LA TRAQUE
France, Italie - 1975
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Traque  »
Genre : Thriller
Réalisateur : Serge Leroy
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Anglais
Durée : 97 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 29 janvier 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
En vue de louer une propriété, Helen Wells, Anglaise trentenaire travaillant à l'Université de Caen, se rend dans un hameau situé près d'Alençon. Elle y fait la connaissance de quelques bourgeois et parvenus liés par une passion commune : la chasse. Parmi eux, les frères Danville, Albert et Paul, ferrailleurs de profession. Le cadet, Paul, tombe immédiatement sous le charme de Helen. Tandis qu'elle se promène dans la forêt, la jeune femme croise à nouveau les deux hommes, accompagn...
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Partie de chasse

Difficile, voir impossible, à revoir depuis des lustres, La Traque était presque devenu un fantasme de cinéphiles bisseux avec les années, devant se satisfaire de copies dégueux piquées sur de vieilles VHS oubliées. L'aura d'un film français au casting 4 étoiles, mais profondément bis et qui en a traumatisé plus d'un. A la redécouverte, on ne peut qu'abonder : La Traque reste un film fort, et glaçant.

Cinéaste très inégale mais quoi qu'il en soit constamment traversé par une vrai envie de faire un cinéma de genre engagé, investi, capturant la réalité pas toujours des plus glorieuses de nos chers contemporains, Serge Leroy aura connu ses petites gloires avec Le Mataf, Légitime violence ou Le 4ème Pouvoir (non on ne parlera pas de son purgatoire sur la série Pause Café) mais toujours malheureusement avec une réalisation un poil juste, manquant d'inspiration et d'impact. Bizarrement cette fonctionnalité de la grammaire de sa mise en scène, pour ne pas dire télévisée, sert à merveille ce qui est sans aucun doute son opus le plus marquant : La Traque. Une chronique ordinaire, voir débonnaire, d'une belle journée de chasse dans la campagne d'Alençon en compagnie de quelques petites notables locaux : le châtelain, le prochain député, l'avocat de la bande, les deux frangins rigolards au commerce florissant... Une coutume ancestrale comme disent les associations de chasseurs, qui débute par un bon petit verre, du jambon et quelques blagues bien grasses entre deux petits arrangements politiques. Sauf que la partie de campagne glisse rapidement vers le sordide lorsqu'elle croise la charmante citadine américaine, Mimsy Farmer tout en fragilité résignée, déchirante, victime d'un viol sauvage sous le regard complaisant de témoins avides.

 

Le bon et le mauvais chasseur


Si celle-ci fini par abattre son bourreau ce n'est que par pur hasard. Si les autres décident de la poursuivre à travers bois et marais pour cacher leur crime, ce n'est que par pur lâcheté, et sans doute aussi pour répondre à des instincts moins avouables. Un pitch digne d'un rape & revenge ou d'un survival américain de seconde zone, mais dont l'une des première force est d'être incarnée à l'écran par un de très grands acteurs français, ici franchement fabuleux dans leur médiocrité : Jean-Luc Bideau (falot à souhait), Michael Lonsdale (insuportablement mielleux), Michel Constantin, Jean-Pierre Marielle (monstreux), Philippe Léotard (pathétique)... Les visages troubles, ambiguës, inquiétants et on ne peut plus hexagonaux de la connerie ordinaire (on pense souvent Dupont Lajoie d'Yves Boisset), mélange d'opportunisme, de misogynie, et de comportement minables on ne peut plus local. Et Serge Leroy va jusqu'au bout de sa démarche, sans humour ni complaisance, suivant cette poursuite inlassable d'un « gibier » innocent à travers des paysages automnales, froid, humides et sans espoir, comme dans un bon vieux reportage bucolique des diffusions tardives d'Histoires naturelles sur TF1. Un film particulièrement violent dans son étude de charactère trop humains, dans son intransigeance froide, qui laisse un goût douloureusement amer par son acte final aussi terrifiant que parfaitement amoral. Un grand film français, méchant et malheureusement clairvoyant.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
La découverte aujourd'hui de la nouvelle copie 4K produite par Le Chat qui fume risque d'être un sacré choc pour beaucoup. Une authentique petite merveille. Restauré de fond en comble à partir d'un nouveau scan du négatif original, admirablement réétalonné et subtilement stabilisé, le master impose une définition des plus pointues et rigoureuses délivrant un piqué totalement inédit, une légère profondeur et surtout des matières et reflets argentiques des plus cinématographiques. Tout en variations de brun et marron, la photographie est restituée avec la ferveur et la crudité nécessaire, sans manipulation excessives. Parfait.

 


Son :
Simple DTS Master Audio mono pour la version originale (oui française) d'origine. Pas besoin de plus tant la piste a été soigneusement restaurée elle aussi. Les dialogues sont clairs, les bruitages bien placés, sans aucune perdition ou fluctuation gênante.

 


Interactivité :
Edition limité à 1000 exemplaire sous sa forme digipack cartonné et double format (UHD et Bluray), La Traque est accompagné de quelques petits suppléments non négligeables. Ils ne sont disponibles que sur le Bluray, l'UHD ne comportant que le film, sans même de menu introductif.
Des documents d'archive tout d'abord avec tout de même un vrai reportage télévisé d'époque sur les lieux de tournage (en fait la scène finale) avec quelques interventions du réalisateur, de Michel Constantin et Mimsy Farmer. C'est cette dernière qui est à nouveau à l'honneur avec une autre interview diffusée sur la télévision belge lors du passage du film en début de soirée. On peut être surpris parfois par le ton mielleux du journaliste, mais les réponses de l'actrice en révèlent beaucoup sur sa vision de son métier et de son art.
Document produit par Le Chat qui fume, la rencontre avec l'inénarrable Jean-Luc Bideau vaut elle aussi largement le détour. La langue de bois ce n'est pas vraiment son truc et après une brève évocation de ses débuts il se remémore un tournage à l'ambiance un peu étrange, pris en otage (comme le film...) par la personnalité écrasante de Jean-Pierre Marielle.

Liste des bonus : Sur le tournage de La Traque, avec Mimsy Farmer, Michel Constantin et Serge Leroy (10 min), Interview d'époque de Mimsy Farmer (11 min), Le chasseur, avec Jean-Luc Bideau (17 min), Film annonce d'origine

 
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