pellicules restantes et surtout d'un manque de stabilité sur certaines scènes. Un peu embêtant en DVD... bien trop visible en HD.

 

Son :
Le DTS HD Master Audio 5.1 est enfin de retour après un pauvre DVD édité à la va-vite en début d'année. Ce dernier, plus en anglais qu'en français (moins naturel), impose une vraie puissance d'écoute, maîtrisant le passage entre les sources calmes et plus tonitruantes sans esquinter les tympans. Sans dénaturer la nature frontale du long-métrage, le mixage lui donne une dynamique agréable et ample.

 

Interactivité :
Sailor & Lula en vidéo c'est un grand jeu de yoyo. Wild Side Vidéo, Bac Vidéo et enfin Universal... Des changements d'éditeurs qui ont fait apparaître puis disparaître certains bonus, passer de la SD à la HD sans grande logique. De ce côté-là, il semblerait que cette nouvelle galette s'apparente à une version quasi-définitive. En premier lieu parce que le film revient en format Blu-ray, mais aussi parce que cette fois, il est accompagné de la plupart des bonus vus jusqu'ici. Lynch revient sur le travail opéré sur le master, ses collaborateurs évoquent ses méthodes de travail, un bon documentaire retrace la fabrication expérimentale du film... Le visionnage est toujours intéressant, amusant et instructif et permet aux fans d'entendre le cinéaste s'exprimer avec plaisir. Rare ! Un plaisir qui se poursuit grâce à la featurette d'époque, une petite série d'interviews et d'anecdotes de la part des acteurs ou du romancier Barry Gifford permettent d'achever une vision assez globale de Sailor & Lula. Amusant cependant que le bonus le plus attachant (et le mieux filmé / monté) soit l'interview du laconique Mister Harry Dean Stanton, qui en profite pour évoquer sa carrière ou les oscars avec un humour pince-sans-rire irrésistible.  

 

Liste des bonus : Introduction de David Lynch (3'), Une spontanéité particulière (7'), Making of (30'), Chez Dell's (21'), Sur le vif (15'), Souvenirs d'un président du Festival de Cannes (16'), Entretien avec Barry Gifford (13'), Entretien avec Harry Dean Stanton (13'), Bandes-annonces

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020