SPACKED OUT
無人駕駛 - Hong-Kong - 2000
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Spacked Out »
Genre : Drame
Réalisateur : Lawrence Ah-mon
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Cantonnais DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 94 minutes
Distributeur : Spectrum Films
Date de sortie : 29 octobre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Spacked Out »
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site officiel
LE PITCH
Quatre adolescentes rebelles issues de familles recomposées vivent dans la banlieue malfamée de Tuen Mun, oubliées par leur famille, l’école et la société. Elles passent leurs journées à sécher l’école, voler dans les magasins, traîner dans les karaokés, se défoncer, se mutiler et faire de la contrebande.
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Génération No Futur

Quel avenir pour une jeunesse livrée à elle-même dans un Hongkong en pleine rétrocession ? Entre rêves d'évasions lointaines et crudité de la dur réalité, Spacked Out dresse le portrait de quatre adolescentes un peu paumées, un peu bancales, un peu borderlines, mais où la cruauté, réaliste, n'empêche pas l'apparition d'une certaine poétique.

Produit par la société Milkyway du formaliste Johnny To et production Hongkongaise frappée du sceau (infamant?) de la catégorie III, surtout réservé aux films érotiques, ultra violent et gores, Spacked Out ne ressemble certainement pas aux attentes qu'il installe dans l'esprit du spectateur. Car s'il s'est effectivement retrouvé dans la case des films pour adultes aux contours douteux, c'est surtout par la volonté du réalisateur Lawrence Ah-mon de révéler le vrai visage des adolescents de son époque. Très loin de la comédie générationnelle, de la chronique romantique sucrée ou des postures célébrants la délinquance juvénile au ralentit, il se rapproche au plus près de ces quatre jeunes filles désœuvrées et restitue avec fermeté leur langage, leurs attitudes, leur camaraderie parfois vacharde et leurs expérimentations jamais très loin, forcément, de la mise en danger. Étonnant dès lors de voir dans un film chinois, d'autant plus encore aujourd'hui, ces demoiselles parler cul, évoquer leur vie sexuelle précoce pour des gosses de 13 ans, avoir une relation amoureuse homosexuelle, s'essayer à la drogue et aux petits trafics... Tout cela entre quelques prises de becs à coup de cutter entre bande et une pauvre demoiselle qui se scarifie en plein court.

 

Another in paradise


Un pendant HK du cinéma de Larry Clark mais avec une démarche formelle peut-être plus subtile, qui se donne tout d'abord des airs de chronique presque légère, évanescente, reprenant les codes du journal vidéo intime, éclaté, caméra à l'épaule, pour lentement glisser vers une structure plus stable, plus posée, mieux à même finalement de confronter le spectateur à l'ultime limite que les protagonistes menacent de franchir. Livrées à elles-même, sans véritable présence adulte responsable évoquée dans le film, elles vont finalement trouver leur propre équilibre seul après une nuit de débauche technoïte et un avortement mis en scène comme un cauchemar sordide qui met particulièrement mal à l'aise. Sans jugement mais avec une certaine tendresse Lawrence Ah-mon prend clairement parti pour ses personnages, à qui il est forcé de laisser les coudées franches pour mieux rappeler que l'adolescence est très souvent un chemin solitaire, loin de la société qui les juge. A ce titre, les contours du métrage, sa description d'une société elle même entre deux « âges », entre peinture d'un cadre scolaire vide et autoritaire, couloirs tentaculaires des fameuses galeries marchandes (voir Bio Zombie), éclairages artificielles, murs en béton fatigués et taudis de l'accumulation, donne certainement, comme à la petite bande, l'envie de s'échapper loin... Peut-être vers ce japon plus lumineux, où les attendent les cousines du Love & Pop d'Hideaki Anno, auquel Spacked Out fait parfois penser.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Inédit en France, du moins sans passer par les revendeurs imports d'un certain quartier parisien, Spacked Out nous parvient directement, grâce à Spectrum Films, par le biais d'une superbe copie restaurée. En dehors des quelques segments capturés en caméra « amateur » avec gros grain et trouble vidéo, le reste du métrage a été soigneusement nettoyé pour assurer des cadres parfaitement propres, des teintes biens vives et marquées et surtout un respect constant du grain de pellicule 16mm et des délicats reflets argentiques.

 


Son :

Même dans son traitement du son le film est à part par rapport au reste de la production hongkongaise. Le son a été manifestement pris sur le vif avec une frontalité sèche. Le Cantonnais DTS HD Master Audio 2.0 sent les échanges capturés dans leur jus, avec une clarté constante et sans aucun décrochage.

 


Interactivité :
Les habitués de cet éditeur devenu le dernier bastion d'une redécouverte du cinéma asiatique (hors simples nouveautés et classiques du patrimoine) retrouveront l'habituelle présentation d'Arnaud Lanuque toujours aussi efficace dans sa manière de resituer l'œuvre dans son contexte (ici le producteur, le réalisateur et les films sur les ados), mais qui se montre peut-être plus succinct que d'habitude. Sans doute aussi pour laisser la place aux deux invités. Julien Sévéon qui n'est jamais bien loin et qui revient sur la place très particulière du cinéaste dans le paysage cinématographique chinois, et Frédéric Monvoisin, Docteur en Cinéma. Ce dernier amorce une analyse particulièrement intéressante du film, revenant sur sa première approche difficile puis sur son dispositif de mise en scène habile et discret, avec l'apport d'une grille de lecture historique et politique en prime.

Et pour compléter ce trio de spécialistes, le réalisateur Lawrence Ah-mon est présent lui aussi avec une interview inédite lui permettant d'évoquer sa collaboration avec Johnny To, ses intentions premières et son intérêt jamais démenti pour les angles sociaux et son regard, récurent sur la jeunesse de son pays. Un programme bien complet.

Liste des bonus : Interview du réalisateur Lawrence Ah-mon, Présentation du film par Arnaud Lanuque, Spacked Out par Frédéric Monvoisin, Docteur en Cinéma, Lawrence Ah-Moon par Julien Sévéon, Bande-annonce.

 
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