DOCTEUR CYCLOPE
Dr. Cyclops - Etats-Unis - 1940
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Image de « Docteur Cyclope »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Ernest B. Schoedsack
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 77 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 26 octobre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Docteur Cyclope »
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LE PITCH
Dans la jungle amazonienne, le docteur Thorkel conduit des expériences incroyables : après des années de recherche, il arrive à réduire l’être humain à une taille minuscule. Quand un de ses confrères, le docteur Bulfinch, accompagné de son assistante Mary Robinson viennent lui rendre visite, Thorkel ne veut pas trop dévoiler ses conclusions…
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Sur la terre de polyphème

Trompeusement rangé dans les petites séries B du début des années 40, Docteur Cyclope fut pourtant, malgré son échec relatif en salle, une production coûteuse pour une Paramount qui cru bon de miser sur un certain Ernest B. Schoedsack, paternel de King Kong. Si le résultat n'est pas aussi révolutionnaire, il n'en est pas moins méritant.

Comme son camarade producteur Merian C. Cooper, présent ici une nouvelle fois en coulisses mais non crédité, Ernest B. Schoedsack s'est finalement fait dévorer par son grand singe, le classique absolue de 1933 ayant presque entièrement effacé des mémoires le reste de sa filmographie. Un duo d'authentiques aventuriers, d'explorateurs et de précurseurs (il faut impérativement lire le magnifique roman Kong de Michel Le Bris) qui après s'être illustré dans le film documentaire en scrutant les derniers mondes sauvages (L'Exode, Chang, Rango...) va s'efforcer d'en capturer la bestialité dans des fictions effectuant avec génie des parallèles entre le primitif enfouis et les ténèbres qui s'apprêtent à fondre sur le monde moderne. Chef d'œuvres totaux, Les Chasses du compte Zaroff et King Kong, tournés en parallèle et partiellement dans les mêmes décors, sont d'authentique cauchemars révélateurs des inquiétudes des années 30, autant que des bijoux indémodables du fantastique. Malheureusement les années qui suivent vont être beaucoup moins tendre pour Schoedsack, entre un Le Fils de Kong opportuniste et anecdotique, l'échec cuisant de Les Derniers jours de Pompéi et une poignée de série B passées inaperçues. Sept ans après King Kong, l'opportunité de Docteur Cyclope ne se refuse pas et ce, même si en dehors du pitch halléchant le scénario de Tom Kilpatrick ne fait pas de vague et que le casting de « héros » manque autant de charme que d'intensité. Un peu fade.

 

Géants


Peu importe, profitant d'un budget des plus confortables pour un film de science-fiction et de l'opportunité de travailler avec le tout récent système Technicolor, le metteur en scène apporte un soin maniaque aux sublimes effets spéciaux du film. Des techniques qu'il a largement déjà éprouvé avec Willis O'Brien sur King Kong, mais qui ici doivent composer avec des couleurs riches et précises qui ne pardonnent pas. L'utilisation d'écrans pour projeter les éléments à d'autres échelles, la reconstitution d'un décors géants ultra fouillés, quelques effets de transparences, de superpositions et une main géante articulée, font brillamment illusion et donne une prestance évidente à un métrage qui devance de 17 ans L'Homme qui rétrécit de Jack Arnold. Superbe photo, atmosphère sombre portée par une interprétation démentielle d'Albert Dekker (En Quatrième vitesse, La Horde sauvage) en savant fou mégalomane, des séquences à grand spectacle comme celle qui oppose les pauvres hères réduits à la taille de souris à un crocodile, Docteur Cyclope souffre certainement de son époque post Code Hays, ne pouvant se confronter aussi frontalement à l'obscurité et la violence de Zaroff et King Kong. Il en est pourtant un prolongement direct, faisant même office de croisement hasardeux par le biais de sa figure tutélaire. Géant écrasant les aventuriers de sa carrure imposante, les obligeants à retrouver leurs instincts de survie, il évoque autant Kong, que le prédateur inhumain Zaroff ramenant constamment ses invités au même rangs que du gibier ou des cobayes, effectuant un parallèle inconscient avec les horreurs de Mengele. Pas parfait soit, loin s'en faut, mais certainement pas un petit film d'exploitation comme les autres.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Ce fleuron du Technicolor n'avait finalement jamais été présenté dans des conditions de diffusions véritablement idéales, souvent relégué aux fonds de catalogues des éditeurs. Mais en ce début d'année 2020 Kino Lorber a investit dans une luxueuse et pointilleuse restauration de la copie avec un nouveau scan 4K à la définition renversante, apportant à la fois une précision totalement inédite pour le film et une reprise en main des couches de couleurs, désormais harmonieuses, riches et stables. Le rendu est splendide, désormais digne des grande productions hollywoodiennes du genre en HD.

 


Son :
Témoin de son époque, le mono d'origine (uniquement anglais) n'est forcément pas un déluge d'effets dynamique. Le film semble d'ailleurs parfois avoir été post-synchronisé par les acteurs et la piste se montre donc assez plate et légèrement distante. Elle est cependant très propre, bien restaurée et ne souffre plus de la moindre perdition ou saturation.

 


Interactivité :
Petite interactivité pour ce Docteur Cyclope qui se voit accompagné d'un court livret signé Alain Petit dans le boîtier, et d'une présentation sobre et carrée d'Eddy Moine sur le disque. Pas grand-chose de mieux d'ailleurs à noter sur le disque américain.

Liste des bonus : Un livret rédigé par Alain Petit (12 pages), Le film par Eddy Moine, Bande-annonce

 
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