ZONES HUMIDES
Feuchtgebiete - Allemagne - 2013
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Zones Humides »
Réalisateur : David Wnendt
Musique : Enis Rotthoff
Image : 2.35 16/9
Son : Allemand DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 105 minutes
Distributeur : Extralucid Films
Date de sortie : 14 décembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Zones Humides »
portoflio
LE PITCH
Helen est une adolescente non-conformiste qui entretient une relation conflictuelle avec ses parents. Passant la plupart de son temps à traîner avec son amie Corinna, avec qui elle transgresse un tabou social après l’autre, elle utilise le sexe comme un mode de rébellion et casse la morale bourgeoise conventionnelle. Après un accident de rasage intime, Helen se retrouve à l’hôpital où il ne lui faut pas longtemps pour faire des vagues. Mais elle y rencontre Robin, un infirmier dont e...
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La mécanique des fluides

Plus que remarqué lors de sa présentation à L'Étrange Festival en 2014 et forcément entouré de cette aura de scandale qui avait déjà accompagnée en Allemagne le roman de Charlotte Roche, Zones Humides ne serait-il pas finalement qu'une romcom vive et joyeuse... avec beaucoup de poils autour ?

Énorme succès d'édition dans son pays d'origine mais aussi déjà sujet à débats et à de vives critiques, le roman (publié en France en 2009 chez Anabet) avait forcément ces contours de l'œuvre qui cherche constamment à bousculer, à effriter les barrières de ses lecteurs afin de s'approcher au plus près d'une vision plus juste et franche de la féminité. Et de ce coté là, Charlotte Roche n'y allait pas par quatre chemins fouillant les recoins les moins hygiéniques du corps féminin et de sa sexualité. Il y était question de cunnilingus sanglant, de « goulash rectal » et d'une pizza remplaçant la biscotte dans une sordide humiliation en forme de légende urbaine. Cru pour le moins, subversif plus que révolutionnaire, Zones Humides ne demandait, malgré sa liberté de ton et sa frontalité, qu'à atterrir sur le grand écran pour mieux scruter justement ce reflet faussement trash. Ultra réaliste semblerait le thème le plus adéquate. Et d'une certaine façon, l'adaptation cinématographique signée par David Wnendt (Guerrière, Il est de retour) se montre presque plus pertinente encore dans sa manière de juxtaposer ces descriptions frontales et craspecs (on y parle de diarrhée, d'hémorroïde purulentes, de tampon échangés...) avec la fraicheur, voir la candeur, de Carla Juri.

 

Jeunes filles en fleur, et en bourgeons


Vue depuis dans Brimstone et Blade Runner 2049, l'actrice est une absolue révélation, dont la désinvolture, la simplicité et l'espièglerie, permet de faire passer toutes les horreurs comme une lettre à la poste. Il faut la voir se frotter lascivement les parties intimes contre une cuvette de toilette plus sordide encore que celle de Trainspotting, avec un sourire lumineux pour le croire ! Il n'y pas que les choix d'adaptation et la caméra souvent plus pudique du réalisateur (on dévoile tout mais on ne montre rien) qui adoucissent légèrement les excès les plus gerbant du roman, il y a surtout cette mise en valeur visuelle du corps d'Helen, jamais maquillée, couvert d'imperfections on ne peut plus naturelles, et de son érotisme tout personnel (un certain fétichisme pour les sécrétions et les noyaux d'avocat) qui fait finalement de Zones Humides un film aussi neuf que réjouissant, libre, et pour le moins prudes, véritablement érotique. Une rencontre inoubliable avec une jeune femme pleine de vie, d'envie, de besoins d'expérimentations et de reconnaissance qui va finalement jeter son dévolu sur un gentil et bel infirmier, dans un hôpital bien trop aseptisé et normalisé pour eux. Cadre idéal pour rencontrer le prince charmant mais aussi pour soigner une horrible fissure anale, dont l'origine (des hémorroïdes chroniques) et les syndromes ne font que révéler une blessure plus profonde, psychologique. Moins emballante, presque plus convenue, la seconde partie du film venant révéler plus avant les dysfonctionnements éducatifs des parents de la demoiselle et le poids implacable d'un trauma attendu, fendille d'ailleurs le portrait flashy-punk de l'héroïne pouvant faire passer sa rébellion comme une simple pathologie du refoulé. On préfère garder en tête le manifeste contre le glamour photoshopé et la dictature du corps normé, les élans irrévérencieux d'un féminisme nouvelle génération.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Tourné en numérique avec une camera Red Epic 5K Zones Humides s'impose aisément sur support Bluray avec ses couleurs vives et tranchées, ses matières fines et sa définition pointue. Absolument rien à redire, les cadres sont d'une netteté indéboulonnable et le piqué rigoureux permet d'apprécier tout les petites détails les plus appétissants du métrage...

 


Son :
Pas de doublage français existant (prouvant encore une fois qu'on est pas prêt de le voir sur TF1 celui-là), seule la version originale allemande est présente avec un DTS HD Master Audio 5.1 particulièrement dynamique. Les petites prouesses sont audible dès l'introduction avec cette plongée science-fictionnelle avec cette fameuse plongée dans le petit monde des bactéries, mais la piste saura tout aussi bien jouer sur des atmosphères plus discrètes et naturelles.

 


Interactivité :
Proposé dans un boîtier Amaray blanc on ne peut plus rétro (déjà ?), Zones Humides est accompagné avec un grand nombres d'items pour la plupart récoltés sur l'édition allemande. Un défilé de featurettes thématiques de quelques minutes à peine, de rapides échanges avec le réalisateur, les acteurs et d'autres membres de l'équipe dans quelques interviews promo, de bref coups d'œil sur les coulisses... On sera nettement plus intéressé par les deux conférences de presse qui là laisse beaucoup plus de place à une parole déliée, et permet aussi de voir les questions ou reproches étranges que l'équipe à pu subir lors de la sortie du film. Coté allemand, le segment le plus intéressant reste cependant le « Film Talk » réunissant le réalisateur, le producteur et la romancière Charlotte Roche, qui permet alors de revenir sur l'adaptation et les nuances apportées par l'œil de David Wnendt.
Et nos camarades d'Extralucid Films en ont profité pour inviter l'actrice / réalisatrice Ovidie, dont les affinités avec le sujet sont évidentes, dans une petite présentation où cette dernière se remémore sa découverte du film à L'étrange festival, son admiration pour celui-ci mais aussi son étonnemment quand à la reconnaissance tardive, et encore restreinte, du film, de l'actrice et du livre en France.

Liste des bonus : Entretien avec Ovidie (17'), Featurettes (23'), Interviews (20'), Scènes coupées (3'), Conférence de presse Locarno (17), Questions-réponses Soho House Berlin (9'), Film Talk 10'), Bande-annonce.

 
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