L’HORRIBLE INVASION
Kingdom of the Spiders - Etats-Unis - 1977
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « L’Horrible invasion »
Genre : Horreur
Réalisateur : John « Bud » Cardos
Musique : Divers
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 97 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 3 novembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L’Horrible invasion »
portoflio
LE PITCH
Verde Valley, une petite communauté rurale d’Arizona où la vie s’écoule paisiblement. Ou, du moins, s’écoulait jusqu’à que des animaux ne meurent dans des circonstances étranges, victimes de doses massives de poison dont le vétérinaire Rack Hansen ne parvient pas à trouver l’origine. Quand il y réussit, avec l’aide de l’entomologiste Diane Ashley, il est trop tard. Des dizaines de milliers de mygales déferlent déjà sur la ville, rendues plus agressives encore par les p...
Partagez sur :
Araignée du midi, gros soucis

TPetite pélloche longtemps introuvable, L'Horrible invasion a su se forger par son absence une petite réputation culte auprès des amateurs de films de vilaines bébêtes poilues. De retour dans d'excellentes conditions de diffusion, cette série B assez modeste mais très sympathique s'apparente à un véritable cauchemar pour arachnophobes.

Dans la foulée d'un certain Les Dents de la mer, les prédateurs naturels de tous genres redeviennent un argument de taille pour le cinéma d'exploitation. Et les arachnides, après quelques belles prouesses dans les années 50, d'autant plus qu'elles sont toujours sources d'une phobie des plus répandus. S'efforçant sans doute de profiter là aussi de l'effet de mode et plus particulièrement du succès surprenant d'un certain L'Invasion des araignées géantes de Bill Rebane, Kingdom of the Spiders nous rejoue la carte de la lente mais inexorable conquête d'un petit village typiquement américain (on se croirait parfois dans un western) pour mieux faire frémir les campagnes. Légèrement moins restreint question budget que le précurseur, ou plus lucide quand aux capacité de la production, ce dernier n'opte cependant pas pour des araignées géantes venues de l'espace, mais pour d'authentiques tarentules... de belles tailles tout de même. Celles-ci s'en prendrait en effet à l'humanité à cause de son utilisation aveugle de pesticides et l'élimination progressive de son régime alimentaire. Un retour de bâton bien mérité pour un film frondeur et défenseur de la cause écologique ? Mmm, rien n'est moins sur puisque l'équipe n'hésita pas à faire venir près de 5000 araignées du Mexique et de les exposer à des conditions météorologiques peu adaptées... Avant des les recouvrir de neige carbonique, de les piétiner rageusement ou de leur rouler dessus sans état d'âme. En 1977 les règles et la morale concernant la cause animale n'étaient pas tout à fait les même.

 

six ou huit pattes ?


Il n'empêche que la présence constante de ces bestioles à l'écran, souvent en masse, grouillantes sur le sol, les murs et les acteurs, ajoute un réalisme intemporel au métrage et provoque quelques étranges sensations le long de l'épiderme des spectateurs. Des sensations d'autant plus présentes que le film s'en prend autant au bétail, qu'aux animaux de compagnie ou aux enfants si souvent protégés dans les productions américaines. Reprenant la formule consacrée de la lente exposition (quelques victimes de-ci de-là), laissant tranquillement William Shatner (plus proche de Hooker que de Star Trek) dragouiller, bedaine en avant, la gentille entomologiste, avant de passer vraiment aux chose sérieux et au massacre en règle entre scène de foule hystérique et un home invasion aux tendances apocalyptiques. L'Horrible invasion ne prétend pas inventer la toile, mais manie habilement son petit potentiel en s'inspirant sobrement du classique Les Oiseaux de Alfred Hitchcock, auquel le réalisateur John Cardos participa en gérant justement les volatiles. Pas forcément un grand cinéaste, ici sa mise en scène semble toujours trop sage, trop télé (il faut dire que les musiques piquées aux séries de l'époque n'aident pas), mais un féru artisan qui aura œuvré comme directeur de production sur des projets comme Nightmare in Wax, Amok l'homme à deux têtes ou Le Morts-vivant de Bob Clark avant de finir sa carrière comme simple conducteur sur Les Naufragés du lagon bleu. Dur. Parmi sa petite dizaine de réalisations toutes fauchées (Le Jour de la fin des temps, Les Bannis de Gor...), L'Horrible invasion reste sans conteste la plus célèbre et la plus efficace. Le sacrifice de ces pauvres araignées n'aura pas été totalement vain.

Nathanaël Bouton-Drouard






Partagez sur :
 

Image :
Déjà perceptible dans le précédent DVD du même éditeur, la copie de L'Horrible invasion a été entièrement et amoureusement restaurée. Les cadres sont d'une propreté remarquable et il ne reste que peu de traces visibles à l'écran, alors que le master retrouve une lumière chaude et implacable, des contrastes superbement dessinées et des couleurs bien vives (bizarrement Shatner semble un peu rougeaud par moment... mystère...). Difficile de savoir si la restauration a été uniquement numérique ou accompagnée de traitements chimique à la source, mais le résultat est là, cajolant au passage le grain de pellicule et la définition.

 


Son :
Si de la même façon les pistes sonores ont connu une remise en forme, elle est forcément moins spectaculaire à cause d'un mix d'origine très sobre, direct, télévisuel pour le moins. Reste que tout cela est clair et bien posé. Rien à redire.
A noter que le film avait été au départ diffusé en France dans une version tronquée. Le doublage français est donc partiel et laisse place à la vost à quelques occasions.

 


Interactivité :
Quelques années après un petit DVD, Sidonis remet le couvert. Passage à la HD donc, mais aussi à une édition beaucoup plus complète. On retrouve cependant en ouverture le sympathique petit documentaire mené par le trio Christophe Chamclaux, Marc Toullec, Linda Tahir Meriau qui évoque en plus du film en présence la pluspart des apparitions d'araignées dans le cinéma de genre.
Pour le reste l'éditeur français est allé cherché du coté de son homologue américain avec un commentaire audio un peu trop sobre laissant la parole au producteur et à l'actrice Tiffany Bolling. On retrouve cette dernière dans une petite interview supplémentaire, occasion de revenir à nouveau sur le tournage et le « personnage » William Shatner qui n'hésitait pas à lui faire du rentre-dedans alors que son épouse était sur le plateau. Captain Kirk en personne reprend le flambeau avec un entretien un poil plus long où le bonhomme prend manifestement beaucoup de plaisir à se souvenir de ce tournage très particulier et de quelques moments bien flippants où il devait s'empêcher de hurler comme une fillette pour préserver son image et sa virilité. Amusant.

Liste des bonus : Commentaire audio du producteur Igo Kantor et de l'actrice Tiffany Bolling, Interview de William Shatner (16'), Interview de Tiffany Bolling (9'), Les Petites bêtes qui montent (25').

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020