LE MOUTON à CINQ PATTES
France - 1954
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Image de « Le Mouton à cinq pattes »
Genre : Comédie
Réalisateur : Henri Verneuil
Musique : Georges Van Parys
Image : 1.33 4/3
Son : Français DTS-HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français pours sourds et malentendants
Durée : 104 minutes
Distributeur : Coin de Mire
Date de sortie : 4 décembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Mouton à cinq pattes »
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LE PITCH
Le petit village de Trézignan a connu, voici quarante ans, une grande prospérité lors de la naissance des quintuplés Saint-Forget. Depuis, le temps a passé et le commerce trézignanais a périclité. Le conseil municipal forme un projet qui doit redonner à Trézignan son lustre et sa notoriété : réunir au village les cinq frères, en donnant à cet événement toute la publicité qu’il convient. Le docteur qui mit jadis au monde les quintuplés, est chargé de les rechercher de par l...
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Tondu pour l'hivers

Selon l'expression commune, un mouton à cinq pattes est une personne rare ou très difficile à trouver. Le cas peut s'appliquer également au cinéma. Non pas que les comédies comme celle-ci soient rares à l'époque, bien au contraire, mais dans le contexte actuel, il est de bon ton de les rechercher pour se changer les idées et éviter les Xanax.

On ne reviendra pas sur la carrière d'Henri Verneuil ni sur celle de Fernandel tant celles-ci font partie intégrante de notre background cinématographique et culturel. Mais que serait la carrière du réalisateur sans l'intervention de son interprète principal ? Le destin de l'un est intimement lié à celui de l'autre. Jeune réalisateur plein d'espoir venu tourner un documentaire sur la ville de Marseille, Verneuil est vite pris sous l'aile paternaliste de Fernandel qui le prend rapidement en sympathie. Jouant les narrateurs pour son projet marseillais, l'acteur n'allait pas attendre longtemps pour lui donner sa chance sur le grand écran. Cette collaboration fructueuse passera par sept films en commun de La Table aux crevés à La Vache et le prisonnier en passant par ce Mouton à cinq pattes, petit délice acidulé de la comédie made in France.

 

Belle bête


Il faut dire que le film est un rôle en or pour Fernandel. Il s'offre par ce film l'exploit d'interpréter 6 rôles différents à l'écran ; celui d'un père et de ses cinq enfants, seul espoir de redorer le blason de la ville en faisant de la fratrie une attraction touristique. Le plaisir de l'acteur à interpréter ces différents personnages est palpable. Autant de rôles montrant ses multiples facettes de comédien. Plaisir décuplé par les nombreux scénaristes donnant vie aux quintuplés (parmi eux : Barjavel, Troyat, Verneuil...), chacun y insufflant une identité propre transcendant un film qui aurait pu s'apparenter aux films à sketchs en un long métrage parfaitement homogène. Le premier segment attire nettement l'attention de son metteur en scène par un face à face jubilatoire entre le vautour Louis de Funès rendant le pauvre Fernandel hypocondriaque par ses simples paroles. Une fois ce segment représentatif fait, Le Mouton à cinq pattes prend ses aises et permet par la même occasion à Henri Verneuil de s'essayer à des exercices de styles qu'il maîtrise à notre plus grande joie. Ce n'est pas parce qu'on l'est dans une comédie qu'il ne peut pas jouer du suspense. Aussi surprenant soit-il, celui-ci intervient dix minutes durant autour d'une mouche. Oui, une mouche. Maintenir un climax là-dessus est un tour de force qu'il remporte haut la main. Mais que l'on ne s'y méprenne pas, nous sommes bien dans une comédie. Le film pousse son expérimentation encore plus loin en prenant directement à partie le spectateur lorsque Fernandel s'autoparodie en interprétant un curé en tout point conforme à l'un de ses dernier triomphe : Don Camillo.

Film multiforme, ce mouton a plus d'un tour dans son sac. La combinaison des talents réunis pour l'occasion prouve une fois de plus que la comédie n'est plus à réhabiliter dans le paysage cinématographique français mais a bien à sa place auprès de genres plus sérieux ou honorables. Le public ne s'y est pas trompé et s'est déplacé en masse dans les salles obscures propulsant le film vers les sommets du box-office. Contre toute attente, surtout pour une comédie, Le Mouton à cinq pattes a fait son bonhomme de chemin allant jusqu'à représenter la France aux Oscars et y obtenir une nomination au meilleur scénario. C'est aussi ça la qualité française.

Cedric Lemaire







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Image :
Faut-il encore préciser la qualité de travail du catalogue Coin de Mire ? Le film bénéficie d'une restauration 4K tirée à partir du négatif original par TF1 Studio. Le résultat est impeccable, d'une grande justesse sans dénaturaliser les trucages de l'époque où plusieurs Fernandel se retrouvent à l'image.

 


Son :
Là aussi un travail considérable a été fait pour permettre d'apprécier le film dans des conditions optimales. Aucun souffle ne vient perturber la séance. Tout est net et l'envi de réécouter les performances de Fernandel ne font qu'augmenter le plaisir.

 


Interactivité :
Le Mouton cinq pattes est le premier Fernandel rejoindre la prestigieuse collection « La séance de l'éditeur. Bichonné avec amour le coffret se compose d'un livret reproduisant des documents d'époque de 24 pages, de 10 reproductions de photos d'exploitations (15 x 12 cm) ainsi que de la reproduction de l'affiche d'époque (29 x 21,5 cm). Du coté de l'interactivité à proprement parler, nous retrouvons les actualités d'époque (avec un tout jeune François Mitterrand à l'âge où il avait des cheveux) ainsi que les réclames croustillantes de l'année 1954.

Liste des bonus : La séance complète avec actualités Pathé, réclames publicitaires et bandes-annonces d'époque, un livret reproduisant des documents d'époque (24 pages), 10 reproductions de photos d'exploitations (14,5 x 11,5 cm), la reproduction de l'affiche d'époque (29 x 23 cm).

 
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