GREENLAND, LE DERNIER REFUGE
Greenland - Etats-Unis - 2020
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Image de « Greenland, Le Dernier Refuge »
Genre : Catastrophe
Réalisateur : Ric Roman Waugh
Musique : David Buckley
Image : 2.35 16/9
Son : Français & Anglais DTS-HD Master Audio 7.1
Sous-titre : Français
Durée : 120 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 5 décembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Greenland, Le Dernier Refuge »
portoflio
LE PITCH
Les débris d'une comète provoquent une série de cataclysmes pouvant mener à l'extinction de toute vie sur Terre. Un couple dans la tourmente, les Garrity, est sélectionné pour rejoindre un abri au Groenland mais la route vers le salut est semée d'embûches …
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Reflets d'apocalypse

Dans un contexte sanitaire compliqué, le succès (tout relatif) de Greenland est une belle surprise. Imparfait mais sincère, le film de Ric Roman Waugh délaisse l'action et la destruction à grande échelle et privilégie le réalisme, l'émotion et le suspense. Un choix payant et qui permet à Gerard Butler de mettre entre parenthèse l'image de grosse brute monolithique qui lui colle de plus en plus à la peau.

C'est pourtant au sud-africain Neill Blomkamp que se destinait Greenland. Sortant de plusieurs projets avortés, le réalisateur de District 9 et d'Elysium espérait pouvoir diriger Chris Evans pour une sortie du film début 2019. Patatras, Blomkamp et l'interprète de Captain America jettent l'éponge avant même d'entrer en pré-production. Gerard Butler récupère le projet à la volée et engage son nouveau pote, le réalisateur Ric Roman Waugh. L'affaire est bouclée en un temps record avec un tournage d'un mois et demi à l'été 2019 à Atlanta. Le film est prêt pour début 2020 mais la pandémie de Covid-19 repousse ce blockbuster « modeste » (une enveloppe de 35 millions de dollars) à l'été. Greenland ne sort pas dans tous les pays mais se rembourse très vite et engrange même quelques bénéfices.
À voir le résultat, on est surpris de tant de retenue et - oui, osons le dire - de sensibilité de la part du tâcheron ayant commis La Chute du président, dernier volet en date d'une franchise ouvertement bas du front. Plutôt qu'Armageddon ou Geostorm (pour citer un autre film catastrophe avec Gerard Butler), le réalisateur préfère piocher son inspiration du côté de The Miracle Mile ou de Deep Impact, confrontant une famille sur le point d'imploser en raison des infidélités du père à une fin des temps imminente. Entre mélodrame et course contre la montre haletante, Ric Roman Waugh parvient à happer le spectateur assez tôt et à le jeter aux basques de personnages imparfaits mais s'accrochant à leur humanité en dépit du chaos ambiant. Aussi crédible que possible, le script de Chris Sparling évite les bondieuseries et les (très) grosses ficelles pour distiller les informations sur la menace au gré des rencontres et des rumeurs colportées par une humanité accrochées aux chaînes d'infos en continu et à son fil Twitter.

 

thérapie de couple


Très capable dans sa gestion du rythme et lorsqu'il s'agit de diriger ses acteurs et de braquer sa caméra sur leurs visages, le réalisateur l'est malheureusement beaucoup moins pour donner à son long-métrage une esthétique potable. Filmé dans un scope rarement exploité, avec une photo numérique dégueulasse et des CGI inégaux, Greenland ressemble trop souvent à un pauvre DTV « gonflé » pour une sortie cinéma. Mais c'est le prix qu'il faut payer pour voir l'écossais Gerard Butler redresser la barre après une enfilade pas très glorieuse de péloches tout juste comestibles.
On a tendance à l'oublier mais avant de foirer sa carrière post-300, Gerry « Leonidas »Butler était un talent prometteur. Charismatique et viril avec un jeu brut de décoffrage, on le voyait alors comme un héritier possible de feu son compatriote, Sir Sean Connery. Dans le sous-estimé Le Règne du feu, il s'offrait même le luxe d'exister et de voler quelques scènes au duo Christian Bale / Matthew McConaughey. Las, entre des comédies romantiques pas drôles, des vigilante flick bien bis (le rigolo Law Abiding Citizen) et quelques autres machins plus ou moins fréquentables, le bonhomme s'en est allé rejoindre le club des Bruce Willis et des Nicolas Cage, sa classe ne subsistant qu'au détour de pubs pour Hugo Boss. Triste.

Bouffi et vieilli, Butler accepte enfin de fendre l'armure et confère à John Garrity, héros improbable de Greenland, une image plus fragile, celle d'un père de famille aimant mais que les épreuves vont profondément marquer. On pense bien sûr au Tom Cruise de La Guerre des mondes version Spielberg mais la comparaison ne tourne pas forcément en défaveur de l'écossais qui porte le film sur ses épaules et retrouve un naturel trop longtemps mis de côté. Son couple avec la surprenante Morena Baccarin (bien mieux ici qu'à remuer du croupion dans un énième Deadpool) est souvent touchant et le voir se mesurer à Scott Glenn, parfait en vétéran du Vietnam tapant le carton avec ses potes dans son vieux ranch, en ajoute dans le capital sympathie d'une série B qui refuse de péter plus que haut que son cul et qui préfère viser le cœur.

Alan Wilson












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Image :
Tournage en haute définition oblige, la copie est immaculée, avec une profondeur de champ très appréciable et une compression en béton renforcé. Ce qui n'arrange pas forcément les incrustations numériques les plus douteuses mais les nombreuses scènes nocturnes y gagnent en lisibilité et la photo à dominante de couleurs chaudes s'offre un piqué redoutable.

 


Son :
Paisible dans un premier quart d'heure tout en ambiances feutrées, le mixage 7.1 explose et prend le spectateur par surprise à l'occasion d'une terrifiante onde de choc qui secoue tout un quartier en un éclair de secondes. Une alternance entre calme et fracas conditionne tout le reste du métrage et on se souviendra tout autant d'une pluie de météorites sur une autoroute embouteillée que des silences de Gerard Butler voyant sa vie défiler devant ses yeux.

Liste des bonus : bandes-annonces

 
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