LOVE & PEACE
Japon - 2015
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Image de « Love & Peace »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Sono Sion
Musique : Yasuhiko Fukada
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 117 minutes
Distributeur : Spectrum Films
Date de sortie : 20 novembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Love & Peace »
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LE PITCH
Ryoichi, un employé de bureau, chanteur déchu, introverti et souffre-douleur, se prend d’une amitié démesurée pour une petite tortue qu’il nomme Pikadon. Sous la pression de ses collègues de bureau, Ryoichi l’abandonne. Pikadon se retrouve alors dans les égouts et rencontre un vieil homme qui donne aux jouets et animaux  la faculté de parler.
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Sentiments radioactifs

Enfant (vieillissant) terrible du cinéma japonais, Sono Sion est aussi l'un de ses artisans les plus productifs, presque aussi frénétique que le frère déviant Takeshi Miike. Une force de création qui donna même une année 2015 où pas moins de six long métrages et une série TV furent marqués de sa signature. Une année a marquer d'une pierre blanche puisqu'en plus de ce pari fructueux, elle vit aussi la naissance du très particulier Love & Peace.

Un film qui, comme son nom l'indique, s'éloigne fortement de sa violence habituelle, de son chaos nihiliste et de sa cible ado/adulte anar. Retrouvant un vieux script écrit dans les années 90, oublié dans un tiroir, Sono Sion signe là son premier film véritablement grand public, familial même, offrant un curieux, mais très naïf, conte de noël. Comme toujours avec le monsieur, il n'est d'ailleurs pas question de se restreindre puisqu'il sera bel et bien question, dans une pirouette bien casse-tronche, du Père Noël en personne. Un élément parmi d'autre, dans ce divertissement essentiellement joyeux, survolté et musical, qui semble emboîter plusieurs films en un seul. D'un coté l'ascension d'un jeune homme à la timidité maladive qui va devenir la nouvelle star de la J-pop. De l'autre un vieux clochard qui vit dans les égouts et sauve les jouets oubliés et leur offre le don de la vie. Et au milieu une adorable tortue qui par magie (et allégorie) va servir de muse à son maître, tout en devenant de plus en grande et embarrassante. Jeux hystériques et outrés, effets spéciaux très aléatoires, esthétique pop très marquée, trame chaotique à souhait, Love & Peace a effectivement les apparences premières d'un film pour enfant à la nippone, mais la personnalité atypique de Sono Sion vieille au grain et sous les bons sentiments se cache constamment une pointe de cruauté et de désespoir qui rappelle sans détour l'un des films préféré du cinéaste : Babe, un cochon dans la ville de George Miller.

 

La voix de la tortue


Un faux film familial là aussi, une autre chronique noire où l'apparition d'un sympathique animal permet de souligner sans fard les grands travers du monde moderne. Dans Love & Peace, entre deux chansons bien sucrées, il est bel et bien question du grand projet des Jeux Olympique 2020 censés permettre au pays de retrouver sa prospérité passée (l'ironie en est aujourd'hui plus frappante encore), d'une société de consommation produisant plus de déchets que d'amour, d'un monde du travail humiliant les faibles, d'un pays sans mémoire et d'une industrie de la musique vampirisant ses artistes et les transformants en pantin ridicules et vides. Fable artistique autant que charge politique, Love & Peace est comme souvent avec son créateur un film du trop plein, rempli jusqu'à la gueule d'idées, d'inspirations et d'orientations... Car il ne faut pas oublier que derrière tout ça, ce dernier est pour Sono Sion son film de monstre à la japonaise. Un keiju eiga qui réussit à rendre hommage en quelques lignes, en quelques scènes à l'historique complet de la célèbre tortue géante Gamera (de ses rapports psychiques aux humains à son imagerie de protecteur de la nature) culminant bien entendu dans une gigantesque séquence de tokusatsu orchestrée par le génie Kiyotaka Taguchi (responsable de deux énorme Godzilla des années 2000 et des dernières itération d'Ultraman). Le point d'orgue du film où la destruction de la ville devient une traversée victorieuse aux airs d'un hymne à la joie synthétisé et où les riches décors d'une ville miniature laissent place à un plateau géant du jeux de société Destin. Ahurissant, fascinant et assez génialement foutrak.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Tourné en numérique et avec des moyens techniques pas toujours à la hauteur des ambitions, Love & Peace profite cependant d'une superbe photo tout d'abord assez basique et ressemblant à nombre de productions japonaises, mais qui progressivement tire vers des teintes de plus en plus chaudes et enchantées. Un travail admirablement rendu par un master HD impeccable, pointu, proposant de superbes contrastes, des noirs ultra profonds, un piqué idéal et tout cela sans subir les petits défauts habituels du tout numérique (scintillements, artefacts...). Une réussite.

 


Son :
Que ce soit dans les quelques performances musicales et scénique, les grandes destructions de notre mignonne Pikadon ou les atmosphères féeriques des rues enneigées, le DTS HD Master Audio 5.1 est une excellente surprise qui développe une très belle dynamique, abondante et enveloppante.

 


Interactivité :

Impossible une nouvelle fois de ne pas parler du travail visuel effectué sur le boîtier du film. Si le fourreau contient à l'intérieur un simple boîtier amaray, le fourreau et la jaquette, aguiche d'emblée grâce à un design épurée et un superbe visuel qui dépasse toutes les affiches produites pour la distribution du film.
Passons maintenant au programme proprement dit dont les intervention sont peut-être un peu plus courtes qu'à l'accoutumée chez Spectrum Films, mais toujours aussi intéressantes avec une présentation très informée du film par Constant Voisin, et une évocation du keiju eiga et des tortues géantes par le spécialiste Fabien Mauro. Ils sont accompagné par un hôte de choix, en l'occurrence Sono Sion en personne, dans une interview des plus dépouillées, mais dans laquelle il raconte avec simplicité la naissance du projet, ses petites années de gestations, sa participation à la musique et les thématiques explorées. A cela s'ajoute un making of d'une vingtaine de minutes entièrement consacré à la spectaculaire séquences finale, permettant ainsi de (re)découvrir les méthodes physiques très particulières et spectaculaires du tokusatsu.

Liste des bonus : Introduction au film par Sono Sion (7'), Présentation du film par Constant Voisin, auteur du livre Sono Sion et l'exercice du Chaos, Making of des effets spéciaux (20'), Les Tortues géantes dans le cinéma japonais par Fabien Mauro auteur du livre Kaiju, envahisseurs & Apocalypse et bande-annonce.

 
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