THE ADDICTION
Etats-Unis - 1995
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « The Addiction »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Abel Ferrara
Musique : Joe Delia
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 82 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 24 mars 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Addiction »
portoflio
LE PITCH
Brillante étudiante en philosophie à l’Université de New York, prépare activement sa thèse de doctorat. Un soir, elle croise sur son chemin une étrange et séduisante femme qui la conduit de force dans une impasse avant de la mordre au cou. Bientôt, Kathleen va développer un appétit féroce pour le sang humain qu’elle assouvira en attaquant ses proches ou des inconnus…
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Hunger

Vite écarté des salles de cinéma et certainement incompris par les cinéphiles hype et le public attiré par une nouvelle variation post-moderne de la figure du vampire, The Addiction est un grand film malade, beau comme un Murnau, déglingué comme un trip underground.

Les années 90 furent traversée par une résurgence des figures vampires, définitions réinvesties par les sublimes Dracula de Coppola et Entretien avec un vampire de Neil Jordan. Les années 90 furent aussi la décennie d'Abel Ferrara. Une forme d'âge d'or où le nez gonflé de poudre blanche et l'esprit vacant avec la même frénésie que son cher New York en voie de disparition, le cinéaste, toujours accompagné de ses comparses, telle une famille déconnante (le scénariste Nicholas St John, le photographe Ken Kelsch, le compositeur Joe Delia), enchaînait les chefs d'œuvre d'une modernité incomparable : The King of New York, Bad Lieutenant, Bony Snatchers, Nos Funérailles... La rencontre improbable entre ces deux vagues va s'appeler The Addiction. Un film de vampire tourné pour trois fois rien en 20 jours à peine dans des rues qu'il connaît par cœur, en compagnie de la découverte Lili Taylor et une apparition cathartique d'un Christopher Walken en gourou littéraire. Un objet particulièrement curieux, presque une variation sur le postulat du mythique L'Ange de la vengeance, sauf qu'ici ce n'est plus la destruction de l'autre qui se transmet de corps en corps, mais le besoin d'auto-destruction.

 

transmissible


Baigné à la fois dans un flot de citations philosophiques frisant la logorrhée (Kierkegaard, Feuerbach, Nietzsche, Sartre...), dans d'entêtants bruitages urbains animals et surtout un noir et blanc somptueux évoquant les grands élans gothiques du mythe, The Addiction reste un film aussi chaotique que fragile. Une succession d'errances, de réflexions nihilistes sur les génocides à répétitions du XXe siècle (la Shoa se mêle aux massacre du Vietnam), qui finalement ne fait que projeter sur grand écran l'état mental de son auteur, son mélange de fascination et de crainte envers les addictions auxquels il s'est dévolue, son besoin probable d'une rédemption au-delà de l'ultime destruction. On se transforme moins ici en s'octroyant les pouvoirs d'un super-prédateur, qu'une authentique et insatiable faim, pulsion primaire qui dévore tout sur son passage, renvoyant les essais philosophiques à une intellectualisation impuissante devant tant d'animalité retrouvée. La métaphore filée de la drogue et de l'acceptation de s'y perdre (chaque victime a toujours le choix) est d'une limpidité assumée. La forme proprement dite du film à la foi élégante, contemplative et consciemment expérimentale, déroute beaucoup plus, oscillant entre le beau, le fascinant, le vulgaire, parfois même le ridicule ou le naïf comme cet épilogue d'une candeur étonnante dans le cinéma d'Abel Ferrara. Avant cette ultime épiphanie, The Addiction aura livré l'une des séquences d'orgie vampirique les plus surprenantes et sauvages du cinéma, faisant d'une soiré de soutenance de thèse pompeux un véritable banquet sanglant et chaotique. Un sacré shoot.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Autrefois abrupte, granuleux et pas toujours des plus confortables, la copie de The Addiction a connu un sacré nettoyage et une restauration grand luxe. Un travail effectué par les britanniques d'Arrow Video, sous la supervision du directeur photo Ken Kelsch, à partir d'un nouveau scan 4K du négatif 35mm. Débarrassé de la moindre imperfection, homogénéisé sans perturber les matières organiques de la pellicule, ré-étalonné avec plus de précision que jamais, le film est absolument splendide.

 


Son :
Petit rafraîchissement d'usage aussi pour la piste originale qui se prête aussi bien à un DTS HD Master Audio 2.0 assez simple, direct et équilibré, qu'à un DTS HD Master Audio 5.1 légèrement plus ample, proposant surtout quelques rendus d'échos urbains et autres petites intentions plus dynamiques.

 


Interactivité :

Carlotta a vraiment bien fait de reprendre les suppléments produits par l'équipe d'Arrow pour leur édition. Surtout qu'Abel Ferrara semble avoir pris beaucoup de plaisir à revenir sur cette expérience. Son interview frontale, pas toujours évidente pour son interlocuteur, est très éclairante et franche sur sa vision du film, ses thématiques et l'indépendance même du bonhomme. Toujours aussi remuant il vole d'ailleurs la caméra pour le documentaire « Entretien avec les vampires » croisant les interviews de Christopher Walken, Lili Taylor, Joe Delia et Ken Kelsch, avec une liberté de ton et de forme extrêmement rafraîchissants. Chacun y parle de sa vision et de son implication dans le film certes, mais aussi de cinéma, d'acting, de souvenirs de tournage, de projets futurs (ou de son absence pour l'acteur de 70ans), d'addictions bien entendu, voir même de spiritualité. Un morceau de choix complété par quelques images d'archives capturant Ferrara pendant le montage de The Addiction. Un Ferrara en roue libre, rigolard, halluciné, voir hystérique, qui montre bien dans quel état ont pu être produits ses plus belles réalisations.

Liste des bonus : « Entretien avec les vampires » : documentaire réalisé par Abel Ferrara avec Christopher Walken, Lili Taylor, Joe Delia et Ken Kelsch (31'), Entretien avec Abel Ferrara (16'), Analyse de Brad Stevens (9'), Abel Ferrara pendant le montage du film (9'), Bande-annonce originale

 
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