LES CHARNELLES
France - 1974
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Genre : Drame, Erotique
Réalisateur : Claude Mulot
Musique : Eddie Vartan
Image : 1.85 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Aucun
Durée : 87 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 13 juillet 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Psychologiquement instable, perverti par sa belle-mère dans des jeux sexuels particulièrement troubles, Benoît Landrieux, jeune homme marginal vivant dans l’ombre de son riche industriel de père, est devenu un voyeur à l’adolescence. Seule sa déviance lui permet désormais de retrouver sa virilité. Sa rencontre avec Jean-Pierre et Isabelle, couple de paumés vivant de larcins, va l’entraîner dans une folle cavale marquée par des actes de violence de plus en plus graves, jusqu’à...
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Les impotents

Après La Rose écorchée et La Saignée et avant un futur coffret au contenu encore mystérieux, Le Chat qui fume poursuit son exploration de la filmographie enterrée de Claude Mulot avec Les Charnelles, étrange virée érotique malade, qui sent le glissement de terrain à venir vers le X inventif.

Un temps titré Émotions d'un garçon de bonnes familles, puis renommé Les Charnelles pour mieux se lover dans la masse de productions érotiques du cinéma français de ce début des années 70, l'opus est d'ailleurs le premier qu'il signe sous ce pseudonyme, Frederic Lansac, qui sera définitivement attaché aux classiques du porno que sont Le Sexe qui parle ou La Femme objet. Dans sa multiplication de longues scènes de sexe, encore softs mais sans détours non plus, et un séduisant casting féminin qui passe son temps à exposer poitrines et sexes poilus (les sexes pas les poitrines), Les Charnelles remplit docilement le cahiers des charges des pellicules polissonnes de son époque. Mais avec ce petit truc en plus des œuvrettes soignées, soit une caméra voluptueuse, des plans joliment construits, une sensualité bien présente et même quelques expérimentations, psychédéliques en l'occurrence, pas inintéressantes. Cependant, malgré le soin apporté à ces passages obligés, Claude Mulot ne caresse pas totalement le spectateur dans le sens du poil, préférant travailler un univers beaucoup moins libertaire qu'il n'y parait. En dehors du jeune couple formé par Jean-Pierre et Isabelle (la fameuse Anne Libert future égérie de Jesus Franco), la sexualité du film n'est pas vraiment des plus joyeuses et ni des plus réjouissantes.

 

Pulsions d'un mauvais garçon


Avec une petite pointe de misogynie, le réalisateur décrit une France où la libéralisation des mœurs s'est manifestement accompagnée d'un déséquilibre des sens. Les adolescentes font des concours qualitatifs. Un beau père adipeux viole sa fille. Une nymphomane se fait prendre en fil indienne par un gang de losers. Et Benoît (Francis Lemonnier collaborateur régulier de Mulot) figure centrale aux traits émaciés, manifestement écrasé par la figure paternelle et émasculé par une mère incestueuse, qui traîne son malaise, son impuissance sexuelle et ses accès de violence. Un personnage trouble, à la fois inquiétant et pathétique, qui emporte Les Charnelles vers le road movie décadent, enchaînant les coups foireux, les trahisons familiales, les tentatives de possessions sexuelles et les actes barbares de plus en plus incontrôlées. Comme un anti Les Valseuses (sorti la même année), c'est une spirale auto-destructrice qui porte encore la marque du réalisateur de La Saignée, autant dans son nihilisme que dans son évocation en arrière plan d'une opposition sociale infranchissable (Benoit comme sa mère instrumentalise les jeunes d'origines plus modestes). Faisant la transition entre les films dits traditionnels et une seconde partie de carrière bien plus torride, l'opus porte définitivement la marque d'un auteur désemparé devant l'échec de ses précédentes réalisations et conscient que quelque-chose est en train de lui échapper. Ce sera largement confirmé à la sortie de Les Charnelles, joli succès populaire soit, mais amputé d'une vingtaine de minutes puis classifié outrageusement comme une production X non pas pour des scènes de sexe hardcore mais pour la brutalité froide et ses contours dérangeants.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Nouvelles prouesses par Le Chat qui fume qui nous propose une copie somptueuse et soigneusement restaurée. Un travail effectué à partir d'un scan 4K du négatif original, et qui offre au film une netteté, une propreté et une stabilité tout bonnement inédite. Comme les récents Gwendolyne ou Les Week-ends maléfiques du comte Zaroff, l'éditeur séduit tout particulièrement par son respect total de l'œuvre, autant dans son grain de pellicule, présent et organique, que dans une colorimétrie chaude et délicate. Bien entendu la beauté de la chose est encore plus frappante avec le disque UHD qui renvoie certaines majors à leurs petits commerces.

 


Son :
Le même soin à inévitablement été apporté à la restauration de la bande sonore. Une source naturellement frontale, où parfois la post-synchronisation se fait sentir, mais qui reste sans accroc dans sa restitution des dialogues, et parfaitement limpide dès que la mélodie désespérée d'Eddie Vartan se fait entendre.

 


Interactivité :
Entendant bien révéler au monde tous les talents de Claude Mulot, Le Chat qui fume fournit, après La Rose écorchée et La Saignée, une superbe édition entièrement dédiée au cinéaste. Un fourreau toujours aussi réussi dans son esthétique sobre qui contient le disque UHD et un Bluray comportant en plus du film des interviews très intéressantes de l'actrice Anne Libert, du camarade Francis Mischkind, encore simple technicien sonore et du producteur Gérard Kikoïne grand manitou d'Alpha France. L'occasion de retracer dans la bonne humeur les petites carrières de chacun mais avec bien souvent un détour du coté de Mulot où le peut sentir l'émotion poindre et les gorges se nouer. Touchant pour le moins et vraiment éclairant sur la personnalité et la générosité de ce cinéaste « écorché ».

Pour les complétistes, la galette contient aussi deux petites scènes inédites servant surtout à compenser des coupes de scènes sexy, le générique avec son premier titre moins ouvertement commercial et un même un simple DVD. Celui-ci contient, sans menu ou chapitrage, l'avant dernier film de Claude Mulot, Black Venus, petite production érotique légèrement inspirée d'Honoré de Balzac. Des airs de productions pour les dernières heures du dimanche soir sur M6 (ça c'est une anecdotes pour les plus vieux), une copie fatiguée et un doublage mollasson n'en font certainement pas un chef d'œuvre, mais coûte que coûte on sent qu'une fois encore le metteur en scène tente de tirer le meilleur parti du peu à disposition. Une jolie actrice, Joséphine Jacqueline Jones, des scènes érotiques travaillées et un scénario encore présent en font un petit moment tout à fait honorable.

Liste des bonus : Interview Anne Libert (21 min), Interview Gérard Kikoïne (27 min), Interview Francis Mischkind (34 min), Piste musicale isolée, 2 scènes inédites (3 min30), Générique inédit (2 mn), Film Annonce, le film Black Venus de Claude Mulot (1983) en DVD.

 
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