L'ENFER DU DIMANCHE
Any Given Sunday - Etats-Unis - 1999
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « L'Enfer du dimanche »
Genre : Sport, Epopée
Réalisateur : Oliver Stone
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais Dolby True HD, Français, allemand, italien et espagnol en Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 135 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 4 mars 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L'Enfer du dimanche »
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LE PITCH
L'entraîneur des Miami Sharks, Tony D'Amato, est une légende vivante du football américain mais son équipe subit dernièrement une série de revers. Contesté par la jeune et ambitieuse présidente du club qui le considère comme trop vieux et dépassé, Tony fait jouer un jeune débutant, individualiste et incontrôlable, mais brillant...
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Morituri te salutant

Alexandre n'est pas le seul péplum d'Oliver Stone. Quelques années plus tôt sa vision du football américain, sport le plus populaire du pays, conjuguait prouesses sportives spectaculaires et envolées filmiques dans une débauche orgiaque d'icones s'imprimant définitivement sur la rétine.

Cinéaste controversé mais indispensable à la bonne santé du cinéma américain, Oliver Stone n'est jamais aussi à l'aise que lorsqu'il choisit comme terrain de jeu un microcosme ultra codifié de la société américaine. Son regard s'y pose tel une loupe méchamment grossissante et, à l'instar de sa vision des golden boy des années 80 dans Wall Street, use de son décorum pour souligner les failles de la culture ricaine et la perversité de ses systèmes. Avec L'enfer du dimanche (Any Given Sunday en VO), le message se montre cependant bien moins frontal. Drogues, putes, débauche, appâts du fric facile, avilissement par les média, perte d'identité au sein du système, les stars du sport national en prennent certes plein les dents, mais Stone est ici aussi cruelle que caressant. Fan reconnu de ce sport aussi violent que tactique, il s'attache en même temps à dépeindre une fresque sauvage et virile, où les corps se confrontent autant que le verbe, où les différentes philosophies du sport s'affrontent. Une affaire d'Homme, de personnalité où chacun doit réussir à se comprendre, à s'écouter pour ne pas être écrasé sous la brutalité des coups de l'adversaire, mais surtout de la vie.

Le choc des images

Cette fresque puissante écrase avec une facilité sidérante des années de films sportifs moribonds et lénifiants. Moderne dans sa mise en image - télescopage de plan, d'effets bien sentis et de sonorités explosives - L'Enfer du dimanche ne décrit finalement qu'une histoire vieille comme le monde. Une opposition générationnelle où seule la beauté du mouvement peut réunir, et qui se construit habilement sur des codes plus anciens, universels, ceux du péplum, genre cité aussi ouvertement (voir les extraits de Ben Hur) que plus subtilement par le biais d'effet de montage phantasmatique rappelant le psychotique Tueurs Nés. Au milieu d'un tel maelstrom d'images, de couches de lectures et de thématiques complexes, on imagine facilement que le casting aurait pu se faire écraser par le rouleau compresseur. C'était sans compter sur les interprétations monstrueuses d'Al Pacino (encore vivant), Dennis Quaid (monsieur « Jamais mort »), Cameron Diaz (carnassière au possible) ou d'un Jamie Foxx bouffant littéralement la caméra. Des gladiateurs des temps modernes qui achèvent de faire de L'Enfer du dimanche un authentique chef-d'œuvre.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :

A sa sortie en DVD, L'enfer du dimanche montrait une patine tout à fait convenable, mais avait tendance à afficher des couleurs pas toujours bien définies. Sur format HD, l'impair est écarté et le film retrouve toute sa superbe avec une palette colorimétrique vive et vibrante qui ajoute à la sauvagerie de l'ensemble. Contrastes fermes, compression invisible, relief tangible, le tableau général aurait pu être parfait si quelques plans ne montraient pas un bruit étrangement envahissant ou plus discrètement des teintes un peu passées. L'accumulation de sources sans doute...

Son :
Monstrueusement spectaculaire sur sa bande son, L'Enfer du dimanche envahit les oreilles avec ses bruitages violents et ses musiques tonitruantes. Un travail qui trouvait déjà un réel soutient de la part des pistes Dolby Digital 5.1 de l'édition SD (qui répondent présent ici), mais qui trouve tout son souffle grâce à la piste anglaise True HD tout simplement fabuleuse. Le caisson de basses branché, le moindre blocage percute le spectateur, et celui-ci à constamment l'impression d'être en plein milieux de la mêlée. Une fluidité réelle et une dynamique des plus soutenue pour un spectacle auditif complet. En gros ça booste méchamment !

Interactivité :

Amoureux du cinéma et de ses spectateurs, Oliver Stone est toujours très généreux dans son approche des éditions pour salon. On se souvient encore du monstrueux JFK (le Blu-Ray arrive à grand pas) ou du doc-fresque d'Alexandre. Avec L'Enfer du dimanche, on a affaire à un programme bien plus fragmenté, mais souvent passionnant. Cependant pour découvrir les coulisses du film, le petit making of (30 minutes) n'est pas vraiment le lieu idéal. Evitant certes les élans promo faciles, le tout paraît bien trop court et reste en surface. Un peu à l'image d'ailleurs du commentaire audio de Jamie Foxx, trop poli et ne revenant qu'à peine sur son passé de footballer. Encore une fois, c'est du côté du réalisateur que l'on en apprend le plus. A commencer par un commentaire audio passionnant de bout en bout, où le bonhomme s'épanche largement sur les difficultés pour trouver une nouvelle manière de filmer ce sport, ses rapports avec les acteurs, ses ambitions, mais aussi en sous-textes quelques rapports difficiles avec la production. Une confrontation encore plus évidente tout au long de la demi-heure de scènes coupées, toutes (quasiment) magistrales et totalement imbriquées dans les enjeux mêmes du film. Oliver Stone en commente certaines et ne cesse de clamer sa tristesse devant leur absence du montage final. On sait que le cinéaste a tendance à faire des montages longs, parfois très longs, mais là les coupes de la production se font on ne peut plus cruelles et injustes. Enfin le tout s'achève sur une note plus positive avec un montage bonus de séquences sportives. C'est beau comme un camion.

Liste des bonus :
Commentaire audio d'Oliver Stone, Commentaire audio de Jamie Foxx, "Full Contact" : making of, Scènes coupées, 3 clips, Audition et test écran de Jamie Foxx, Bêtisier, Montages de chutes de football, "Répétition d'une séquence" : accès direct aux moments les plus excitants du jeu, Galerie photos, Bande-son musicale en piste séparée, Bandes-annonces

 
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