FANFAN LA TULIPE
France - 1952
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Image de « Fanfan la tulipe »
Genre : Aventure
Réalisateur : Christian-Jaque
Image : 1.33 4/3
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français pour sourds et malentendants
Durée : 100 minutes
Distributeur : Coin de Mire
Date de sortie : 9 avril 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Fanfan la tulipe »
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LE PITCH
Le sergent recruteur "La franchise" sillonnait la Normandie accompagné de sa fille, la belle Adeline, afin de recruter de nouveaux soldats prêts à aller mourir sur les champs de bataille du roi Louis XV. La tâche s'avérant de plus en plus difficile, ce racoleur avait mis au point un fin stratagème. Adeline, déguisée en bohémienne, arrêtait d'un sourire les garçons et lisait dans leur main une incroyable destinée : ils seraient les meilleurs soldats du royaume et épouseraient l'une d...
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Tout en dentelles

Prix de la mise en scène à Cannes, Ours d'argent à Berlin, gigantesque succès populaire hexagonal mais aussi planétaire (il fut le premier film français traduit en chinois!), Fanfan La Tulipe reste 70 ans (!!) après un modèle du cinéma d'aventure à la française, un divertissement irrésistible et enlevé pour petits, grands et qui veut bien.

Célèbre personnage du folklore français, Fanfan la tulipe est l'un des ses grands héros issus du peuple qui se diffusa tout d'abord par le biais de chansons populaires, de récits oraux et fantaisistes avant de devenir bien entendu et bien plus tard, héros de cinéma. Le film de Christian-Jaque est la troisième tentative connue, mais reste définitivement la plus célèbre et la plus réussie (doit-on parler ici de l'atroce production Besson ?), mariant avec bonheur une théâtralité poussée et symptomatique du film historique local, avec un rythme endiablé, une narration construite comme une course effrénée constamment entraînée par la personnalité fougueuse et insatiable de son héros. Incroyable Gérard Philippe, beau comme un diable, qui bondit sur chacun de ses ennemis, s'empare de son épée à chaque occasion, part à l'assaut des armées ennemies avec la même énergie qu'il déploie pour séduire les cœurs (en particulier celui de la sublime Gina Lollobridgida) et se moquer du monde qui l'entoure. Un personnage écrit comme un immense éclat de rire, comme un passe-muraille, comme un bretteur qui fait voler les plumes d'un monde militaire aussi rigoriste qu'absurde, dont finalement cette Guerre en dentelle, mélange de tactiques spectaculaires et de philosophies célébrant une certaine inhumanité, n'est qu'un des versants les plus ridiculement meurtrier.

 

La bagatelle à la pointe du fleuret


« Il était une fois un pays charmant qui s'appelait la France. Regardez-la par le petit bout de la lorgnette, c'est elle en plein XVIIIe siècle. Alors on vivait heureux, les femmes étaient faciles et les hommes se livraient à leur plaisir favori : la guerre - le seul divertissement des rois où les peuples aient leur part. »
Si le spectacle reste constamment léger, maniant l'humour bon enfant avec le second degré plus paillard, les grands élans de comédie scénique avec les joutes épiques, il est aussi certainement nourri par les esprits qui s'activent en coulisse. Gérard Philippe était connu pour ses grandes sympathies communistes, le réalisateur et ses camarades scénaristes connurent le maquis de la résistance et de grandes amitiés à gauche, et tous étaient portés ici par un message pacifiste, déroutant la voie de la guerre par le grain de sable d'une passion amoureuse, et une critique acerbe des puissants, massacrant la plèbes pour quelques gloires et oppositions territoriales dont personne ne semble comprendre ici les tenants et aboutissants. L'héroïsme ne naît alors pas par patriotisme (ou alors il ne l'a pas fait exprès), mais par humanisme, par sentiments, par évasion. Du panache, toujours du panache, et les dialogues d'Henri Jeanson (Hôtel du Nord) n'en manquent pas donnant à Fanfan, ses compagnons de fortunes Tranche-Montagne et La Franchise, et ses généraux fanfarons, un sens du phrasé imparable et judicieux, où chaque dialogue chante comme un croisement historique entre la flamboyance du classicisme d'un Molière et le mordant d'un Audiard. Une vraie tornade qui n'est jamais retombée, plaisir intacte d'une comédie historique comme on ne sait plus les faire, ni les penser surtout.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Fanfan La Tulipe connaît enfin une restauration à sa hauteur avec un travail effectué à la source. Le négatif original, a été scanné en 4K et minutieusement nettoyé, stabilisé et rééquilibré pour un résultat particulièrement plus que réjouissant. L'image est tout bonnement splendide, préservant le grain de pellicule, présent mais délicat, et les reflets argentiques, tout en imposant des contrastes admirables. Même les plans de transitions (fondu enchaînés et autres), forcément plus problématiques, s'en sortent très bien avec certes une définition un peu moins poussée mais qui ne tranche pas de manière violente avec le reste du métrage.

 


Son :

Marquée par un petit rafraîchissement de printemps, le mono français d'origine est ici à son meilleur, débarrassé de la grande majorité de ses scories du temps. Quelques petites saturations, un son fluctuant entre les protagonistes et les scènes, mais manifestement entièrement dû à la captation d'origine.

 


Interactivité :
Sacré ajout au catalogue de Coin de Mire, Fanfan La Tulipe se prête parfaitement à l'écrin élégant, noir et or, de l'éditeur. Une reproduction de l'affiche, quelques photos d'exploitations, un livret regroupant documents de presse et articles de communication font toujours autant sensation. Comme l'option de la séance d'époque, rappelant l'aspect ouvertement populaire du film, à nouveau précédé des actualités de son année de naissance et d'une sélection souriante de pubs vieillottes.
Cependant, vu la célébrité du film, on n'aurait certainement pas été contre l'ajout d'un petit documentaire rétrospectif ou d'une présentation éclairée. Reste cependant pour les archiviste la présence (en SD et uniquement sur le Bluray) de l'étrange version colorisée produite en 2000 par René Château Vidéo. C'était la mode et le résultat était ironiquement assez triste.


Liste des bonus : La séance complète avec actualités Pathé, réclames publicitaires et bandes-annonces d'époque, un livret reproduisant des documents d'époque (24 pages), 10 reproductions de photos d'exploitations (14,5 x 11,5 cm), la reproduction de l'affiche d'époque (29 x 23 cm), Film complet en version colorisée (SD, uniquement sur le Blu-ray)

 
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