LA MAISON AUX SEPT PIGNONS
The House of the Seven Gables - Etats-Unis - 1940
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Genre : Drame
Réalisateur : Joe May
Musique : Frank Skinner
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 89 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 20 octobre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Maison aux sept pignons »
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LE PITCH
Salem, 1848. Voilà presque deux cents ans que la famille Pyncheon vit dans la Maison aux Sept Pignons, une grande demeure bâtit sur la propriété d’un homme condamné par leur aïeul pour sorcellerie. Or, depuis, une malédiction semble frapper ses membres.
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Les sorcières de salem

Si des années 20 aux années 60, Universal fut surtout pourvoyeur d'un cinéma d'horreur au bestiaire emprunté à la littérature gothique anglaise, le studio signa aussi de nombreux films s'en distinguant particulièrement mais malheureusement presque tombé totalement dans l'oubli. Jamais avare de bonnes idées, Rimini Editions nous en propose aujourd'hui certainement l'un des brillants dans une très belle version restaurée. L'occasion d'y croiser Vincent Price dans un de ses premiers rôles, sous la plume d'un des plus grands écrivains américains, et devant la caméra d'un des pionniers du cinéma allemand. Ca ne se refuse pas !

Au début des années 40, Universal cherche un second souffle. Dracula, Frankenstein, La Momie et autre Loup-garou commencent à se répéter. Il est donc peut être temps de proposer autre chose. Certainement dans l'intention de ne pas encore trop s'éloigner du gothique, décision est prise d'adapter un roman de Nathaniel Hawthorne : La Maison aux Sept Pignons. L'histoire d'une famille de Salem, les Pyncheon, poursuivit par une malédiction sanglante née après une condamnation pour sorcellerie. Un matériau de base idéal pour le studio qui va pourtant prendre des libertés avec le roman et transformer ses personnages et son intrigue plutôt sombre vers des territoires plus lumineux et largement plus romantiques.

 

frères de sang


Derrière la caméra, Joe May (Julius Otto Mandl), réalisateur d'origine autrichienne, pionnier du cinéma allemand (il donna même à Fritz Lang son premier travail de scénariste dans l'industrie). Le gage d'une réalisation classique et classieuse, superbement mise en lumière par Milton Krasner (qui travailla pour Mankiewicz sur Eve et même Ted Post sur Le Secret de la Planète des Singes) et formidablement bien rythmée et dirigée. Côté acteur, justement, le film profite d'un casting en béton armé : d'un côté George Sanders, parfait en avocat ambitieux, hautain et fier, qui atteint son objectif de devenir juge en faisant accuser son propre frère de la mort de leur père. Un personnage horrible, qui ne recule devant rien pour obtenir ce qu'il veut, à savoir la fameuse maison du titre qui, dit-on, abriterait au sein de mystérieux passages secrets toujours inexplorés, un fabuleux trésor. Face à lui, dans le rôle de son frère accusé et victime de sa vilenie, le jeune Vincent Price, encore vierge de toute peau horrifique qu'il revêtira plus tard et à de nombreuses reprises, pour la plus grande joie de ses fans. Un frère musicien, chanteur romantique et amoureux de sa cousine qu'il s'apprête d'ailleurs à épouser mais qui va bientôt croupir dans une prison pendant plus de vingt ans. Enfin, dans le rôle de la cousine, la magnifique Margaret Lindsay, qui étonnamment n'eut jamais de rôles à sa mesure et qui livre ici une prestation en deux temps (presque deux personnages) absolument parfaite. Un triangle non pas amoureux mais cimenté par l'avidité et la traîtrise et qui finira, comme de bien entendu, par la happy end qui pourra enfin donner libre court à la romance.

Si les incondionnels d'Hawthorne mangeront sûrement leur chapeau devant une oeuvre qui ne respecte que très rarement son matériau de base, les aficionados de la Universal et de ses beaux films en noir et blanc au parfum délicieusement suranné y trouveront à coup sûr leur compte.

Laurent Valentin






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Image :
Le film profite d'une très belle restauration que Rimini va chercher dans le catalogue des américains de Kino Lorber. Blancs rutilants, noirs profonds, contrastes saisissants. Bien sûr, la pellicule renvoie parfois, via quelques flous, grains et artefacts, aux affres du temps passé, mais 80 printemps après son clap de fin on peut parler sans peine d'un incroyable travail de restauration qui nous fait profiter de détails probablement passés inaperçus pour ceux qui avaient eu la chance de découvrir le film à l'époque.

 


Son :
Une unique piste en anglais et en mono pour l'occasion transformée en DTS-HD sur deux voies. Là aussi la restauration est de qualité, puisque les dialogues, à un ou deux petits passages près, sont parfaitement intelligibles et débarrassés des habituels chuintements ou grésillements souvent pénibles à l'oreille sur ce genre de films très âgés.

 


Interactivité :
Le commentaire audio présent sur la galette américaine disparaît et est remplacé chez nous par une analyse du roman et du film par Pascal Françaix (professeur en littérature classique américaine). Le spécialiste revient d'abord sur le genre « romance », qui mélangeait poésie et fantastique dans les œuvres d'Hawthorne mais aussi de Poe et Melville. Une sorte de prolongement du gothique qui sied à merveille à la ville natale d'Hawthorne, Salem. Françaix revient ensuite sur les liens, forts, qui existaient entre le roman et Hawthorne lui-même (le poids des ainés, la fameuse maison du film...) ainsi que sur les différences entre le film et le roman (adapté 9 fois!). Un entretien très dense, extrêmement intéressant, qui nous en apprend beaucoup et prolonge de la plus belle façon qui soit l'expérience du film.

Liste des bonus : le livret consacré à la production du film et au comédien George Sanders (28 pages), Présentation du roman de Nathaniel Hawthorne par Pascal Françaix (37').

 
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