[REC]²
Espagne - 2009
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Genre : Horreur
Réalisateur : Jaume Balaguero, Paco Plaza
Musique : Aucun
Image : 1.85 16/9
Son : Espagnol et français en Dolby Digital 2.0 et DTS 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 85 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 26 mai 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Les autorités viennent de perdre le contact avec les occupants de l'immeuble mis en quarantaine. Personne ne sait vraiment ce qui se passe à l'intérieur. Dehors, le chaos règne...La brigade d'intervention spéciale, équipée de plusieurs caméras est envoyée sur place accompagnée d’un prêtre afin d’analyser la situation. Elle va devoir alors affronter une menace bien réelle...
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Les limites d'un concept

Il y a plus d'un an et demi déjà, la peur version ibère envahissait nos écrans de cinéma. Reprenant le concept du film à la première personne jadis étrenné par le Projet Blair Witch, [Rec] de Jaume Balaguero et Paco Plaza nous avait emmenés au cœur d'un immeuble barcelonais infesté d'infectés. Ce roller-coaster du frisson avait enthousiasmé critiques et spectateurs, et avait même engendré dans la foulée un mauvais remake américain, En Quarantaine

 

Les deux réalisateurs, auréolés de tant de succès, ne pouvaient évidemment pas en rester là. C'est ainsi qu'est né [Rec]². Constat : ils n'auraient pas dû. Passer à autre chose après un tel tour de force aurait été bien plus sage que de poursuivre dans la même voie au risque de choir. Bien sûr, ce qui devait arriver arriva et [Rec]² n'arrive jamais à la cheville de son aîné. Outre les raisons évidentes telles que les multiples références (Aliens, L'Exorciste...) et l'esthétique jeu vidéo cheap, une question subsiste : pourquoi un tel carnage ? Tout d'abord, la faute à un scénario sans grande inventivité qui transforme l'expérience sensorielle en film explicatif aux dialogues hystériques et inopportuns. En effet, après les événements du premier opus qui ont vu les habitants d'un immeuble muter, un à un, en horrible morts-vivants assoiffés de chair fraîche, un médecin et une équipe du GIGN local décident d'aller voir s'ils ne peuvent pas servir à quelque chose dans cet immense souk. Mauvaise idée, évidemment. Très vite, on apprend que le médecin est, en réalité, un prêtre et que les infectés sont en fait des possédés. S'ensuivent de multiples et prévisibles twists, tous plus absurdes les uns que les autres.

 

les zombies qui avaient peur des crucifix

 

Les zombies qui avaient peur des crucifix 

De plus, les nombreux changements de point de vue constituent un artifice profondément inutile. Si, dans [Rec], la caméra subjective s'avérait fort efficace pour créer un climat de tension permanent et une sensation de « c'est comme si on y était », dans le nouvel épisode, elle nous sort complètement du long-métrage faute d'être bien utilisée, notamment lorsque l'action, brutalement interrompue, retrace le parcours d'adolescents qui se sont retrouvés là par hasard. On est alors obligé de voir ce qu'ils ont vécu plus tôt dans la soirée via un flash-back qui tue le rythme déjà peu gaillard du film. Et pourtant une idée, au départ, s'avérait plutôt alléchante : dans les premières minutes de [Rec]², les forces de l'ordre nous présentent leurs casques équipés de caméras, chacun pouvant voir ce que les autres voient grâce à des écrans miniatures. Ingénieux. Ce système offrait la possibilité aux effets horrifiques de surgir dans plusieurs cadres différents, donc de faire jaillir la peur là où l'on s'y attendait le moins. Mais ce procédé n'est jamais exploité et reste donc purement théorique. Enfin, il faut noter l'absence, presque totale, des « zombies » du premier. Rentrés tranquillement festoyer chez eux, ils en oublient complètement de venir effrayer le spectateur en mal de sensations. Seules une ou deux scènes un peu choquantes parviennent à nous éviter l'encéphalogramme plat sur les 1h25 du film. [Rec]² ne déroge donc pas à une règle souvent vérifiée (valable pour d'autres films actuels : Paranormal Activity, tu es concerné) : un bon concept n'est pas (toujours) une garantie d'efficacité.

Perrine Quennesson

AUTRE AVIS :

 

 « Clairement plus dispersé et moins maîtrisé que le premier, [REC]² reste tout de même un rollercoaster ultra généreux, drôle et souvent flippant qui colle au siège tout en donnant la banane. »
Nathanaël Bouton-Drouard

 

FILM : 4/6

 







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Image :
Au vu du tournage avec caméra numérique HD dernière génération, on aurait aimé mettre la main sur la version Blu-ray du film. Mais le simple DVD s'en sort admirablement bien avec un piqué d'une grande précision et des contrastes parfaitement maîtrisés. Le grain numérique reste naturel et on imagine mal comment avec une compression aussi serrée, le résultat aurait peu être plus explosif pour de la SD.

 

Son :
Spectacle sonore de tous les instants, [REC]² jouit parfaitement de la spatialisation offerte par deux DTS 5.1 des plus musclées. Jouant constamment de la dynamique entre chaque enceinte comme dans une attraction macabre, ces mixages assurent en même temps une belle clarté dans la restitution des différentes sources, sans jamais recouvrir les dialogues ou entamer le naturel de l'entreprise. A noter que l'édition est complétée par deux classiques Dolby Digital 2.0 (très propres et fonctionnels), ainsi qu'une piste espagnole en audio 3D pour les adeptes du casque rivé sur les oreilles.  

 

Interactivité :
Les deux réalisateurs évitent une nouvelle fois l'exercice du commentaire audio... Cependant ils sont plus que présents dans l'énorme documentaire retraçant l'intégralité du tournage, Un monde infecté. Presque deux heures d'analyse des différents choix artistiques, de la direction des acteurs ou de la mise en place des effets spéciaux, agrémentées d'extraits du film, de prises directes sur les plateaux et d'interventions du casting ou des membres de l'équipe. Parfois un peu trop dispersé, le making of séduit tout de même pas la masse imposante d'informations délivrées et de petits secrets découverts avec la gentillesse et la bonne humeur qui caractérise les deux compères. Un gros morceau complété par quelques documents moins incontournables comme un détour appuyé sur le tournage de trois séquences complètes, une visite agréable des lieux du tournage guidée par la chef décoratrice et enfin une petite poignée de scènes coupées et/ou rallongés qui n'apportent pas forcément grand chose à l'intrigue... d'autant que leur absence du montage définitif n'est jamais expliquée.   

 

Liste des Bonus : Un Monde infecté (112'), Coulisses du tournage (52'), L'envers du décor (9'), scènes coupées (7'), Bandes-annonces

 
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