OPéRATION K
Operazione Kappa: sparate a vista - Italie - 1971
Image plateforme « DVD »
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Genre : Policier
Réalisateur : Luigi Petrini
Image : 1.85 16/9
Son : Italien et français Dolby Digital 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 88 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 5 janvier 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Expulsé d’une fête mondaine pour avoir couché avec la fille des propriétaires, le jeune paumé Paolo rencontre Giovanni, le fils rebelle d’un professeur. Sous l’effet de la drogue, les deux amis violent Anna, la fiancée de Giovanni, et tuent la voisine qui voulait intervenir. En fuite, avec la police à leurs trousses, ils décident de prendre un restaurant en otage…
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Rebels whitout a cause

Distribué un temps en France sous la forme d'une VHS granuleuse avec un doublage catastrophique, comme n'importe-quel thriller transalpin, Opération K est un étrange film policier suivant, non sans une pointe de voyeurisme, la spirale autodestructrice de petits voyous prêts à toutes les extrémités pour avoir la sensation d'exister.

Symbole d'un pays au bord de l'implosion, les poliziottesco, ou polars à l'italienne, ont souvent flirté avec le thriller opaque, avec le film d'horreur brutal, avec la chronique amorale d'une jeunesse en déroute. Très marqué par la découverte de La Dernière maison sur la gauche de Wes Craven et la vague de rape & revenge plus ou moins sordide qui suivit, le cinéma de genre italien connu lui aussi ses calvaires insoutenables, ses violences incontrôlables et des vengeances tout aussi sanglantes. Mais ici le point de vue choisi n'est pas celui de la pauvre jeune fille, victime du viol inaugural, mais bien celui des deux paumés Paolo et Giovanni. Elle et sa voisine, violées et assassinées, seront laissées sur place, presque oubliées, alors que le film restera collé à la fuite des deux hommes. Presque l'histoire d'une rencontre entre deux mal-être, entre deux rejetés, qui peinent à trouver leur place dans la société italienne des années 70 marquée par une augmentation de la pauvreté, le contrôle du pays par une caste aisée et droitière et une violence finalement généralisée. Ils ne sont pas les moteurs de cette dégradation de la société, mais bien un triste symptôme qui ne fait que reproduire maladivement l'atmosphère écrasante et sordide qui les entoure. Il n'est pas anodin d'ailleurs que leur premier « haut fait », le double viol, ait été motivé comme une revanche après une panne sexuelle, diminuant finalement la seule posture qui leur reste : celle primaire de l'animal masculin, viril et brutal.

 

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Réalisateur franchement inconnu n'ayant manifestement pas vraiment marqué son époque avec des opus comme Les Chercheuses du plaisir, le film de boxe Ring ou le trip à paillette White Pop Jesus, Luigi Petrini frappe plutôt fort dans la première demi-heure du film en resserrant le drame sur une seule pièce, obligeant finalement le spectateur à assister aux déviances du « couple » et les humiliations qu'ils font subir aux deux femmes. Une ambiance poisseuse, gênante, qui installe un malaise d'autant plus frappant qu'ils semblent s'en tirer à bon compte. Malheureusement la suite d'Opération K, et son rattachement plus laborieux au film de prise d'otage façon Un Après-midi de chien, vient témoigner d'un réel essoufflement dans les intentions du metteur en scène, et dans ses capacités réelles. Retranchés sans réelle logique dans un restaurant au luxe très approximatif, les deux malandrins malmènent leurs captifs, en particulier les femmes forcément, mais restent finalement bien plus sages, ressemblant de plus en plus à deux enfants un peu perdus ayant fait une très grosse bêtise. La tension retombe légèrement, voir copieusement, carrément plombée par l'apparition d'un inspecteur plus concerné par ses week-ends en amoureux avec la donzelle qui l'attend en coulisses, qu'avec la grave situation qui pourrait tourner au carnage. Mal fagoté malgré un début prometteur, Opération K est un petit film malade qui se regarde sans déplaisir mais dont on peut comprendre aisément l'oubli relatif dans lequel il était tombé.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Restauré en 2k à partir du négatif en Italie, Opération K nous parvient uniquement en DVD et non en Bluray. Au vu de l'aspect un peu obscure du film et pas forcément incontournable, la sortie simple SD se comprend aisément. En l'état la copie à l'air effectivement d'excellente qualité avec des cadres particulièrement propres, des couleurs présentes et une définition idéale. On voit bien que parfois le DVD bataille pour retranscrire toutes les informations du master, mais on est clairement ici aux limites des capacités du support.

 


Son :
On préfèrera comme souvent la version italienne, certes à la post-synchronisation pas toujours égale (avec tout de même quelques voix qui manquent... étrange) autant pour sa propreté et sa clarté que pour sa qualité de jeu. Car le doublage français, manifestement produit à l'économie, est assez mauvais dans ses intentions et dans le choix de ses interprètes.

 


Interactivité :
5 ans après l'excellent Big Racket, Artus films étoffe enfin sa collection Polar à l'italienne avec Opération K (et aussi Société Anonyme Anti-Crime bientôt sur ce magnifique site) qui retrouve naturellement le joli packaging en Slim Digipack. Sur la galette proprement dite c'est Emmanuel Le Gagne (de Culturopoing) qui répond présent pour une présentation complète du film. Pas forcément évident d'ailleurs puisque le film n'est pas un chef d'œuvre et qu'aussi bien le réalisateur que les acteurs n'ont pas vraiment eu une carrière bien marquante.

Liste des bonus : Présentation du film par Emmanuel Le Gagne (22'), Diaporama d'affiches et de photos, Bande-annonce originale.

 
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