LES PREMIERS HOMMES SUR LA LUNE
First Men in the Moon - Royaume-Uni - 1964
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Genre : Science-fiction
Réalisateur : Nathan Juran
Musique : Laurie Johnson
Son : Français DTS-HD Master Audio 4.0, Anglais DTS-HD Master Audio 2.0 et 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 103 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 15 octobre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Quelques minutes après leur arrivée, les premiers américains à poser le pied sur la lune découvrent, sur un rocher, un petit drapeau anglais accompagné d’une note. Aussi incroyable que cela leur paraisse, le premier alunissage les précéderait de plus de 60 ans.
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Objectif lune

On peut dire aujourd'hui qu'il y avait deux sortes de films sur lesquels Ray Harryhausen a travaillé. Ceux qui reposaient presque tout entier sur le génie et les prouesses techniques du pape de la Stop Motion, et les autres. Les Premiers Hommes dans la Lune, avec son scénario emprunté à H.G. Wells et ses personnages hauts en couleurs, fait assurément partie de la seconde catégorie. Sa ressortie en bleu chez les stakhanovistes de Sidonis Calysta est une invitation qui ne se refuse pas.

The First Men in the Moon, roman de H.G. Wells, est édité pour la première fois au Royaume-Uni en 1901. L'histoire y met en scène un scientifique qui, après avoir découvert une nouvelle sorte de minerai, décide de partir avec un ami à la conquête de la lune. Sur place, ils y découvriront un peuple extraterrestre : les Sélénites. Si la prescience du romancier, spécialiste de Science-fiction, ne fait aujourd'hui aucun doute, on ne peut, dans le cas de cette œuvre, passé sur le fait que le roman est évidemment une relecture du De la Terre à la Lune de Jules Verne (paru en 1865). A eux deux, ils inspireront l'un des tout premier film de SF : Le Voyage dans la Lune, du Français George Méliès (la fameuse lune et sa fusée dans l'oeil!). Verne, Wells, Méliès. L'Histoire était en marche et rien ne pouvait plus l'arrêter. En 1953, Hergé publie On a Marché sur la Lune, amenant, avec le talent et l'humour qu'on lui connaît, une nouvelle pierre à l'édifice des explorateurs de l'imaginaire. 11 ans plus tard, alors que se profile enfin la réelle possibilité de marcher sur l'astre lunaire, Charles H. Schneer et Ray Harryhausen, véritables génies en marche (sortant à peine du succès du cultissime Jason et les Argonautes) décident d'offrir au livre de Wells une nouvelle adaptation. Mais non sans avoir préalablement mûrement réfléchi la chose.

 

Ces merveilleux fous volants


Cinq années avant la réalisation par Neil Armstrong du « pas de géant pour l'humanité », le film de Nathan Juran (déjà à la barre de A des millions de kilomètres de la Terre et du premier des trois voyages de Sinbad) ne se contente pas d'adapter Wells by the book, mais bien de proposer une version « modernisée » de son œuvre. Ainsi l'intro du film prend place dans son contexte de l'époque, alors qu'un équipage d'astronautes, constitué de Russes et d'Américains (pas mal en pleine guerre froide et deux ans avant Star Trek !) se pose pour la première fois sur la lune. Peu de temps après leur arrivée, ils font une découverte étonnante : ils ne sont pas les premiers à avoir réussi à l'atteindre. A partir d'une note laissée sur place, ils vont alors retrouver la trace d'un des premiers voyageurs, un vieil homme à moitié fou, qui va leur raconter son incroyable histoire.
Et c'est à ce moment que le film rebascule à l'époque de son roman d'origine, au temps des premiers moteurs à explosion, et nous présente trois personnages hauts en couleurs vivant au sein d'une campagne anglaise luxuriante. Soit un écrivain raté, aux mensonges aussi hauts que le verbe (le très bon Edward Judd, qui sera bientôt dirigé par Terence Fisher et Roy Ward Baker), sa fiancée (Martha Hyer, dont la carrière explosera peu de temps après devant la caméra d'Hathaway ou Arthur Penn) et le professeur Cavor, inventeur complètement loufdingue, inventeur de la Cavorite (matière capable de repousser la gravité !) et incarné par Lionel Jeffries, qu'on reverra quelques années plus tard dans l'aventure musicale Chitty Chitty Bang Bang. Ensemble, ils vont réussir à quitter la Terre et alunir avant de découvrir le mystérieux peuple des Sélénites, humanoïdes à tête d'insecte, non sans croiser la route de quelques créatures dont Harryhausen a le secret (une chenille géante, un leader protégé par un champ de force...). Incroyablement rythmé, avec l'énergie de ses trois comédiens principaux survitaminés, Les Premiers Hommes dans la Lune évoque, avec ses magnifiques paysages lunaires, les plus grands films de SF tout autant que ceux d'aventures survoltées qu'a pu nous offrir cette époque. Comment ne pas penser, par exemple, au formidable Ces Merveilleux Fous Volants dans leurs drôles de machines de Ken Annakin (qui sortira l'année suivante) et qui rend lui aussi hommage aux premiers aventuriers aériens ?

Malgré une fin abrupte et étonnamment plus grave que ce qui précède, Les Premiers Hommes dans la Lune demeure bien une incroyable bouffée d'air frais située entre Wells, Verne, Méliès et Hergé (un hommage est d'ailleurs clairement rendu à la fusée de Tintin). Alors avec Schneer et Harryhausen aux manettes, il devient bien une sorte de concentré de génies, l'union sacrée d'un siècle (à un an près!) de pionniers de l'imaginaire où costumes en latex et fameuse Dynamotion (« The miracle of the screen! ») s'allient sous la bannière du cinéma en Panavision. Une certaine idée du bonheur.

Laurent Valentin








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Image :
De toute beauté. Pour la première fois, le film profite d'une tonne de détails absolument ahurissante et offre des contrastes qui rendent un hommage vibrant à la Panavision. Parmi les passages les plus marquant, les premiers plans d'un paysage lunaire certes désuet mais au relief saisissant et celui de la campagne anglaise, aux couleurs vives explosant de mille feux. Un régal pour l'oeil !

 


Son :
Sidonis fait les choses en grand et donne le choix au spectateur : piste 2.0 ou 5.1 en VO (les deux sont très bien même si on trouvera sans surprise plus de dynamisme et d'ampleur dans la seconde) et même un 4.0 sur la piste vf. Un très beau compromis qui sans jamais retrouver la profondeur et la chaleur de la VO propose, en plus de ses réelles qualités sonores, de retrouver le charme désarmant des doublages d'époque. Une vrais bouffée de nostalgie à consommer sans modération.

 


Interactivité :

Les bonus de l'édition des Américains de Twilight Time ainsi que ceux des Anglais de Powerhouse ont disparu. A la place, Sidonis ressort le documentaire dédié au Titan des effets spéciaux signé Richard Schickel. Une aubaine pour ceux qui ne l'ont jamais vu, mais une redite un peu décevante pour les fans de l'éditeur et d'Harryhausen car il est déjà présent sur le bluray de L'Ile Mystérieuse. Suit une featurette de quelques minutes faisant la promotion de la fameuse Dynamation ainsi que la bande annonce d'époque. Finalement, pour plus d'informations sur le film, mieux vaut peut être se tourner du côté du livret signé Marc Toullec.

Bonus : Livret de 24 pages, Les Chroniques de Ray Harryhausen (55'32), La technique de la Dynamation (3'29), Bande annonce (3'23).

 
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