TOBROUK, COMMANDO POUR L’ENFER
Tobruk - Etats-Unis - 1967
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Genre : Guerre
Réalisateur : Arthur Hiller
Musique : Bronislaw Kaper
Image : 2.35 16/9
Son : Français & Anglais DTS-HD Master Audio 2.0 Mono
Sous-titre : Français
Durée : 145 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 26 janvier 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Septembre 1942, sur le front nord-africain. Les alliés montent une opération secrète pour détruire les réserves de carburant des nazis à Tobrouk, en Lybie. Avec l’aide du major Craig, un officier canadien, et d’espions juifs allemands, ils doivent traverser près de 1000 km de désert …
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Il était une fois en libye

Dans le courant des années 60 et sous l'influence du cinéma européen, le film de guerre hollywoodien abandonne progressivement ses réflexes de propagande et son manichéisme pour mettre en scène des anti-héros aux motivations nettement moins patriotiques. Quatre mois avant Robert Aldrich et ses mythiques Douze Salopards, Tobrouk, commando pour l'enfer sonne la charge d'un renouveau du genre. Fut-il, pour cette occasion, assez modeste.

Entre les libertés de ton de la Nouvelle Vague française, le basculement du western et de sa glorieuse conquête de l'Ouest en faveur de l'individualisme forcené de pistoleros prêt à se vendre aux plus offrants (Les Sept Mercenaires puis la trilogie du Dollar de Sergio Leone), la révolution sexuelle, la lutte pour les droits civiques et l'impopularité grandissante des conflits qui éclatent un peu partout dans le monde (Guerre d'Algérie, Guerre du Vietnam), les années 60 imposent à Hollywood une transformation profonde de ses valeurs et la mise au placard progressive des icônes des années 40 et 50. Après nous avoir vendu un modèle de civilisation, l'usine à rêves en amorce la critique. Avec une férocité grandissante.
Tobrouk, commando pour l'enfer naît de l'imagination de Leo V. Gordon, acteur spécialisé dans les seconds rôles patibulaires en raison d'un physique de brute taillée dans le roc. Mais le bonhomme est surtout un passionné d'Histoire et sa plume, érudite et acérée, se taille une réputation grandissante, notamment au petit écran avec une poignée de script pour la série Maverick. Avec Tobrouk, il revisite l'opération Agreement, authentique échec militaire des Alliés qu'il transforme en victoire sur le fil et s'intéresse à l'engagement de combattants juifs allemands dans un conflit où l'antisémitisme et la méfiance rendait la coopération plus que délicate.

 

Inglorious basterds


Bien que découlant de la gourmandise immodérée d'Hollywood pour les happy ends, le révisionnisme de Tobrouk n'est en réalité qu'une bien maigre concession dans un film où la menace provient autant de l'extérieur (les patrouilles des forces de l'Axe et l'opportunisme des tribus berbères) que de l'intérieur (insultes, insubordinations et double-jeu). Le scénario de Gordon ne manque pas d'habileté dans sa description des relations entre les hommes du SIG (Special Interrogation Group), des commandos de juifs allemands volontaires venus de Palestine, et l'armée de Sa Majesté, la méfiance et le mépris des seconds donnant du grain à moudre aux aspirations sionistes des premiers. Les échanges tendus entre un Nigel Green au flegme hautain et un George Peppard impassible et ironique donnent au film quelques-uns de ses meilleurs moments. Et le plus souvent au détriment de Rock Hudson, presque en retrait d'un film dont il censé être la star et qu'il aura imposé à la Universal en remettant en cause son contrat. Qui a dit que les stars ne savaient pas faire preuve d'humilité ?
Prometteur sur le papier, Tobrouk souffre pourtant de la mise en image souvent mollassonne du cinéaste canadien Arthur Hiller, plus porté sur la comédie et le drame en intérieur cosy que sur les virées de baroudeurs dans le désert libyen. Routinier, le premier acte cède la place à un gros ventre mou tout juste sauvé par un casting impliqué et des enjeux complexes. Il faut en fait attendre le climax pour que le film décolle réellement et enchaîne les morceaux de bravoure bad ass. Armé d'un lance-flamme, George Peppard crame du nazi avec une frénésie teinté de sadisme et Quentin Tarantino saura s'en souvenir pour certaines scènes avec Leonardo di Caprio dans Once Upon A Time in Hollywood. Digne jusqu'au bout de ses moustaches, Nigel Green emporte dans la mort un traître à la solde des SS. Enfin, aux commandes d'un char Panzer, Rock Hudson et les survivants de son commando font exploser des citernes géantes de gasoil dans un déluge de flammes et d'explosions spectaculaires. L'honneur est sauf.

Alan Wilson






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Image :
Fourmillement, grain parfois excessif, piqué inégal et une poignée de plans abîmés attaquent mais ne font pas sombrer une copie vaillante à la compression aussi robuste qu'une colonne de blindés teutons. On retrouve ici le master daté mais néanmoins efficace de la galette américaine de chez Kino Lorber.

 


Son :
Savoureux, le doublage français ignore malheureusement le jeu sur les accents du casting et la stéréo parfois surprenante de la version originale. Le festival pyrotechnique de la dernière demi-heure y est plus immersif, toutes proportions gardées.

Liste des bonus : Bande-annonce, Galerie de photos.

 
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