THE CHINESE FEAST
Gam yuk moon tong - Hong-Kong - 1995
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « The Chinese Feast »
Genre : Comédie
Réalisateur : Tsui Hark
Musique : Lowell Lo
Image : 2.35 16/9
Son : Cantonnais et français DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 102 minutes
Distributeur : Spectrum Films
Date de sortie : 11 mars 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Chinese Feast »
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LE PITCH
Chiu souhaite s’extraire de son milieu mafieux pour devenir un grand cuisinier. Mais il devient simple commis du grand restaurant de la famille Au. Il tombe sous le charme de la fille du patron, la déchaînée et baroque Ka-wai, et veut l’aider à maintenir l’entreprise familiale quand celle-ci se voit menacée par un redoutable concurrent mongol. Ensemble, ils doivent trouver le meilleur chef, celui qui leur fera gagner le défi du Festin chinois.
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Les petits plats dans les grands

Plus gros succès populaire de la carrière de Tsui Hark en Chine et certainement le seul contact qu'aura eu une grand part du public occidental avec la folle inventivité de son cinéma, Le Festin Chinois est un croisement improbable mais réjouissant entre la comédie culinaire et le film d'art martiaux. Tout est dans la beauté du geste et les subtilités du goût.

Dans la foisonnante carrière de Tsui Hark, l'année 1995 est particulièrement riche. Alors au pinacle de sa gloire comme auteur et producteur, il se prépare à rejoindre les sirènes hollywoodiennes, lance la production d'une série tv dérivées de la saga Il était une fois en chine, et trouve le temps de signer trois longs métrages... Et pas des moindres. Le sublime et très fantaisiste Dans la nuit des temps capitalisant sur le couple Nicky Wu /Charlie Yeung révélé dans le splendide The Lovers, le wuxiapian apocalyptique et révolutionnaire The Blade et une grosse comédie répondant à la tradition du divertissement sucré des fêtes du nouvel an chinois. Une incartade loin du film d'art martiaux ou du fantastique débridé qui ont fait sa gloire, mais plutôt une manière de se plier à une tradition locale et à une école comique typiquement hongkongaise, privilégiant l'absurde, l'enchaînement frénétique de situations ubuesque et de gags visuels qui ne sont pas sans rappeler le slapstick de l'ère du muet. Avec les précédents All The Wrong Clues for the Right Solution (1981) et Mad Mission 3 (1984), Tsui Hark avait déjà démontré de son efficacité comique frontale, mais avec The Chinese Feast, il réussi véritablement à s'en réapproprier totalement les contours.

 

Sucré-salé


Imaginé comme un énorme véhicule pour les stars pop Leslie Cheung (Le Syndicat du crime, Histoires de fantômes chinois) et Anita Yuen (Bons baisers de Pékin, He's a Woman, She's a man) formidables en love affair immature au possible, Le Festin chinois est un produit aisément calibré pour attirer les foules dans la bonne humeur générale. Mais au-delà de son humour ravageur et absolument irrésistible, l'objet reste un sacré morceau de cinéma qui métamorphose ses scènes de cuisine, non pas en foodporn Instagram ou en publicité léchée façon Prime Time, mais en prouesses chorégraphiques et fantaisistes dignes d'un film de sabre ou d'un duel de kung-fu. La caméra s'emporte sous les descriptions de recettes hallucinantes (la patte d'ours au miel, la trompe d'éléphant...), virevoltant entres les effets de lumières et de couleurs, les transparences et les mouvements des acteurs, pour mieux en accompagner le mélange des saveurs. Une belle manière de poursuivre les recherches stylistiques du metteur en scène, mais aussi de mettre constamment en perspectives les enjeux profonds du film confrontant à deux ans de la rétrocession deux « écoles » de cuisines, industrielle vs traditionnelle, ainsi que deux générations de hongkongais. Face à un avenir incertain, la jeunesse, forcément un peu perdue, rêve d'expatriation sur le continent américain et de rupture. Film du nouvel an oblige, le métrage va réussir le miracle de réunir tout le monde comme un symbole d'apaisement et d'unité festive où se mêlent les différents âges, les différentes cultures, les différentes provinces chinoises dans une gigantesque cuisine comme autant d'ingrédients savamment dosés. Un banquet en très belle compagnie.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Pas franchement bien supporté dans les précédentes sorties françaises, entre une copie crasseuse pour la première et une compression atroce pour la seconde, Le Festin chinois retrouve de sa superbe en HD avec un tout nous master parfaitement restauré. Les cadres sont d'une propreté immuable (en dehors d'un plan composite avec insert d'images de synthèses), les couleurs largement plus pétantes et contrastées qu'autrefois et la définition offre un piqué inédit, une belle précision dans les décors et les gros plans, même si une légère patine plus douce vient parfois amoindrir l'excellence. Pas forcément un remaster chimique, mais le travail numérique est soigné et harmonieux.

