THE DEMON INSIDE
The Assent - Israel, Royaume-Uni, Etats-Unis - 2019
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « The Demon Inside  »
Genre : Horreur
Réalisateur : Pearry Reginald Teo
Musique : Frederick Wiedmann
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 87 minutes
Distributeur : Blaq Out
Date de sortie : 21 octobre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Demon Inside  »
portoflio
LE PITCH
Après trois années passées en prison pour la mort d’un enfant lors d’une séance d’exorcisme, le Père Lambert cherche sa rédemption auprès de Joel, un jeune père de famille qui soupçonne son fils d’être possédé…
Partagez sur :
Sympathy for the demon

The Devil Inside... The Demon Inside... On ne sait pas où se cache le diable, mais une chose est sûre : il est à l'intérieur. C'est ce que tente de nous expliquer Pearry Reginald Teo, réalisateur de Sleeping Beauty et Ghosthunters en 2016 qui, avec The Demon Inside tente de faire du neuf avec le film de possession.

Le sous-genre du film de possession a autant de carburant dans le moteur que celui du zombie flick. Et les déclinaisons post L'Exorciste, qui doivent tout au chef d'œuvre traumatisant de William Friedkin ont tous (à quelques exceptions près...) 50 ans de retard. Sans compter une bonne grosse dose de talent et de pertinence en moins... L'avènement des produits vidéo à la pelle n'a rien arrangé à la donne, et c'est donc logiquement que débarquent de nouveaux rejetons tous plus à la ramasse les uns que les autres. Il est d'autant plus satisfaisant et surprenant de découvrir un film qui tente le pari (plus ou moins réussi) de se démarquer (partiellement) de l'éternel schéma établi depuis des décennies d'éructations et de lévitations maléfiques. The Demon Inside arrive en effet dans un contexte où l'on appréhende du coin de l'œil ces séries B horrifiques rabachant éternellement et sans inspiration la même rengaine. Mais surprise, le film de Pearry Reginald Teo, sans pouvoir prétendre révolutionner le genre, parvient sans y toucher à surprendre agréablement. Bien qu'on y retrouve un cas de possession chez un jeune garçon vivant seul avec son père, que l'éternel prêtre exorciste mis au banc de la société pour une séance ayant mal tournée intervient dans cette affaire, l'ensemble a déjà pour lui de s'inscrire dans un univers qui se démarque de l'apparente tranquillité réaliste dans lesquels tous les succédanés de possession s'engouffrent depuis toujours. Ici, pas de famille traditionnelle bien sous tout rapport (identification oblige) chez qui le démon vient frapper, mais une cellule familiale explosée (la mère est décédée) menée par un père au bout du rouleau, souffrant de schizophrénie et victime d'atroces visions, peinant à trouver du boulot et contraint de visiter une psy régulièrement pour ses fréquentes sautes de lucidité. Rien que le maintien de la garde de son fils semble relever du parcours du combattant et lui impose une rigueur administrative et sociale qui le dépassent. Interprété avec une belle conviction par Robert Kazinsky (Pacific Rim, Warcraft), le personnage est parcouru de fissures béantes posant d'emblée la question de sa santé mentale. D'autant qu'il passe le plus clair de son temps à développer une fibre artistique lugubre et morbide en créant des assemblages et autres ornements particulièrement glauques et morbides qui décorent sa maison. Cette atmosphère créée à partir de ces œuvres déviantes apportent une vraie plus-value à l'ambiance dégradante et morbide du film. Les personnages évoluant continuellement dans ce cadre corrompu annonçant déjà les horreurs à venir.

 

Photo obsession


La direction artistique de ce petit budget confère une indéniable personnalité au film de Pearry Reginald Teo, qui bénéficie, en outre, d'une lumière aux dominantes verdâtres instillant un véritable malaise. Les apparitions des créatures, atroces dans leur conception et leur représentation, ne sont pas loin d'envoyer The Demon Inside vers la saga vidéoludique et cinématographique Silent Hill, avec ces corps décharnés et tourmentés. Le film est convaincant sur ces aspects visuels et atmosphériques en partie dûs au travail du directeur de la photographie Jonathan Hall. Vendu sur le postulat d'un énième cas de possession, le film ne peut néanmoins s'abroger totalement des passages obligés inhérents au genre plus encombrants qu'autre chose. Les longues litanies mystico/christiques déblatérées par le Père Lambert, prêtre laminé, qui cherche la rédemption dans cette nouvelle expérience, restent globalement assez lourdes et peu passionnantes, face à un père de famille évidemment récalcitrant initialement, mais dont la volte-face est un peu trop brutale pour convaincre. Des défauts d'écriture qui s'ajoutent à un cahier des charges malgré tout trop visible, et surtout à des ficelles un peu grosses pour surprendre un spectateur rompu au genre (le coup du polaroïd n'est plus d'une originalité folle), avec notamment une révélation finale sans grande originalité. C'est dommage, car The Demon Inside est baigné de ce parfum putride et angoissant qui manque à tant d'œuvres. Il parvient enfin à créer quelques scènes de terreur primaire mais pas moins profondes et efficaces, dans la représentation de ses créatures ou de l'âme possédée, même si l'usage répété d'un filtre visuel pour identifier les visions du personnage principal est une fausse bonne idée.

En conclusion, malgré une parenté avec un sous-genre trop représenté, un titre français passe-partout renvoyant à l'un de ses pires rejetons (l'infâme The Devil Inside de William Brent Bell) et des passages obligés usés jusqu'à la corde, The Demon Inside parvient finalement à s'élever au-dessus de la mêlée et à distiller un goût putride au spectateur, et apparaît sympathique dans ce qu'il tente. Tout en affirmant une certaine volonté d'indépendance artistique face au postulat rigide et démoniaque sur lequel il est vendu. Il déjoue d'ailleurs les attentes en filmant l'intégralité de l'attendue scène d'exorcisme en hors-champ, obstruées par un trou de serrure. Il fallait oser !

Nicolas Mouchel














Partagez sur :
 

Image :
Belle définition et beau piqué pour l'image de cette édition Blaq Out. Le support HD offre au film de Pearry Reginald Teo des contrastes bien appuyés et notamment des noirs profonds desquels se détachent des sources lumineuses adroitement éclairées et fort bien restituées. La palette de couleurs du film ne marque pas par son étendue, mais plutôt par sa gestion maîtrisée des nuances.

 


Son :
Le DTS HD 5.1 des deux pistes VO et VF apporte avec brio le dynamisme nécessaire à l'ambiance morbide du film. Si les dialogues restent plutôt bien équilibrés, c'est bien l'atmosphère sonore qui surprend et impose le respect avec une multitude d'éléments d'environnement qui, ajoutés à la musique, proposent une plage sonore efficace qui fait froid dans le dos.

Liste des bonus : Aucun

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020