RELIC
Australie - 2020
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Relic »
Réalisateur : Natalie Erika James
Musique : Brian Reitzell
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 89 minutes
Distributeur : Blaq Out
Date de sortie : 1 janvier 1970
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Relic »
portoflio
LE PITCH
Lorsqu'Edna, la matriarche et veuve de la famille, disparaît, sa fille Kay et sa petite-fille Sam se rendent dans leur maison familiale isolée pour la retrouver. Peu après le retour d'Edna, et alors que son comportement devient de plus en plus instable et troublant, les deux femmes commencent à sentir qu'une présence insidieuse dans la maison. Edna refuse de dire où elle était, mais le sait-elle vraiment...
Partagez sur :
Mémoires de nos mères

Qu'il soit Américain, Japonais ou Espagnol, le film de maison hantée n'a jamais quitté nos écrans et de nombreux pays nous ont délivré leurs visions de fantômes hantant des demeures. Venue d'Australie, Relic plonge lui aussi dans ce mythe, mais pour en livrer une brillante modernisation.

Relic est le premier long-métrage de Natalie Erika James. Réalisatrice Australo-Japonaise, elle a, avant ça, réalisé plusieurs pubs, clips et courts métrages dont notamment Creswick, un court de 10min où une jeune femme découvre que son père est possédé par une créature surnaturelle. Relic peut d'ailleurs être vu comme une expansion de ce dernier avec qui il partage le design de la créature et le même co-scénariste, Christian White. Il permet aussi à la réalisatrice d'aborder plus frontalement un sujet qui n'était que sous-entendu alors, la maladie d'Alzheimer. Un sujet très personnel pour James qui a elle aussi vécu la situation de voir sa grand-mère atteinte de ce mal et la voir dépérir. Un passif qui hante (c'est le cas de le dire) le récit mais, et c'est la grande force du film, ne sacrifie jamais l'aspect fantastique et l'esthétique horrifique face à la réalité de la maladie. Ils vont, au contraire, se nourrirent l'un et l'autre pour un résultat aussi terrifiant qu'émouvant.

 

Silent House


Un des aspects les plus intéressants du film de maison hantée, et ce qui fait la force de ses films les plus célèbres, est quand le passé qui hante les personnages se confronte aux fantômes qui hantent les lieux. À travers les personnages de Kay et Sam, respectivement la fille et la petite fille d'Edna, atteinte de la maladie d'Alzheimer, Natalie James nous raconte son expérience en tant que spectatrice de la maladie. Maladie qui est au centre du film puisque la contamination du personnage va aller de concert avec celle, surnaturelle, de la maison. D'abord discrets, les changements d'humeurs apparaissent sporadiquement, au détour d'une conversation ou dans le comportement, tout comme les apparitions fantomatiques se feront avant tout tapies dans l'ombre. Grace à une brillante idée de mise en scène qui n'est de ne jamais appuyer leurs apparitions par une musique soudaine ou un recadrage de la caméra sur eux, l'oeil met ainsi quelques secondes à remarquer leurs présences, et multiplie l'effroi ressentit (un effet que la réalisatrice utilisait déjà dans ses courts métrages).

Les deux premiers tiers du film sont ainsi dépourvus de jump scare mais possèdent une tension constante. Le dernier tiers, lui, plonge complètement dans l'horrifique avec la transformation de la maison, qui devient un miroir de la maladie d'Edna, en un labyrinthe cauchemardesque qui rappellera de bons (ou mauvais) souvenirs à ceux qui ont joué à Silent Hill P.T. Si on y retrouve l'esthétique du jeu vidéo avorté d'Hideo Kojima, cette dernière partie porte aussi la marque de ce qui aurait du être l'autre créateur du jeu, Guillermo Del Toro. La dernière scène du film (qu'on ne spoilera pas), réussie l'équilibre très délicat de lier monstruosité et humanité, beauté et morbide et se place alors comme le climax émotionnelle du film, unissant le fond et la forme comme une catharsis bouleversante de la réalisatrice envers sa propre histoire.

En respectant les codes du genre mais en y intégrant une problématique moderne et intime, avec sa réalisation parfaitement adaptée à l'histoire racontée et son trio d'actrices excellentes, Relic a tout pour devenir un classique du genre. Pour sa première réalisation Natalie Erika James frappe très fort et on attend maintenant avec impatience son second film.

Benoit Llamazares








Partagez sur :
 

Image :
Un peu décevante, la copie HD de Relic est parsemée de petit décrochages numériques entre des ombres qui se transforment en aplats, des contours constitués d'artefacts et des matières marquées par des effets de « banding ». Cela semble être un problème déjà rencontré sur les autres éditions du film (en l'occurrence les retours sur le disque américain sont identiques) ce qui indique que le soucis viendrait de la source et non de l'éditeur français. Un peu dommage donc pour un film visuellement très travaillé, aux atmosphères creusées, dont on retrouve ici une solide gestion des couleurs et une définition bien pointue.

 


Son :
Accompagnant avec ferveur la montée en tension du film, les deux pistes DTS HD Master Audio 5.1 proposent un excellent travail sur les atmosphères, tout d'abord discrètes et naturelles, avant de s'emballer vers une une dynamique beaucoup plus soutenue, inquiétantes puis carrément étouffantes. Une restitution fluide, enveloppante et terriblement efficace.

Liste des bonus : Aucun

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021