 


Son :

Comme pour le DVD de WE production le film est proposé avec des pistes stéréo et 5.1, en français et cantonnais. Comme souvent le doublage français est assez catastrophique avec des voix éreintantes et une traduction aléatoire. La version originale de son coté reste assez confortable même si on retrouve les petites saturations habituelles des films HK. Le mix 5.1 tente quelques effets d'ambiances et restitutions dynamiques mais ne convainc jamais vraiment. On lui préférera la stéréo d'origine, franche, directe et largement plus équilibrée.

 


Interactivité :
Présenté sous la forme très sobre d'un simple fourreau cartonné contenant un boitier bluray amaray, cette édition de The Chinese Feast a pourtant tout de l'objet très collector. Une fois encore le spécialiste du cinéma asiatique à soigné sa section bonus, reprenant intelligemment la longue et passionnante interview de Tsui Hark enregistrée pour le DVD de 2006 (on y parle cinéma, nouvel an mais aussi beaucoup de cuisine) et un documentaire introductif à la richesse de la cuisine chinoise. A la différence du disque de WE, Le Festin Chinois n'est présenté ici que dans son montage d'origine où un clip musical remplace une scène d'action entre Xin Xin Xiong et Wenshuo Zhao, tournée uniquement pour le public occidental. Cette courte scène est cependant présentée en bonus. Bien entendu Spectrum a aussi ajouté ses suppléments maisons avec une présentation toujours aussi efficace d'Arnaud Lanuque et une émission spéciale du Podcat Capture Mag.

Mais l'argument majeur de cette édition est la présence sur un second disque, dans une belle copie, de l'inédit en France Tri-Star, réalisé par Tsui Hark l'année suivante avec le même duo formé par Leslie Cheung et Anita Yuen, auquel vient s'ajouter l'excellent Ching Wan Lau (Mad Detective). Une seconde comédie du Nouvel An chinois, sans doute un peu moins remarquable mais très agréable avec sa romance improbable entre un prêtre catholique et une jolie prostituée sur fond d'entourloupe criminelle. Chansons pop, quiproquos à foison, on est là dans le grand classique du genre avec un Tsui Hark qui se contente la plupart du temps de se mettre au service de son casting de stars. Le film est accompagné de sa jaquette réversible, d'une nouvelle présentation signée Arnaud Lanuque et d'un portrait hommage de Leslie Cheung supplémentaire par ce dernier. Après le box consacré à King Hu, Spectrum continue de nous sortir le grand jeu.

Liste des bonus : Le film Tri-Star (106'), Présentation par Tsui Hark, Interview de Tsui Hark, Présentation de Arnaud Lanuque, Portrait de Leslie Cheung de Arnaud Lanuque, Scène coupée, Documentaire Le festin passe à la casserole, Présentation du film par l'équipe de Capture Mag et Bande-annonces.

 
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