LE CHEVALIER DU CHâTEAU MAUDIT
Il Cavaliere del castello maledetto - France, Italie - 1959
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Genre : Aventure
Réalisateur : Mario Costa
Musique : Michele Cozzoli
Image : 2.35 16/9
Son : Français & Italien Dolby Digital 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 79 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 3 novembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Neveu bâtard de la noblesse qui dirige Valgrande, Ugo de Collefeltro a fait jeter le duc Olivera dans un cachot et impose la tyrannie à ses sujets. Mais le chevalier noir, défenseur des opprimés mènent la révolte …
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Zorro des bois

Exhumant sans faillir les pépites oubliées du cinéma populaire, Artus Films agrandit sa collection « Chevalerie » avec ce film de Mario Costa, croisement efficace et affûté entre le mythe de Robin des Bois et celui de Zorro. Dégainez vos épées et enfourchez votre fidèle destrier, l'aventure se mène au galop !

Né en 1904 à Rome, Mario Costa est l'un de ces nombreux artisans qui, dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale, s'attachent à faire vivre et rayonner le cinéma transalpin au delà des frontières du pays. Il est à l'aise dans tous les genres, travaille vite et ne refuse rien. Le Chevalier du château maudit est d'ailleurs son 26ème long-métrage en tant que réalisateur et cela se ressent par une mise en image au professionnalisme inattaquable. Il ne suffit que d'une poignée de plans pour que le cinéaste mette en place son intrigue et les forces en présence. Le cinémascope lui permet d'opposer, avec un jeu très discret entre plongée et contre plongée, alignement de cavaliers et masse de paysans. L'irruption soudaine du chevalier noir et la mêlée qui s'ensuit remet tout le monde au même niveau pendant un temps avant que la déroute des soldats du perfide Ugone de Collefeltro ne donnent l'avantage aux paysans. Simple, net et sans bavures. La scène suivante nous transporte vers le grand méchant de l'histoire mais son apparition ne se fait qu'au terme d'une succession de rencontres : les habitants du château, les soldats, les dames et, enfin, les plus proches lieutenants d'Ugone. Le spectateur est invité à grimper les échelons de la vie sociale du château pour accéder au maître des lieux. Un usurpateur d'ailleurs, puisque le seigneur légitime est gardé dans une cellule secrète, non pas en dessous des quartiers d'Ugone mais de l'autre côté d'un mur. Un pouvoir parallèle. Là encore, simple, net et sans bavures.

 

"plus réussi sera le méchant..."


Parmi les trois noms qui signent le scénario, on retrouve ainsi celui de Sergio Corbucci. Sans doute est-ce à l'auteur de Django et du Grand Silence que l'on doit ce choix plutôt inhabituel de recentrer la narration autour du méchant de l'histoire. Interprété avec finesse, charisme et ce qu'il faut d'ambiguïté par l'excellent Massimo Serato, Ugone de Collefeltro est bien plus complexe que le félon de base. Complexé par ses origines familiales, intelligent, politiquement avisé, élégant, il ne pêche que par son refus de trancher entre deux femmes, celle qu'il aime et celle qui lui permettrait d'asseoir son pouvoir avec une vraie légitimité. Ce n'est pas la mégalomanie qui le motive mais une revanche personnelle qui ne trouve pas d'équilibre entre l'amour et la raison.
Alliée à une direction d'acteurs plutôt juste et un rythme soutenu (79 minutes, générique compris!), Le Chevalier du château maudit prouve donc sa singularité en laissant son héros masqué (ou plutôt, casqué) sur le bas côté. Il faut bien avouer que le mystère de son identité se devine très vite et que sa personnalité, empilement de clichés archi rebattus, n'est pas suffisamment développée pour que l'on puisse s'y attacher. Même constat pour les paysans et les personnages féminins. Seul se démarque le menaçant Livio Lorenzon en homme de main redoutable.

Mario Costa mène sa barque avec savoir-faire, ne lésine pas sur le spectacle et fait honneur au genre qu'il illustre. Pas de révolutions, pas de trahisons.

Alan Wilson






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Image :
Deux versions sonores, deux masters. La version originale italienne offre au regard un master propre à la colorimétrie plutôt vaillante mais qui souffre de bruit vidéo et d'une compression passable. Un résultat tout de même plus regardable que le master français flou et à la pellicule brûlée. Un peu dommage mais la rareté et le manque de moyens excusent la fragilité technique.

 


Son :
Nouvel avantage pour la version italienne, propre, sans une trace de souffle et avec un minimum de réverbération. Tout le contraire de la version française qui n'a pour elle qu'un doublage très réussi.

 


Interactivité :
Assez pauvre puisqu'un diaporama de photos (très jolies au demeurant) côtoie la bande-annonce d'époque. Rien de plus mais le digipack, sobre mais très réussi, prouve qu'un packaging soigné peut faire oublier bien des lacunes.

Liste des bonus : Diaporama de photos / Bande-annonce

 
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