VIRUS CANNIBALE
Virus - Italie, Espagne - 1980
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Virus Cannibale »
Genre : Horreur
Réalisateur : Bruno Mattei
Musique : Goblin
Image : 1.85 16/9
Son : Italien et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 99 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 12 décembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Virus Cannibale »
portoflio
LE PITCH
Nouvelle-Guinée. Un accident à l’intérieur de ce qui ressemble à une centrale nucléaire, transforme les employés et les habitants de la région en monstres cannibales. Contaminés par un virus fabriqué en laboratoire dans le but de régler le problème de surpopulation de la planète, les morts-vivants se jettent sur les soldats du commando d’élite envoyé par le gouvernement. Rapidement, la situation devient incontrôlable et l’horrible contagion se répand dangereusement…
Partagez sur :
Covid 1980

Grand classique de l'exploitation VHS et des fonds de catalogues honteux des videoclubs de quartier, l'ex L'Enfer des morts-vivants, plus connu sous la promesse de Virus Cannibale est aujourd'hui établi comme un véritable film culte, un summum du nanar réjouissant, symbole d'un cinéma bis italien qui ne connaissait plus de limites.

Si aujourd'hui Bruno Mattei a une petite armée de fans, de cinéphiles défenseurs ce n'est pas forcément que pour de très bonnes raisons. Artisan parmi d'autre apparu à l'âge d'or du cinéma populaire italien et ayant traversé toutes ses vivacités jusqu'à livrer quelques films morts-vivants (double sens) jusque dans les années 2000, Mattei n'a semble-t-il jamais eu la prétention comme nombre de ses collègues de laisser son emprunte dans le cinéma de genre. Artisan par excellence, technicien chevronné s'effaçant volontiers derrière une armée de pseudonyme, Mattei s'est pourtant extrait de l'oubli par sa capacité à livrer des films totalement autres, hors-normes et absolument foireux. Sans doute parce qu'il pousse la logique Ran Xerox de ses collègues aux limites de l'entendement, sans honte ni retenue. Et Virus Cannibale en impose certainement avec sa multitude d'emprunts au Zombie de George A. Romero et à L'Enfer des zombies de Lucio Fulci (pour qui il achèvera anonymement le terrible Zombi 3), piochant l'intégralité de sa bande-sonores dans les derniers succès du groupe Goblin (Contamination, Blue Holocauste...) dont bien entendu le mémorable thème apocalyptique de Zombie, usé ici juqu'à la lie. Hommage ou pompage éhonté ? On ne saurait dire. Mais quand en plus dans ce marasme le bougre transforme sa traversée survivaliste en excroissance malade des bon vieux mondo et des films de cannibale façon Ruggero Deodato, il y a de quoi resté admiratif...

 

Une mission pour raoult


Enfin médusé surtout, lorsque pour transformer les campagnes italiennes et espagnoles en paysages de la Nouvelle Guinée promise, le cinéaste caviarde son montage de stock-shot animaliers (toucan, gerboise, singes... le tout au ralentis pour le bucolisme) et de séquences anthropologiques joyeusement piquées à La Vallée de Barbet Schroeder et L'Ile cannibale d'Akira Ide. Mattei ose tout et bricole un film aux airs de collage absurde, surréaliste et quasiment poétique. C'est la force d'un film comme Virus Cannibale, de constamment embarquer le malheureux spectateur vers des rives inattendues, improbables, provoquant cette hilarité dont on ne saura jamais si elle est complice ou involontaire. Comment résister quand lorsque pour traverser le territoire papoue notre héroine journaliste se fout à poil et se peinturlure le corps avant de trotter joyeusement sur le chemin ? Comment résister quand un mercenaire, en pleine exploration d'une demeure encerclée de zombie, se vêt d'un chapeau claque, d'une canne et d'un tutu vert et se met à chantonner Singing in the Rain ? Magique tout simplement.

D'autant plus étrange qu'à coté de cette naïveté de fête foraine, l'hystérie contagieuse des acteurs, les maquillages à moitié finis des morts-vivants, le métrage se voudrait presque d'un sérieux résistant, multipliant les prouesses méchamment gores (visage arraché de l'intérieur, tripailles à l'air, chairs dévorées plein cadre, cadavres purulant..) et les grandes vérités écologiques énoncées le regard à l'horizon, le ton pénétrant. Ouais ça dénonce à mort dans Virus Cannibale ! Et le doublage français de renchérir : « Bande de salauds ! On n'a pas le droit de tuer les autres... Et c'est pour ça que j'vous tuerai ! ». Décollage dans la stratosphère assuré.

Nathanaël Bouton-Drouard








Partagez sur :
 

Image :
Production aux airs de fond de catalogue, longtemps distribuée dans des copies biens craspecs et sans aucun respect pour l'immensité de l'œuvre, Virus Cannibale se pare désormais d'une jolie copie HD. De quoi lui redonner des couleurs bien chaudes, approfondir une définition bien marquée et ainsi révéler nombres de détails à peine décelables jusque-là (les zombies en sont encore plus touchants). Une restauration manifestement uniquement numérique mais qui reste plutôt solide et soignée, mais qui doit aussi composer avec les nombreux stockshots piqués à droite à gauche et faisant apparaitre des grains et formats totalement différents.

 


Son :
On ne vas pas tergiverser pendant des plombes, si effectivement la version italienne DTS HD Master Audio Mono est nettement plus claire, propre et (un poil) dynamique, c'est le doublage français, bien plus délirant, qui remporte les suffrages.

 


Interactivité :
Avec sa jolie jaquette qui pète, Virus Cannibale pourrait presque se donner des airs de grand classique du cinéma de zombie. Un joli écrin dans lequel on retrouve un petit livret reprenant une interview donnée par l'excellent Denis Didelot (le fanzine Videotopsie) pour la sortie de son monstrueux Bruno Mattei Itinéraires Bis. L'occasion de donner un petit éclairage supplémentaire sur le bouquin, mais aussi de découvrir le cinéaste par le biais d'un intervenant passionné et connaisseur qui sans gommer ses particularités lui offre une certaine poésie, voir une belle âme d'artisan. Plus frontale, et rigolarde forcément, l'intervention vidéo de Christophe Lemaire insiste plutôt sur l'aspect comique et improbable du film avec une petites sélection d'anecdotes d'un vieux routard de la critique bis. Ou comment découvrir qu'il existe un lien entre Virus Cannibale et la filmographie de Matthieu Kassovitz...

Liste des bonus : Interview de Christophe Lemaire, journaliste et cannibalophile (28'), Livret avec une interview de Denis Didelot pour son livre Bruno Mattei Itinéraires Bis.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021