IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN
Saving Private Ryan - Etats-Unis - 1998
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Il faut sauver le soldat Ryan »
Genre : Guerre
Réalisateur : Steven Spielberg
Musique : John Williams
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais en DTS-HD Master Audio, Français en DTS
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 165 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 16 juin 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Il faut sauver le soldat Ryan »
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LE PITCH
Alors que les forces alliées débarquent à Omaha Beach, Miller doit conduire son escouade derrière les lignes ennemies pour une mission particulièrement dangereuse : trouver et ramener sain et sauf le simple soldat James Ryan, dont les trois frères sont morts au combat en l'espace de trois jours. Pendant que l'escouade progresse en territoire ennemi, les hommes de Miller se posent des questions. Faut-il risquer la vie de huit hommes pour en sauver un seul ?
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La guerre comme à la guerre

Là où passe Steven Spielberg, l'herbe ne repousse plus jamais de la même façon. Encore ancré, à la fin du XXème siècle, dans une imagerie nette, aérienne, favorisant les envolées de grues et les déflagrations bien délimitées, le film de guerre se verra transformé à jamais par Il faut sauver le soldat Ryan. Retour sur une révolution esthétique dont on ressent encore les effets près de douze ans plus tard.

 

Aujourd'hui, suivre un morceau de bravoure long d'une demi-heure est un fait entendu. En 1998 lorsque Spielberg, tout juste sorti du calamiteux Amistad, révèle sa reconstitution du Jour J, les cinéphiles n'ont en guise de repères que les batailles plus ou moins elliptiques de La Guerre des étoiles. Pas vraiment le même contexte, ni la même volonté de réalisme. Il y a bien A toute épreuve de John Woo et son final apocalyptique (et encore aujourd'hui inégalé dans le genre du cinéma d'action), mais une distribution confidentielle et une découverte quasiment généralisée en K7 vidéo amenuisent considérablement son impact.  Dépassant la durée d'un épisode de sitcom, la bataille d'ouverture d'Il faut sauver le soldat Ryan est un choc frontal, à la fois dans sa gestion d'un spectacle quasiment infilmable à l'époque (voir la distance entre les cascadeurs et les explosions), et dans une représentation sans concession de la violence, carrément cauchemardesque. Cadrant le conflit à hauteur d'épaule, Spielberg ramène le genre à une échelle essentiellement humaine, l'ampleur ébouriffante des affrontements ne faisant que souligner la petitesse et la fragilité des belligérants.

 

Voyage au bout de l'enfer

 

Traversant tel un Road Movie une France en ruines, allégorie d'une civilisation tombée au plus bas, le long-métrage, fidèle à l'espoir indéfectible de son réalisateur, entend contempler au-delà du sens premier des images (voir ces deux plans sur un drapeau américain flottant, aux couleurs délavées par un violent contre-jour) la rédemption de cette triste humanité. D'où une structure incroyablement symétrique, nourrissant un voyage intérieur et temporel dans un enfer passé, dont les portes d'entrée et de sortie sont symbolisées par deux gigantesques batailles. Au cœur de la tourmente, Spielberg cède bien sûr avec délectation au film de soldats, chaque fantassin bénéficiant d'une caractérisation forte et d'une gueule à la hauteur (derrière Tom Hanks : Giovanni Ribisi, Vin Diesel, Barry Pepper, Jeremy Davies, Tom Sizemore, Matt Damon et Edward Burns, excusez du peu !). Grand film indémodable, dont l'influence se ressentira considérablement sur les films de Ridley Scott (Gladiator), Jean-Jacques Annaud (Stalingrad) ou encore John Woo (Windtalkers), Il faut sauver le soldat Ryan aura propulsé le film de guerre dans le XXIème siècle. La même année, Terrence Malick menait le genre vers des terres plus transcendantales avec son époustouflant La Ligne rouge. Mais ceci est une autre histoire...

Alexandre Poncet

 

UN AUTRE AVIS

« Passé une ouverture magistrale et d'une force picturale rarement atteinte, Le Soldat Ryan de Spielberg se perd dans une situation ridiculement improbable et pourchasse l'ennuie à coup de dialogues somnifères et de personnages rigides auxquels la mise en scène emprunte sa nouvelle caractéristique principale ».

Nathanaël Bouton-Drouard 

Film : 3/6

 

 

 

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Image :

L'incroyable photographie de Janusz Kaminiski, fer de lance de toute une génération de longs-métrages épiques (on retrouvera les saccades, intactes, dans Gladiator, Black Hawk Down et Kingdom of Heaven), sort bien sûr grandie de ce Blu-ray, qui retranscrit avec une fidélité totale l'expérience de la projection en salle. Le grain est bien présent, les contrastes sont tranchants, le niveau de détail permet d'apercevoir le plus petit caillou lors des déflagrations, les couleurs désaturées restent très naturelles... Un sans-faute, pour l'un des disques HD les plus impressionnants actuellement disponibles.

 

Son :

Tonitruante, la bande sonore d'Il faut sauver le soldat Ryan entend réveiller les morts, du moins invoquer les fantômes des soldats tombés sur les plages normandes. D'où un sound design furieux, assourdissant parfois, dont les balles traçantes fusent à travers une matrice 5.1 plus immersive et enveloppante que jamais, DTS-HD Master Audio oblige. Si la version française est de qualité, on lui préférera bien sûr la VO, laquelle repose sur un entrechoquement d'accents, soulignant les provenances diverses du groupe de soldats, synthèse d'une Amérique rassemblée pour une mission décisive.

 

Interactivité :

Après une première édition DVD peu convaincante, Paramount Home Video avait redressé la barre via un collector blindé de suppléments en tous genres. Ceux-là sont repris en intégralité au sein de ce Blu-ray, le total des images filmées avoisinant les deux heures. On en apprendra donc un peu plus sur la préparation physique des acteurs et leur entraînement militaire dans un boot-camp à l'ancienne, sur la photographie mythique de Kaminski, les décors normands recréés dans un pays de l'est, faute de bonne entente avec les autorités françaises, les effets visuels d'ILM, la musique de John Williams, les partis-pris de mise en scène de Spielberg... Rien ne manque à l'appel, surtout pas un hommage attendu aux vétérans tombés sur le champ d'honneur et aux caméramen de guerre, dont les témoignages évoquent une bataille cent fois plus sanglante que ce que Spielberg affiche à l'écran. Une featurette émouvante donc, qui a le mérite, contrairement à l'édition spéciale de La Liste de Schindler, de ne pas prendre le pas sur les questionnements cinématographiques purs.

 

Liste des Bonus : Making of en huit parties, introduction de Spielberg, Bandes-Annonces, documentaire historique..

 
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