VENDREDI 13
Friday the 13th - Etats-Unis - 1980
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Vendredi 13 »
Genre : Horreur
Réalisateur : Sean S. Cunningham
Musique : Harry Manfredini
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais en Dolby TrueHD, Français & Divers en Mono
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 96 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 21 octobre 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
En 1957, un jeune garçon, prénommé Jason, mourut noyé au camps de Crystal Lake. L'année suivante, les deux personnes responsables du camps furent également tuées. L'endroit ferma mais il est réouvert par un jeune couple en 1980, le même jour anniversaire des autres meurtres. Lors de la préparation du camps pour l'été, les adolescents, employés par le couple, commencent à disparaître un par un...
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Coupe-gorge forain

Petite anecdote ironique avant de rentrer dans le vif du sujet : Platinum Dunes, la boîte de production de Michael Bay responsable de l'inutile Vendredi 13 2009, vient d'officialiser son abandon à long terme de la franchise. Déjà oublié de tous, le nanar de Marcus Nispel n'aura donc pas eu le temps de remplacer, dans les livres d'histoire, une petite production horrifique sortie en 1980, accusée par beaucoup des pires outrages cinématographiques. Mais l'ont-ils seulement vue ?

 

Comme le précise Sean S. Cunningham dans un supplément de cette réédition Blu-ray, "les effets spéciaux sont aujourd'hui un outil narratif à part entière. Lorsque nous avons commencé à travailler sur Vendredi 13, il s'agissait encore d'un spectacle de magie, et nous avons passé des heures à nous arracher les cheveux, en compagnie de Tom Savini et Steve Miner, pour trouver une manière de mettre au point ce spectacle de magie avec le peu de moyens dont nous disposions." Vendredi 13, selon Cunningham, se tourne ainsi d'emblée vers un principe de fête foraine, de cirque ambulant (et implanté au beau milieu d'une nature hostile). Un concept qui synthétise toute la faiblesse de la franchise en devenir, mais fait aussi toute sa force, lui confère une énergie ludique que peu de slashers ont réussi à saisir.

 

Commerce équitable

 

Lancée pour surfer sur le triomphe de Halloween dans les salles obscures (Cunningham ne s'en est jamais caché), Vendredi 13 a tout, en soi, pour s'imposer comme un vulgaire ersatz, un produit de consommation courante aussitôt vu, aussitôt digéré, et n'aspirant d'ailleurs qu'à cela. Mais contrairement à nombre de ses séquelles, pour la plupart diablement médiocres, le film de Cunningham ne confond pas opportunisme et paresse. Agitant sa casquette de producteur chevronné tout au long de la création du film, le futur réalisateur de Mutant Aquatique en Liberté tient réellement à récompenser la curiosité de ses éventuels spectateurs contre un divertissement à la hauteur, certes systématique dans son déroulement mais incroyablement imaginatif dans ses mises à mort, ici l'argument publicitaire principal. Le génie de Tom Savini, allié à la scénographie souvent intelligente d'un Cunningham très à l'aise dans l'art de détourner l'attention (voir le meurtre de Kevin Bacon), donne ici lieu à un spectacle grandguignolesque assez prodigieux, qui plus est classieusement photographié et interprété avec dynamisme par une troupe de vrais jeunes acteurs. La jubilation adolescente qui émane du long-métrage , sans effacer des défauts de construction et des clichés évidents, est dès lors hautement communicative.

Alexandre Poncet

 

 

 

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Image :

Bien que la photographie en elle-même suffise à trahir le poids des années, la copie exploitée ici par Warner est impressionnante de clarté, et ne présente aucun défaut particulier, qu'il s'agisse de taches parasites ou de tremblements d'image. Présenté dans son format d'origine, le film bénéficie également d'une colorimétrie vibrante (les verts et les rouges sont puissants), et d'un niveau de détail qui redonne tout leur corps aux nombreuses séquences nocturnes. Le grain de pellicule, bien que présent (ce dont on ne va certainement pas se plaindre), reste tout à fait agréable : un plus supplémentaire a l'actif de ce très beau Blu-ray.

 

Son :

Le Dolby TrueHD de la version anglaise préserve le mixage frontal que l'on connaissait déjà, tout en rehaussant vivement les basses et en clarifiant chaque élément de la bande sonore. Les dialogues sont précis et toujours audibles, la musique de Harry Manfredini perd les sonorités étouffées et distordues de l'ère VHS et les nombreux cris perçants vont affoler vos voisins, pour peu que vous poussiez un peu le volume de votre installation Home Cinéma. A noter que la VF, assez anecdotique mais forte d'une grande valeur nostalgique pour les fans, est présentée dans un Mono d'origine autrement moins spectaculaire...

 

Interactivité :

On aimerait vous vanter ici les mérites du commentaire audio de Sean S. Cunningham (et ils sont nombreux), mais l'éditeur n'ayant pas fait l'effort de le sous-titrer pour le public français, pourquoi s'y étendre ? Passée ce bonus réservé aux anglophones, cette édition collector s'avère suffisamment riche pour combler les fans de la première heure, quoique un peu redondante sur la longueur. Le très bon making of produit par Paramount pour le DVD zone 1, long de 22 minutes, retrace la genèse du projet en compagnie des principaux artistes et producteurs, Cunningham ouvrant le feu en se souvenant de sa réputation post-Dernière Maison sur la gauche ("si vous voulez vomir dans un seau, et pour pas cher, appelez Wes Craven et Sean Cunningham !"). L'influence du succès d'Halloween est bien sûr évoquée, de même que la musique de Manfredini, la formule en devenir de la saga telle que posée dès le premier film... Le casting, déjà décrit dans cette très belle featurette, a droit plus loin à quelques suppléments spécifiques, dont des retrouvailles publiques sous forme de Master Class filmée, ainsi que des interviews répétant à peu près les mêmes informations, et où Kevin Bacon brille évidemment par son absence. Si la variété des anecdotes tend souvent à mordre la poussière, la ligne éditoriale de cette édition s'avère dans l'ensemble plus qu'honorable, notamment grâce à la sincérité absolue des différents intervenants. On notera ainsi les doutes et le mépris avoués de certains artistes concernant le projet de base, leur participation n'étant alors qu'une pragmatique question d'argent. Cunningham lui-même assume ses ambitions mercantiles d'alors dans un portrait assez touchant, produit en HD pour cette réédition Blu-ray. Cerise sur le gâteau, histoire de faire oublier un court-métrage assez dispensable, Tom Savini revient lors d'une featurette vintage sur ses recettes sanguinolantes. Et elles sont impressionnantes !

 

Liste des Bonus : Commentaire audio de Sean S. Cunnigham (non sous-titré), Making of rétrospectif (22'), Retrouvailles entre les fans et l'équipe du film (16'), Portrait de Sean S. Cunningham (9'), Court-métrage inspiré de Vendredi 13 (7'), Featurette sur la série (20'), Les FX expliqués par Tom Savini (10'), ITW récentes de l'équipe (14'), Bandes-Annonces originales.

 
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