BLUEBIRD
A Bluebird in my Heart - France, Belgique - 2017
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Image de « Bluebird  »
Genre : Thriller
Réalisateur : Jérémy Guez
Musique : Séverin Favriau
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 89 minutes
Distributeur : The Jokers
Date de sortie : 16 décembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Bluebird  »
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LE PITCH
Danny, un ancien taulard aspirant à une vie tranquille en est brutalement extrait quand la fille de sa logeuse est victime d’une agression…
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Froide justice

Achevé en 2017, présenté à divers festivals dont celui de Baune en 2019 et malheureusement relégué à la case VOD et DTV à cause d'un certain COVID (son suivant Sons of Philadelphia est lui repoussé à l'année prochaine), le premier film de Jérémy Guez ne méritait certainement pas des débuts aussi difficiles. Perfectible bien entendu mais clairement motivé par une vrai passion pour le ciné, et de genre de préférence.

Le cinéma français a depuis longtemps l'habitude de refiler les clefs de sa production aux romanciers à succès, imaginant sans doute qu'un bon nom facilite les choses et surtout que l'écriture indique une capacité à mettre en scène, à gérer l'image. La réalité a souvent montré à quel points cette démarche était faussée. Mais avec le jeune Jérémy Guez (Paris la nuit, Le Dernier Tigre rouge...) les choses sont un peu différentes puisqu'il avoue clairement qu'il a tout d'abord envisagé l'écriture comme un simple moyen d'atteindre ses ambitions : faire du cinéma. Après une bonne dizaine de scénario plus ou moins efficaces mais jamais inintéressants (La Nuit a dévoré le monde, Burn Out, Lukas, L'Intervention ou La Terre et le sang) Il réussit justement à mettre suffisamment d'économie et de connexions de son coté pour faire le premier pas vers la production et la mise en scène proprement dite. Un galop d'essai en somme, avec une adaptation du roman L'Homme de plonge de Dannie M. Martin qui permet de se faire la main et de livrer une note d'intention avec un récit aux enjeux resserrés, aux zones géographiques limitées et aux nombre de personnages bien défini. Un microcosme un peu étrange quelque-part dans une ville de banlieue péri-urbaine belge dont personne semble pouvoir s'extraire malgré la proximité d'un aéroport bruyant. Un restaurant chinois, un hôtel / auberge familial réduit à quelques chambres, des terrais vagues et autres zones de stockages bétonnées, Bluebird se déroule dans un étrange no man's land qui vient souligner une réalité sociale peu reluisante et une austérité constante.

 

Tu ne tueras point


Au diapason, la construction du film est volontairement lente, contemplative et mélancolique et ne s'apparentant finalement aux fameux rape & revenge, ou aux films de vigilante américain, que pour mieux s'en détourner. Pourtant avec sa masse impressionnante, son visage presque minéral et son personnage d'ex-détenu en liberté surveillée, l'excellent Roland Møller (Valhalla, Atomic Blonde, A Second Chance...) a tout le charisme et la force pour incarner un Liam Neeson venu du froid. Mais il est ici essentiellement présenté comme un homme qui ne connaît pas les codes, souvent rude et dont surtout la tentative de sauvetage de la jeune fille agressée et sa vengeance expéditive ne va faire qu'aggraver les choses. Le cowboy a fait son temps. A vouloir sauver ses hôtes, c'est elles finalement, et surtout Clara (Lola De Lann vue dans Un Moment d'égarement) par sa quête d'un père de substitution, qui vont l'extraire de son impasse. La rencontre entre les deux personnages, et les deux acteurs au physique tellement contrastés, sauvent souvent le film de ses maladresses. Non pas d'une scène de nue très décriée mais pourtant tout à fait justifiée par la pudeur des personnages, mais d'une tension dramatique qui manque de corps. En faisant pas assez ressentir l'étau se resserrer lentement mais sûrement autour des personnages, Jérémy Guez fait alors de ses courtes et sèches scènes d'action des airs de démonstrations techniques là où on attend surtout un exutoire. La mise en scène est élégante, réfléchie et pensée, les emprunts métalliques à Melville et NWR révèlent clairement un homme de goût, mais il manque encore la confiance nécessaire pour mettre les mains plus généreusement dans le viscéral, la violence crue et les ténèbres de ses personnages. Cela nous aurait aussi sans doute éviter ce petit happy end gentiment pathos. Œuvre de jeunesse comme ont dit, mais les qualités de Jérémy Guez ne demandent qu'à mûrir.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Tourné en numérique, Bluebird apporte un master extrêmement pur et propre en format HD, avec surtout une imposante profondeur des noirs. Tout est parfaitement maîtrisé, des couleurs bleutées et orangées joliment dessinées, à la profondeur qui dans les séquences extérieures peut s'avérer très impressionnante. La définition est idéale avec un piqué assez costaud (même si certains plan sont d'origine assez doux) et une compression indéboulonnable.

 


Son :
Sans doute en prévision d'une diffusion télé, la version intégralement en français reste assez anecdotique voir dommageable dans son lissage des différentes langues utilisées par les personnages. La version originale alternant les dialogues en anglais (la majorité), français, danois et roumain (en tout cas d'Europe de l'est) creuse justement l'aspect cosmopolite du film. Et le mix proprement dit est une petite merveille avec une atmosphère savamment dosée et une dynamique constante, enveloppante (la pluie fait toujours sont petit effet) bien plus généreuse en effusion que l'action pure.

 


Interactivité :
En dehors d'une courte vidéo présentant l'actrice Lola Le Lann, la section bonus du Bluray est entièrement dédiée au réalisateur Jérémie Guez. Un jeune réalisateur qui prend un grand plaisir à faire le commentaire audio de son film, à évoquer sa cinéphilie, sa volonté farouche de devenir cinéaste, accompagnant son film de nombreux anecdotes, question techniques et esthétiques. Très agréable, et son interview qui suit, un peu trop cut parfois, en est une version condensée pour les plus pressés.

Liste des bonus : Commentaire audio de Jérémie Guez, « Du livre au film » : entretien avec Jérémie Guez (25'), Entretien avec Lola Le Lann (2')

 
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