MEMORIES OF MATSUKO
嫌 わ れ 松子 の 一生 - Japon - 2006
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Memories of Matsuko »
Réalisateur : Tetsuya Nakashima
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Japonais DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 130 minutes
Distributeur : Spectrum Films
Date de sortie : 4 septembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Memories of Matsuko »
portoflio
LE PITCH
Shô un jeune tokyoïte en errance se réveille un matin, son père lui confie de vider l’appartement d’une tante qu’il n’a jamais connu. Il découvre un appartement jonché d’ordures et de souvenirs, peu à peu il connaitra au travers des babioles laissées en vrac, la vie atypique de sa tante disparue.
Partagez sur :
La Mélodie du malheur

L'éditeur français Spectrum Films s'attache à dénicher les perles rares du cinéma asiatique. Dans la nouvelle génération des réalisateurs nippons, il y aTetsuya Nishimura qui commence à percer avec son esthétique qui rappelle celle de Sion Sono à certains égards.

Lorsque le jeune Shô approche de l'immeuble délabré où vivait sa tante, c'est un choc. Le jeune garçon est un looser, sa carrière de musicien n'a jamais décollé et sa copine le largue pour partir en Ouzbékistan. Le quotidien de Shô est de vivre dans le désordre et la poussière en matant du porno. L'appartement de sa tante défunte est un taudis rempli de crasse, une réalité des bas-fonds de la ville, là où tous ses oubliés s'entassent. Noyé sous les détritus, il fait une succession de découvertes qui nous emmènent nous spectateurs dans des flash-backs colorés. En effet, le film se voit au travers de la candeur d'une enfant pleine de vie dans un premier temps, elle cherche avant tout le regard de son père trop préoccupé par la maladie de sa sœur cadette. Néanmoins, elle chante la vie et ses rêves, et grimace de façon amusante et attachante pour capter l'attention sur son existence.
Cette innocence va perdurer tout le long de la trame, où sa vie de jeune professeure de chant bascule après qu'un de ses élèves ait commis un vol, plutôt que de voir son pupille renvoyé, elle endosse le méfait ce qui va entraîner son renvoi et sa descente aux enfers.
Quand la déchéance frappe cette jeune femme initialement épanouie et vouée à la réussite, elle n'est pas symbolisée comme d'habitude. Le parti pris du cinéaste est de conserver la candeur de son héroïne : tout est représenté dans des parterres aux fleurs innombrables, c'est comme un conte de fées qui se déroule sous nos yeux, plein de chants et de promesses de jours meilleurs.

 

Le drame musical, un genre pas anodin.


Dans ce mélange de textures colorés, où se côtoient l'animation traditionnelle, la comédie musicale, nous évoque le merveilleux cinéma de Nobuhiko Obayashi et ses surimpressions de scrapbooking qui illustrent dans l'onirisme l'horreur insondable de la guerre pour le film Hanagatami, ou les meurtres d'adolescents sur le chef d'œuvre Hausu.
Mitsuko chavire de scènes en scènes, dans la musique somptueuse et le rêve, où malgré ses compagnons qui la battent, et ses amies qui l'exploitent, l'héroïne conserve toute son innocence. Les couleurs acidulées très proche de l'imagerie de la J-pop, tranche totalement avec la réalité d'une noirceur qu'on peut rencontrer dans les cinémas de Kiyoshi Kurosawa ou encore Sion Sono. Pour citer un exemple d'analogie, c'est un peu ce qu'avait apporté Tokyo Tribe avec son hip-hop inspiré et flashy, ici l'imagerie kawaï est utilisée dans la même approche de savoir concilier légèreté et malaise avec brio.
Sa perdition allant du trafic de drogue des yakuzas, jusqu'à la prostitution et au meurtre, rien ne lui est épargné. La jeune femme, n'a que sa richesse de cœur et d'âme qui puisse la sauver de la folie qui l'attend en prison. Ce ne sont pas les prisons illustrées par Shunya ITO dans la saga de La Femme Scorpion, ce moment du film est loin d'être un calvaire. Cette remise sur le droit chemin, sera l'occasion pour elle de trouver sa propre voie, et de nouveau croire en l'avenir. Mais le trauma infantile est tenace, la femme désormais trentenaire bien tassée, se fait employer par une société spécialisée dans la pornographie. Asuka Kurosawa campe la productrice et mère maquerelle de ce petit monde, elle va lui offrir une nouvelle chance, une nouvelle vie.
Par ce procédé, le réalisateur crée un schisme, un bouleversement qui symbolise la dureté de la société pour les femmes japonaises d'exister hors circuit, n'ayant alors aucun autre échappatoire que la vilénie du patriarcat citadin.

Le film devient le portrait touchant d'une femme perdue et isolée, mais qui ne perdra jamais son innocence et sa sensibilité innée, jusqu'à son décès. Le métrage laisse une saveur aigre douce qui nous fait chavirer, c'est une réussite sur tous les plans, un film qui compte et qui fera date assurément.

Guillaume Pauchant








Partagez sur :
 

Image :
Le transfert est très réussi, les couleurs sont éclatantes ce qui fait honneur à la direction photographique et artistique. Il n'y a aucune bavure de couleurs, la chaleur des teintes est maîtrisée de bout en bout c'est très propre, de quoi flatter la rétine et faire chauffer vos écrans Oled.

 


Son :
Le son DTS envoi du bois, le juste équilibre entre dialogues et musiques fait la part belle à la bande originale de très bonne facture.

 


Interactivité :
Le Making of est en version originale sous-titré en anglais, il recueille les témoignages du réalisateur et de quelques acteurs. On y voit quelques astuces de mise en scène, mais cela ne comble pas notre appétit de technicien. L'interview du compositeur intégralement sous-titrée en français cette fois est plus intéressante, elle dresse le portrait d'un jeune compositeur italien qui a eu la chance de sa carrière en étant mandaté sur le film, il y explique qu'il a dû s'adapter autant aux techniques japonaises qu'aux besoins énoncés par le réalisateur. La critique est formulée par deux YouTubeurs qui mettent en avant les qualités du film dans un dialogue dynamique, sans oublier leur autopromotion, c'est alors un bonus de l'ordre du remplissage de galette dont on aurait pu se dispenser.

Liste des bonus : Interview du compositeur Gabriel Roberto (21'), Making of (27'), Critique par Dirty Tommy et Critique Masqué (19'), Bande Annonce.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021