MEURTRES SOUS CONTRôLE
God Told Me To - Etats-Unis - 1976
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Meurtres sous contrôle »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Larry Cohen
Musique : Frank Cordell
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0 mono, français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 89 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 18 mars 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
À New York, l’inspecteur Nicholas enquête sur une série de meurtres sans mobile apparent. Les différents assassins prétendent tous avoir agi à la demande de Dieu. Détail étrange : aucun d’eux n’est un expert en armes à feu, et pourtant tous ont fait preuve d’une précision remarquable.
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immaculate abduction

Prix spécial du jury au festival d'Avoriaz en 1977, Meurtres sous contrôle est sans doute l'exemple le plus probant de la vitalité indomptable du cinéma de Larry Cohen. Un scénariste hors normes toujours prompt à balancer sur l'écran un concept casse-gueule et le mener jusqu'au bout.

Certainement pas aussi reconnu qu'il le devrait, Larry Cohen a les qualité de ces amoureux du cinéma, touches-à-tout et débrouillards, qui ont dû accepter toutes les commandes et les opportunités pour faire leur trou. Tout d'abord scénariste pour la télévision où il imaginera la mythique série Les Envahisseurs, il passe sur grand écran en s'inscrivant dans la vague de la blacksploitation en écrivant Bone, puis en obtenant les commandes du très bon Black Caesar et sa suite, Hell Up in Harlem. Mais le monsieur est surtout intéressé par le fantastique, voir l'horreur, y appliquant un regard toujours biaisé, sorte de prolongement du cinéma d'exploitation des drive-inn avec systématiquement un aspect dévissé, décalé. Entre le bébé mutant tueur de Le Monstre est vivant, le dragon mexicain volant d'Épouvante sur New York et le yaourt au bifidus très actif bien nommé The Stuff, on trouve sa création la plus changeante : God Told Me To. Un étrange polar suivant l'enquête impossible d'un brave inspecteur, fervent catholique empêtré entre ses passions et ses lois, se retrouvant face à une succession de meurtres perpétrés sans raison par des personnes sans passé criminel. Le seul point commun de chaque acte, le « dieu m'a demandé de le faire » évoqué un sourire extatique au lèvres. En suivant la trace d'un mystérieux jeunes hommes, en découvrant ce qui ressemble à un groupe d'hommes de l'ombre, retrouvant une veille affaire d'enlèvement extraterrestre, l'inspecteur Nicholas va peu à peu replacer les pièces d'un puzzle diablement alambiqué.

 

les voies du seigneur sont impénétrables


Une structure éclatée croisant dans un même mouvement les films fantastiques satanistes (but with a twist) tant à la mode depuis le Rosemary's Baby de Polanski, les élucubrations mystiques du best seller illuminé Chariots des dieux d'Erich von Däniken, la science-fiction décomplexée des 50's et le polar urbain mâtiné de blacksploitation. Cohen avoue volontiers s'être engouffré dans l'écriture du film, laissant son récit se construire tout seul au gré de son imagination, sans vraiment y revenir pour en revoir la structure. D'où certainement cette sensation d'un film constamment éclaté, toujours proche du glissement de terrain, de l'errance voir du ridicule mais sans jamais, heureusement, y tomber. Certes quelques personnages semblent inutiles, quelques trames secondaires peu abouties, mais c'est justement ce mélange des genres qui fait tout le charme du film, dépassant une interprétation pas toujours des plus marquantes, une ambitions générale bien au-delà du budget alloué, pour offrir une exploration inédite du chaos dans lequel s'engouffrait les USA durant les 70's, rompant avec la tradition du statue-quo et donc une réalité trop formaté. Et celle-ci vole ici en éclat. Metteur en scène assez sobre, Larry Cohen s'offre d'ailleurs ici quelques jolis moments bien marquant entre une apparition très Cronenberg du faux messie, un enlèvement par un UFO digne des X-Files (ou est-ce l'inverse ?) et surtout une séquence brillamment volée pendant l'authentique défilé de la St Patrick. Y apparaît au milieu de la foule un Andy Kaufman, encore inconnu, dans le rôle d'un policier rapidement touché par la grâce et tirant sur la foule aveuglément. Dans Meurtres sous contrôle le spectateur est constamment assailli par la sensation que tout peut arriver. Et il ne se trompe pas.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Restauré à partir d'un scan 4K du négatif original par Blue Underground, Meurtres sous contrôles s'étale désormais sur un master grand luxe. Doté d'une propreté et d'une stabilité à toute épreuve, il offre une colorimétrie particulièrement riche et contrastée, mais aussi et avant tout une définition imposante qui permet tous les excès possibles d'une profondeur tout simplement inédite. Comble du bonheur, aucune retouche numérique disgracieuse n'est visible, laissant affleurer un grain de pellicule des plus naturels et de superbes reflets argentiques.

 


Son :
Pas franchement des plus mémorables, le doublage d'époque répond présent avec un mix très écrasé et des voix souvent assourdissantes et pas franchement convaincues. Heureusement la version originale est beaucoup plus aguichante avec un mono d'origine disposé dans un DTS HD Master Audio 2.0 des plus clairs et équilibrés, ainsi qu'un 5.1 plus moderne délivrant quelques petites ambiances et effets supplémentaires.

 


Interactivité :

Toujours aussi jolie, la collection des classiques oubliés du cinéma fantastique est désormais rejoint par Meurtres sous contrôle. Le packaging au fourreau et digipack cartonné est toujours aussi élégant et le livret concocté par Marc Toullec toujours aussi complet et informatif. Les suppléments disposés sur les disques Bluray et DVD sont eux essentiellement hérités de l'édition américaine de Blue Underground. Si on perd le commentaire audio du réalisateur, on retrouve une longue interview de l'acteur Tony Lo Bianco évoquant un tournage d'artisan et de roi de la débrouillardise, une autre du maquilleur Steve Neil qui en profite pour rendre hommage à ce cinéaste qui lui a laissé sa première chance dans le métier. Larry Cohen est bel et bien présent, mais uniquement par le biais de deux documents d'archives, enregistrés lors de présentation du film en public, dans lesquels le monsieur se livre à de grands shows, rivalisant d'anecdotes croustillantes sur les coulisses et de souvenirs d'un tournage souvent assez improbable.
Et Rimini ajoute aussi sa pierre à l'édifice avec une présentation enthousiaste du film par le journaliste / réalisateur Alexandre Jousse.

Liste des bonus : Le livret « Rencontre du quatrième type » rédigé par Marc Toullec (24 pages), « Dieu me l'a ordonné » par Alexandre Jousse (24'), « L'Enfer et le Paradis sur Terre » avec Tony Lo Bianco (11'), Interview de Larry Cohen au New Beverly Cinema (21'), Interview de Larry Cohen au Lincoln Center (8'), « Souvenirs du bon vieux sang » avec Steve Neil, responsable des effets spéciaux (9'), Bandes-annonces.

 
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