LUCKY DAY
Canada, Etats-Unis - 2020
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Image de « Lucky Day  »
Genre : Policier
Réalisateur : Roger Avary
Musique : Tomandandy
Image : 2.35 16/9
Son : Français et Anglais DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 99 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 5 décembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Lucky Day  »
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LE PITCH
C’est le grand jour, Red sort de prison, après avoir purgé deux ans pour un braquage de banque qui s'est soldé par la mort de son complice. Il retrouve sa femme Chloé qui l’a attendu tout en élevant seule leur fille Beatrice. Le même jour, Luc, le frère de son ancien complice, tueur à gages et psychopathe notoire, débarque assoiffé de vengeance et avec la ferme intention de l'éliminer…
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L'évadé des 90's

C'est avec une certaine impatience que l'on attendait le retour de Roger Avary, presque 20 ans après son formidable Les Lois de l'attraction (certainement la meilleure adaptation de Bret Easton Ellis à ce jour). Le coscénariste de Pulp Fiction nous revient avec Lucky Day, un polar noir et burlesque, à la limite du parodique, qui, par sa légèreté de ton et son style old school, surprend autant qu'il déçoit.

Lucky Day est né dans l'esprit de Roger Avary comme une suite à son premier essai, le barjot Killing Zoé. Il devait se dérouler dans la foulée, suivant le parcours du braqueur Zed (Eric Stolz) au lendemain du casse de la banque qui servait de décor quasi unique à l'odyssée sanglante du film. Les années ont passé, les comédiens ont vieilli et la vie de Roger Avary a pris un tout autre tournant. Incarcéré pour homicide involontaire en 2008, le réalisateur met à profit cette année d'isolement pour écrire deux romans et quatre scénarios. Dont la version de Lucky Day qui va être portée à l'écran. Le film en l'état est moins une séquelle stricto sensu de Killing Zoé qu'une suite spirituelle. Exit donc Zed, la flingueuse Zoé et le psychopathe Eric. Et bienvenue à Red (Luke Bracey), perceur de coffres repenti après deux ans en prison, à sa femme Chloé (Nina Dobrev), et à leur nemesis Luc Chaltiel (Crispin Glover) bien décidé à venger son frère, dût-il laisser derrière lui une montagne de cadavres. Une histoire simplissime, au tropisme français toujours aussi présent, qui se laisse suivre avec plaisir pour sa galerie de personnage délirants à défaut d'être attachants. Voir Crispin Glover en totale roue libre, assassiner sans retenue et surjouer l'accent français au-delà du raisonnable, est un spectacle en soi. Le casting offre par ailleurs d'autres surprises improbables, comme une Nadia Farès sévèrement badass et un Tomer Sisley survolté, sorte de hipster défoncé arborant une moustache...à la Hitler !

 

Killing Quentin


Reste, qu'agréable qu'il soit, le film finit par provoquer un sentiment de déjà-vu pénible. Loin du côté punk du grand frère Killing Zoé, de la virtuosité des Lois de l'attraction, le film aligne les poncifs (personnages bigger than life, rythme syncopé, répliques qui claquent) des films post Pulp Fiction typiques des années 90-2000. Comme si Roger Avary voulait se réapproprier un sous-genre qu'il a participé à créer. On comprend la démarche autant qu'on la déplore. Face à Lucky Day et à son manque patent de finesse, on ne peut s'empêcher de penser aux films du frère ennemi Quentin Tarantino (ils sont plus ou moins brouillés depuis 25 ans). Sauf qu'à la différence d'Avary, QT a évolué au fil des années pour multiplier les chefs d'œuvre, et atteindre les cimes avec le définitif Once upon a time in Hollywood.

Blindé d'éléments autobiographiques (l'expérience carcérale et ses séquelles y sont largement évoquées), Lucky Day conte l'histoire d'une libération. On le sent malheureusement enchaîné à un style anachronique. On passe une heure quarante agréable - le rythme est bon, un certain nombre de gags visuels font mouche - mais, il faut bien l'avouer, terriblement décevante. Surtout quand on sait le grand talent de son auteur.

François Willig






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Image :
A film récent tourné en numérique, master impeccable. La photographie de Brendan Steacy voit sa belle palette chromatique respectée, et ses contrastes parfaitement tenir. La compression est à l'avenant avec une solidité exemplaire pour un piqué sans faiblesse.

 


Son :

Une piste DTS HD Master Audio 5.1 à l'avenant, c'est-à-dire explosive. Les ambiances naturelles sont bien posées mais c'est surtout lors des passages plus énervés que la piste sonore se montre la plus généreuse et percutante. A voir bien évidemment en VO, le doublage français étant franchement moyen.


Liste des bonus : Aucun

 
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