L'OR NOIR DE L’OKLAHOMA
Oklahoma Crude - Etats-Unis - 1973
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Image de « L'Or noir de l’Oklahoma »
Genre : Drame, Western
Réalisateur : Stanley Kramer
Musique : Henri Mancini
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 112 minutes
Distributeur : BQHL
Date de sortie : 24 septembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L'Or noir de l’Oklahoma »
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LE PITCH
1913, au cœur des États-Unis. La ruée vers l’or faisant désormais partie de l’histoire, les Américains ne s’affrontent plus pour des pépites, mais pour un liquide visqueux issu du sous-sol : le pétrole. Tandis que, voraces, les grandes compagnies font main basse sur les plus petites, Lena Doyle défend âprement son puits, les armes à la main. Bientôt rejointe par ce père qu’elle a si longtemps rejeté, ainsi que par Mason, un aventurier, elle continue de tenir tête à Hellman...
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Code moral

Sûrement plus connu pour ses qualités de producteur que pour celles de réalisateur, Stanley Kramer n'a jamais recherché cette aura des Nabab aux gros cigares du système Hollywoodien. Cette renommée contrairement à certains, est loin d'être le moteur de sa vie. Son combat se situait ailleurs. Engagés et frondeurs, ses films devaient parler pour lui.

C'est en œuvrant principalement dans le milieu indépendant que le Stanley a pu s'exprimer dès le début de sa carrière. Quel studio aurait pu produire des films antiracistes dès la fin des années 40 (Je suis un négre) parler des traumatismes des soldats et de leurs difficultés à se réintégrer au retour de la seconde guerre mondiale (C'étaient des hommes révélant au passage Marlon Brando), relancer des metteurs en scène blacklistés (Edward Dmytryck et son formidable Homme à l'affut) ? Autant d'étapes provoquant le respect de la profession et l'engouement d'une partie du public. Combinaison parfaite lui permettant d'accéder à des projets de plus grande envergure sans pour autant vendre son âme au Diable. Les studios et les acteurs lui accordent leur confiance. S'ensuivent Le Train sifflera trois fois, La Chaîne, Jugement à Nuremberg, Devine qui vient Diner ? Une filmographie impressionnante et une bonne preuve que l'on peut concilier mainstream et convictions dans un cadre limité et bien souvent formaté. Le cinéma comme toute forme d'art a ce devoir non pas d'éduquer mais d'éveiller aux consciences. Kramer en a fait sa marque de fabrique.
Tourné dans une fin de carrière à la recherche d'un nouveau souffle, cet Or noir de l'Oklahoma s'inscrit pourtant dans cette continuité. Ici, point de racisme ou d'exclusion, cet opus penche sur l'éternel combat du David contre Goliath. Soit l'histoire d'une femme esseulée prête à tout pour conserver son forage pétrolier face à un consortium tout-puissant et tout permis.

 

Etat de siège


En réalisant son film d'un point de vue féminin, le réalisateur essaie de surfer comme souvent, sur les faits de société qui animent son pays. Cette période post soixante-huitarde a vu exploser les libertés de mœurs et la révolution sexuelle. Bien, mais un tant soit peu anachronique dans le sujet qui nous intéresse ici - le film se passant en 1913. Faye Dunaway, l'héroïne qui va s'ériger seule face aux industriels sans scrupules a beau jurer comme un charretier, se balader sans corset et parler de sa sexualité sans vergogne, nous gratifie d'un langage fleuri ; pas sûr que ses propos soient totalement gravés dans l'audace de l'époque ! Néanmoins ceux-ci offrent à son actrice un fabuleux duel face au bougon George C. Scott ravit de se confronter à cet humour décalé si loin de son registre habituel. Mais si le film peut surprendre sur ce point, il ne se limite pas à ces revendications opportunistes. Le spectateur est bien souvent pris à partie par le caractère viscéral de l'image.
Point d'hors champ pour exprimer les violences morales et physiques des protagonistes. Celles-ci se veulent frontales. Les exploitants mal attentionnés assiègent littéralement la concession d'une Dunaway perchée sur sa colline. Le film prend alors des allures guerrières. Une fusillade lorgne vers La Horde sauvage avec impacts de balles rendant jaloux Bonnie & Clyde et des explosions à profusion qui nous rappellent la guerre du Vietnam, toujours d'actualité. L'héroïne se fait passer à tabac par une meute d'hommes impassibles sans que la caméra ne s'en détourne. Osé, surtout pour l'époque !
Kramer ne se contente pas de donner des leçons. Il fait avant tout du cinéma et sait enrober son long-métrage d'un écrin de grande classe. Il confie sa photo au brillant Robert Surtees (Ben-Hur) qui signe là une composition de l'image sublime magnifiant les paysages en cinémascope par des clairs obscurs de toute beauté et sa musique à Henry Mancini. Sa partition s'exprime à la place des sentiments et accompagne les non-dits des protagonistes trop fiers de se les avouer.

A la croisée des genres et des époques, cet Or noir nous compte sous couverts de l'image les combats ordinaires. Ceux de la vie de tous les jours et des géants à affronter. Le résultat n'est pas forcément le plus important, car ce qui compte vraiment, c'est le combat à mener et l'espoir qu'il peut provoquer.

Cédric Lemaire





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Image :
Une image resplendissante rendant gloire à la pellicule 35 mm et à la formidable photo de Robert Sturtees. Les contrastes sont particulièrement soignés, les noirs bien travaillés et les couleurs vivaces. De quoi permettre de redécouvrir et de réévaluer ce film oublié.

 


Son :
Les ambiances sont mises à l'honneur par des pistes amples restituant parfaitement l'ampleur des chantiers pétroliers, la musique de Mancini ou du vent dans les décors désertiques. Rien d'extravagant mais du travail solide et bien immersif.

Liste des bonus : Aucun

 
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