DERNIER DOMICILE CONNU
France - 1970
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Image de « Dernier domicile connu »
Genre : Policier
Réalisateur : José Giovanni
Image : 1.66 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français pour sourds et malentendants
Durée : 106 minutes
Distributeur : Coin de Mire
Date de sortie : 11 septembre 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Dernier domicile connu »
portoflio
LE PITCH
Marceau, policier efficace et rude, ne connaît que son métier. Commissaire adjoint à la brigade criminelle de Paris, il est muté dans un commissariat de quartier suite à l’arrestation d’un chauffard ivre, fils d’un grand avocat. On lui assigne une jeune assistante, Jeanne, qui a résolu de se vouer au social et qui croit dans le but réformateur de la Police. Un jour Marceau et Jeanne sont chargés de retrouver un certain Martin dont le témoignage dans une affaire criminelle est prim...
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la loi de la rue

Troisième réalisation de José Giovanni et déjà deuxième collaboration avec le monument Lino Ventura, Dernier domicile connu est un polar français typique des années 70,  modeste en apparence, à l'image de ses héros, il dresse le portrait fatale d'une banlieue parisienne coulée dans le béton.

Ancien membre de la pègre, truands repenti gracié et ayant commué une peine de 11 ans, José Giovanni aura su transformer son passif en force artistique, devenant romancier, scénariste et réalisateur dont justement l'une des spécialités étaient d'offrir un regard particulièrement réaliste et humain, sur ces mondes du crime, leur pendant policier et plus généralement des faits de société liés comme la répression ou la peine de mort. Un auteur humaniste, qui en adaptant le roman de Joseph Harrington (Last Known Adress) découvert dans la collection Série Noire, va illustrer comme jamais la réalité peu spectaculaire, voir laborieuse, des enquêtes de proximité. Marceau, vieux loup rompu au métier, rétrogradé pour avoir arrêté un fils d'avocat, fait ici équipe avec la jeunette et volontaire Jeanne, tout d'abord pour prendre sur le fait quelques pervers dans les cinémas de quartier, puis enfin pour retrouver la trace d'un témoin capital dans une affaire dont le procès doit se tenir dans quelques jours. Une mission que personne ne veut, et qui entraîne les deux collègues dans les rues populaires parisiennes, aux pieds des tours de la périphérie, au fond de ruelles oubliées, dans les terrains vagues, épluchant les témoignages persistants, les listes d'anciens locataires sans visages, les registres des pharmaciens, sur la trace d'anonymes, d'un père seul et d'une petite fille qui deviendrait progressivement presque une figure angélique.

 

porte à porte


Un point à l'horizon, tout de rouge vêtu, seul îlot de couleurs et d'espoirs naïfs dans un monde de gris et de bêton, enchaînement de citées en pleines mutations, en pleine déconstruction, où déjà s'amoncellent les ruines d'hier, et ces grands ensembles où les classes modestes rentrent le soir abruties par un quotidien assommant. Certainement que Dernier domicile connu n'arriverait pas à transmettre aussi parfaitement l'harassement de ces deux flics lambda et la mélancolie d'une tableau général si le compositeur François de Roubaix (La Scoumoune, Le Vieux Fusil, Les Lèvres rouges) ne signait pas là l'une de ses plus importantes bande originale et l'un de ses thèmes les plus obsédants, samplé par à peu près tout le monde depuis (de Robin Williams à Lana Del Rey ou Dr Dre). Des notes à la mélancolie sophistiquée, terrassante, alliée à une mise en scène sèche, quasi-documentaire, qui offre à cette trame de fait divers, d'enquête presque quelconque, la force d'un témoignage à vif sur le travail ennuyeux et vain de la police de quartier, et surtout sur leur acceptation fataliste de leur absence de pouvoir. Parfaits respectivement dans les rôles du vétéran dévoué à sa charge et dans celui de la jeune idéaliste qui espère encore pouvoir changer les choses, Lino Ventura et Marlène Jobert, forment un duo opposés et complémentaire, moins témoins qu'acteurs du débat moral qui se déroule devant nos yeux. Un superbe polar français tout simplement.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Encore une magnifique copie pour l'éditeur Coin de mire avec un travail de restauration admirable produit par Studio Canal avec la participation du CNC et de Coin de mire. Effectué à partir d'un nouveau scan 4K du négatif original, le master offre une propreté exemplaire, une stabilité inédite et (en dehors d'un ou deux fondus enchaînés) une définition imposante. Le piqué sculpte une superbe image délicatement colorée, à la profondeur bien marquée, tout en préservant le grain et les argentiques de la pellicule. Pointu.

 


Son :
Le petit mono d'origine se refait une santé avec une restauration des plus efficaces. Le son est clair, net et précis avec une très légère dynamique
 portée sur les dialogues. Bien entendu la partition de François de Roubaix gagne certainement au transfert en format DTS HD Master Audio.

 


Interactivité :

Poursuivant avec ferveur sa collection La Séance, Coin de mire présente Dernier Domicile connu avec en préambule (mais en option) une reconstitution d'une séance de cinéma de l'époque. Le programme s'entame ainsi par l'un des films d'actualités de l'année 70 s'intéressant à un festival du court métrage, à une commémoration de la « drôle de guerre » ou à une exposition de peinture flamande, puis est suivi de la bande annonce de La Horse et d'une sélection chamarrée de pubs d'antan (les bonbons d'Isigny, La Samaritaine, Levis...).
Mais l'éditeur se montre aussi de plus en plus enclin à fournir d'autres bonus dans leurs éditions avec ici une présentation concoctée par Julien Comelli (grand habitué du catalogue Elephant Films) avec toujours ce ton assez particulier. Plus pertinent certainement, le même propose ensuite une longue interview de Zazi Giovanni, compagne et partenaire du cinéaste, qui retrace volontier l'ensemble de la carrière cinéma de son époux. L'occasion de revenir sur ses débuts à l'écran, sur Dernier domicile connu (entre autres), sur son amitié avec Ventura et autre anecdotes précieuses.

Liste des bonus : La séance complète avec actualités Pathé, réclames publicitaires et bandes-annonces d'époque, un livret reproduisant des documents d'époque (24 pages), 10 reproductions de photos d'exploitations (14,5 x 11,5 cm), la reproduction de l'affiche d'époque (29 x 23 cm), Présentation du film par Julien Comelli et interview exclusive de Zazie Giovanni

 
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