SPIRITS OF THE AIR, GREMLINS OF THE CLOUDS
Australie - 1989
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Fantastique
Réalisateur : Alex Proyas
Musique : Peter Miller
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 96 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 26 novembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Felix Crabtree et sa sœur Betty vivent en autarcie dans le désert australien. Leur solitude est rompue un beau jour par l'arrivée d'un étranger au passé trouble, Smith. Celui-ci cherche à rallier le nord du pays, alors que trois hommes semblent à ses trousses. Parce que des falaises infranchissables attendent Smith dans son futur périple, Felix promet de l'aider s'il parvient à parachever un vieux rêve : la construction d'une machine volante…
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Horizons lointains

Aujourd'hui boudé par ceux qui étaient même ses plus fidèles supporters, Alex Proyas est passé de nouvelle espoir du cinéma dans les années 90 à une place assez injuste d'has-been du divertissement kitch. On ne refera pas ici la défense des commandes I Robot, Prédictions et Gods of Egypt, mais l'opportunité faite par la diffusion très tardive en France de son premier film permet d'une certaine manière de remettre quelques pendules à l'heure.

​Rapidement enfermé dans une case qui répondrait au « comic-book gothique » symbolisé par The Crow et Dark City (ses deux chefs-d'œuvre soit), le cinéma d'Alex Proyas a toujours été loin de ne se résumer qu'à cela. L'énergique chronique musicale de Garage Days (opus australien inédit en France là aussi) et surtout le premier Spirits of the Air, Gremlins of the Clouds donnent à voir un autre visage. Celui d'un metteur en scène, célébré pour ses clips MTV et ses pubs léchées, qui travaille dans son pays d'origine un cinéma beaucoup plus personnel, intimiste et expérimental. Cela ne veut pas dire austère loin de là. Essentiellement financé par ses propres économies à la fin des années 80, Spirits of the Air fait partie de ces projets dont la faim créatrice, le besoin d'explorer et de construire frappe comme une évidence à chaque plan. Baigné dans des mélodies planantes et presque conceptuelles signées Peter Miller (aujourd'hui plutôt connu comme sound designer), l'objet est une nouvelle vision d'un post-apocalyptique à l'australienne. Le paysage infini et incroyablement plat où apparaissent quelques silhouettes, l'opposition constante entre l'ocre du sol et le bleu éclatant du ciel, le vent qui vient frapper quelques restes d'une civilisation réduite à des épaves mécaniques plantées dans le sol ou des crucifix érigés à un dieux perdu...

 

Ces merveilleux fous volants


La réalité du continent offre de belles bases, comme l'a prouvé la saga Mad Max, mais Proyas la sculpte plus encore cristallisant une photographie d'une richesse époustouflante, et retrouvant par ses élans westerns et la minutie maniaque de ses cadrages au format 4/3, l'orfèvrerie des meilleurs opus de John Ford. Là où d'autres pouvaient emballer ce type de démarche dans une surabondance d'effets (montage, surimpressions, déformations...), ici c'est pourtant la fluidité, une certaine simplicité, qui permet d'approcher une grande pureté des lignes et des matières, tout en laissant l'espace à ses trois personnages d'évoluer et de cultiver leurs bizarreries. Il est bien question d'un ailleurs, de traverser sur un engin volant des montagnes inaccessibles pour atteindre un paradis perdu façon Waterworld, mais les échanges redondants, appuyés sur une symbolique presque naïve autour de l'imagerie du mal, est surtout un moyen d'étudier les errances de trois êtres déphasés, figurines lynchiennes, maladroites et dérangées, qui malgré l'onirisme et les envolées lyriques resteront vissées a leurs propres trajectoires. Le frère et la sœur répéteront leur statu quo autarcique dans leurs cabane de bric-et-de-broc et le visiteur solitaire reprendra sa route. Hermétique parfois, mais toujours fascinant Spirits of the Air, Gremlins of the Clouds était un premier essai plus que prometteur où le génie visuel d'Alex Proyas était déjà un évidence.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Absolument sublime. Restauré en Australie par Umbrella Entertainment sous la supervision du réalisateur le film a largement profité de son nouveau scan 2K du négatif 16mm pour retrouver une nouvelle jeunesse, voir même une renaissance. L'esthétique tranchée et contrastée impose une précision de tous les instants avec des profondeurs renversantes et des lumières puissantes et subtiles. Les cadres désormais virginaux (à une ou deux mini traces prêts) permettent en outre l'éclosion d'une matière généreuse et harmonieuse, entre doux reflets argentiques et grain de pellicule aussi marqué que naturel.

 


Son :
Selon certaines sources le mix 5.1 présent sur l'édition australienne n'aurait pas convaincu tout le monde. Sans doute est-ce pour cela que Le Chat qui fume ne propose ici que la version originale (le film n'a bien entendu jamais été doublé) dans une stéréo d'origine retranscrite sur une piste DTS HD Master Audio 2.0 du meilleur effet. Si la source est donc frontale, elle n'empêche pas la naissance de belles ambiances entre bruitages et nappes mélodiques composées par Peter Miller, et une clarté idéale des dialogues.

 


Interactivité :
Film totalement inédit en France, Spirits of the Air, Gremlins of the Clouds, nous parvient donc finalement directement sous la forme d'une belle édition Bluray sous fourreau cartonné limitée à 1000 exemplaires. Un titre pas forcément des plus faciles à commercialiser chez nous, ce qui explique peut-être la disparition des deux commentaires audio et du making of de l'édition australienne (eh oui les bonus ont un coût). Reste cependant deux interviews des interprètes. Celle de Rhys Davis est la plus courte mais permet tout de même l'actrice d'évoquer ses débuts dans Le Drive in de l'enfer, l'aura du film et un crane de chameau ramené en fin de tournage. Bien plus longue, l'intervention de Michael Lake se ballade entre ses multiples carrières, ses anecdotes truculentes et ses multiples expériences avec le copain Proyas dont bien entendu un long moment consacré au film en question. Un personnage vraiment très sympathique.

Liste des bonus : Interview de l'actrice Rhys Davis (8 min), Interview de l'acteur Michael Lake (37mn), Film annonce.

 
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