JOHN RAMBO - DIRECTOR'S CUT
Etats-Unis - 2008/2010
Image plateforme « DVD »
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Genre : Guerre
Réalisateur : Sylvester Stallone
Musique : Brian Tyler
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 96 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 10 août 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
John Rambo s’est retiré dans le nord de la Thaïlande, où il mène une existence simple dans les montagnes. La violence du monde le rattrape lorsque des volontaires humanitaires menés par Sarah et Michael Burnett viennent le trouver pour qu’il les guide jusqu’à un camp de réfugiés. Rambo finit par accepter et leur fait remonter le fleuve, jusqu’à l’autre côté de la frontière. Deux semaines plus tard, le pasteur Arthur Marsh lui apprend que les volontaires ne sont pas revenus ...
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Dernière saignée

On pensait tous le brave Sylvester Stallone en retraite pépère. Mais il a entamé ces dernières années une révision acérée de sa propre mythologie et de son rapport personnel avec le cinéma. Entre un Rocky Balboa minimaliste et un Expendables bourré de testostérone bisseuse, il instaure John Rambo comme le pivot de glorieux retour.   

 

A l'image de sa relecture façon vieux sage de la saga du boxeur dans Rocky Balboa, le quatrième Rambo était pour Stallone l'occasion de faire le point sur l'autre personnage qui l'a fait entrer dans l'histoire. Pas si facile que ça, puisqu'après un premier First Blood tout simplement magistral dans son regard franc sur le traitement des vétérans du Vietnam et du traumatisme qui en découle, le bidasse déraciné redevenait dans les deux suites une machine de guerre décérébrée sautant à pieds joints dans la propagande guerrière de bas étage (en particulier dans Rambo III).  Un grand écart entre deux visions d'un même personnage que Stallone réussit avec une facilité déconcertante dans ce John Rambo définitif. On y retrouve l'icône, volontairement oubliée dans la jungle thaïlandaise, à quelques pas seulement du massacre birman. Epuisé, désabusé. Seule une blondinette idéaliste (Julie Benz, touchante comme toujours) va lui faire relever la tête. Mais loin de la mission de sauvetage façon Rambo 2, le long-métrage ne prend pas la forme d'une BD idéalisée mais s'efforce de montrer toute la sauvagerie de la guerre moderne entre massacres de villageois, tripes étalées, têtes arrachées, le tout filmé avec une efficacité jouissivement malsaine.

 

apocalypse


Car loin de vouloir satisfaire les instincts les plus primaires, Stallone illustre les affrontements avec un réalisme gore et frontal, poussant autant les personnages que les spectateurs à se positionner vis-à-vis de l'image et de son sens. D'où d'ailleurs l'ouverture choquante sur de vraies images d'exécutionsz sommaires et de découvertes de charniers, qui, rallongée encore dans le Director's Cut, teinte sa dramatisation filmique en un objet naturellement plus irréel. Outre l'évolution psychologique brillante de Rambo, avant et pendant le film, cette conclusion offre une relecture globale de la série (entre le réalisme du premier et le n'importe quoi du 3ème) et témoigne du rapport étrange entre la violence et le cinéma américain. Ambigu, déstabilisant, John Rambo se fait, à l'instar de Rocky Balboa, œuvre humaniste. Mais là où le sportif montrait un optimisme éclairé, la machine de guerre ne laisse que peu d'espoir sur le devenir de l'espèce humaine, créatrice de chaos et amoureuse de l'autodestruction. Lassé de la violence, et conscient qu'il ne peut y échapper, l'immuable vétéran rentre chez lui après un flot de sang et un amas de cadavres, qu'il aura pris le temps de contempler du haut d'une montagne, tel une divinité guerrière. Rambo ne rentrera bien sûr pas gagnant, incapable de trouver la paix, dans un plan renvoyant à l'ouverture de First Blood. La boucle est bouclée, et finalement en presque trente ans, les choses n'ont pas tant changé que ça.   

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Tourné en numérique brut, l'image de John Rambo convient parfaitement à la HD, sans doute un poil moins au DVD. Pourtant difficile de faire la fine bouche devant la copie proposée par Metropolitan. Celle-ci affiche un piqué assez impressionnant et des couleurs naturellement vives et contraster sans jamais faillir. Seul la profondeur de champs et les noirs se montrent légèrement en deçà lorsqu'on a déjà vu tourner le Blu-ray, mais pour un tel format le résultat est quasiment parfait.

 

Son :
En DVD, il va falloir se satisfaire de simples Dolby Digital 5.1 français et anglais. Heureusement ces dernier sont parfaitement solides avec une dynamique soutenue et amples, soulignant méchamment les débordements de Rambo et les balles qui explosent la chair humaine. Entre les doux sons de jungle sauvage et la viande pulvérisée, les amateurs y trouvent facilement leur compte.

 

Interactivité :
Cette ressortie de John Rambo n'est absolument pas gratuite et l'intérêt premier de cette nouvelle édition (DVD ou Bluray) est de présenter pour la premier fois le montage définitif du film selon les vœux de son réalisateur. Pas de grande révolution, mais surtout de nombreux petits remaniements qui ajoutent quelques dialogues à certains endroits stratégiques (le personnage de Julie Benz parvient désormais à convaincre Rambo au terme de trois séquences de dialogues à couteaux tirés, et non de deux), déplacent de courts évènements, ou intègrent plus que jamais le film à la saga avec un flashback plutôt bien vu. Ce nouveau montage permet surtout à Stallone d'appuyer plus encore le contraste entre la bestialité des images et la profondeur des élans philosophiques des dialogues. Un film mieux équilibré, mais qui ne fera de l'effet qu'à ceux qui avaient déjà adoré le premier montage. Seul regret : la voix off électrisante de Stallone disparaît au profit de celle, un peu déplacée, du Pasteur lorsque John Rambo façonne sa nouvelle machette. Une goutte d'eau dans l'océan peut-être, mais les fans purs et durs du montage salle auront du mal à passer outre.

 

Pas bête, Stallone ne s'est pas contenté de ressortir les bonus de l'édition précédemment distribuée. Pour l'occasion il a mis en forme un journal du tournage épique, étalant jour après jour les difficultés de la production en plein milieu de la jungle. Un document presque aussi long que le film; qui alterne les images brutes et les commentaires laconiques, mais passionnants, d'un réalisateur fier de son bébé sans être aveugle sur certains petits défauts. Pas loin du commentaire audio, l'exercice lui permet de s'expliquer à nouveau sur la violence du long-métrage, son rapport avec la série, et surtout son travail personnel avec les acteurs et sa réflexion autour du cadre et du rythme. Après on aurait sans doute apprécié un joli box collector contenant les deux montages et l'intégralité des bonus... Mais bon...

 

Liste des Bonus : Journal de guerre (84')

 
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