NUIT D'IVRESSE
France - 1986
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Nuit d'ivresse »
Genre : Comédie
Réalisateur : Bernard Nauer
Musique : Jacques Delaporte
Image : 1.85 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Aucun
Durée : 88 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 18 janvier 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Nuit d'ivresse »
portoflio
LE PITCH
Un soir de réveillon de la Saint-Sylvestre, Jacques Belin, animateur d'un jeu télévisé à succès, attend sa fiancée dans un bar de la Gare de l'Est. Il y fait la connaissance de Frède, une femme qui sort de prison, venue prendre un train pour Metz. Tout les oppose et, pourtant, cette nuit très arrosée et pleine de surprises va les rapprocher.
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et surtut du champagne

Autre comédie post-Splendid, Nuit d'ivresse et sa longue descente alcoolisée en compagnie de Balasko et Lhermitte aura été elle aussi, non pas un énorme succès au box office, mais un carton systématique lors de ses multiples rediffusion télévisée. Pas forcément culte, mais l'apéro en si bonne compagnie se refuse difficilement.

Comme la plupart des réussites estampillées Splendid de l'époque, Nuit d'ivresse était avant tout une pièce de théâtre crée par Balasko (qui en a en outre rédigé le texte) et Michel Blanc et dont il reste d'ailleurs une captation vidéo. Un nouveau succès qui va se prolonger avec l'arrivée de Thierry Lhermitte en partenaire de scène et même dans la foulée avec les copains Gérard Jugnot et Victoria Abril qui reprendront le flambeau et en seront quitte pour une apparition amicale à l'écran. Cette adaptation cinéma c'est avant tout une idée de Lhermitte qui, en plus de prendre son pied sur scène (les deux acteurs s'offrant à chaque représentation 10 minutes d'improvisations jubilatoires) trouve dans le rôle de Jacques Belin animateur télé miélleux d'un jeu à la con, une nouvelle occasion d'égratigner sa figure de jeune premier un peu lisse. Gagnant d'un prix de l'élégance, ce people fier habitué des couvertures de Télé 7 Jour s'avère rapidement un goujat assez lamentable, imbu de lui-même, un poil poivrot et légèrement cruel sur les bords. Face à lui, Frède et son look coloré de perroquet (manteau jaune pétant et cheveux orange) offre à Balasko un personnage à la fois naïf, prolo et à la forte gouaille où affleure une émotion profonde, à fleur de peau. C'est d'ailleurs la vision de Nuit d'ivresse qui donnera à Blier l'inspiration pour Trop belle pour toi, et c'est ce contour particulièrement touchant d'une jeune femme fragile, cœur d'artichaut et franc du collier qui donne ses plus belles couleurs au film.

 

ils sont pas frais, ils sont glauques


Cinéaste presque débutant remarqué par les deux têtes d'affiches pour son court métrage Dialogue de sourds, Bernard Nauer qui après le triste Les Truffes disparaîtra de la circulation, suit le duo avec une certaine docilité, leur laissant toute latitude pour faire leur show et accentuant parfois avec pertinence les petits effets de mise en scène vaudevillesques en particulier tout le lendemain de cuite dans l'appartement aux portes qui claquent. L'ajout de séquences venant gonfler la pièce, comme la fameuse soirée mondaine qui tourne au chaos imbibé et au duel à la queue de billard avec le Président de la chaîne, s'intègre plutôt bien à l'ensemble, même s'il n'empêche pas l'apparition de quelques petits essoufflements. On reconnaît souvent l'influence de la comédie américaine à la Billy Wilder, la recherche de l'équilibre qui pouvait lier Jack Lemmon et Shirley MacLaine, mais sans vraiment en afficher les mêmes ambitions cinématographiques et la même perfection rythmique. Pas forcément la comédie la mieux dosée et la plus équilibrée de l'école Splendide soit, mais il est bien difficile de résister à la connivence manifeste qui existe entre les deux acteurs, l'excellence et la justesse cynique et poétique des dialogues imaginés par Balasko et cette séquence inoubliable de Frède, convaincue, se lançant dans un inénarrable numéro de majorettes dans un parking désert devant un Jacques Belin goguenard. Une prestation hilarante mais cruelle, acmé d'un film qui se visionne encore et toujours avec beaucoup de plaisir.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Jamais sorti en vidéo (incroyable!) Nuit d'ivresse profite de sa sortie Bluray pour exposer une toute nouvelle copie HD remasterisée pour l'occasion. Surprenant de redécouvrir le film dans de telles conditions, totalement débarrassé de la moindre scorie à l'écran et profitant désormais d'une définition pointilleuse et marquée, d'une gestion solide du grain et de quelques jolis reflets argentiques. La photo d'origine n'a rien de vraiment extraordinaire (on reste dans une image colorée comédie) mais elle est transposée avec beaucoup de soin.

 


Son :

Proposée en DTS HD Master Audio 2.0 la piste française met bien entendu largement en avant les dialogues du film. La restitution est claire et nette et aucun perdition ne se laisse entendre.

 


Interactivité :
Disposé dans un simple boitier amaray avec fourreau, Nuit d'ivresse se dote tout de même de petits atours « collector ». Les quatre photos du film tirées au format cartes postale certes, mais ce sont surtout les nombreux bonus vidéo présent sur le Bluray qui font plaisir. En premier lieu parce que Rimini propose une interview inédite et récente de Lhermitte et Balasko, qui se remémorent leurs complicité sur scène, le passage au grand écran et l'impact toujours présent du film. Un petit moment détendu complété par la rencontre avec le réalisateur Bernard Nauer, qui lui revient sur sa place compliquée de jeunes réalisateur face au deux acteurs bien plus expérimentés et les mécaniques de la comédie.
L'élément le plus intéressant reste cependant le document d'archive reprenant l'intégralité de l'émission suisse "Zoom sur" justement dédiée à la sortie du film. Balasako et Lhermitte y font bien entendu la promo du film, mais répondent surtout à de nombreuses questions autour de la bande du Splendid et leur écriture, le copain Coluche, leurs carrière d'acteurs respectifs et leur vision du métier en général. Toujours aussi fascinant de voir comment à une époque on prenait le temps de parler de cinéma à la télévision... L'édition se conclue par deux autre anciennes interventions télévisées : une pour la RTBF en compagnie du jeune réalisateur, une pour l'émission "Les Paris du cinéma" avec cette fois quelques images du tournage.

Liste des bonus : Interview de Josiane Balasko et Thierry Lhermitte (16'), Interview de Bernard Nauer (20'), Émission « Zoom sur » avec Josiane Balasko et Thierry Lhermitte (RTS, 38'), Interview de Josiane Balasko, Thierry Lhermitte et Bernard Nauer (RTBF, 7'), Émission « Les Paris du cinéma », reportage sur la tournage (INA, 14'), Bande-annonce.

 
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