300
Etats-Unis - 2007
Image plateforme « Bluray 4K »
Image de « 300 »
Genre : Peplum
Réalisateur : Zack Snyder
Musique : Tyler Bates
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby True HD Atmos Anglais, Dolby Digital Français, Allemand, Italien…
Sous-titre : Français, allemand, néerlandais…
Durée : 116 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 7 octobre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « 300 »
portoflio
LE PITCH
479 avant J.C., l'armée de l'empereur perse Xerxès 1er s’apprête à envahir la Grèce et à faire plier chacune de ses cités-Etats. Défiant les dieux et l'équilibre du pouvoir, les guerriers spartiates emmenés par le roi Léonidas mènent la résistance …
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"this is sparta !"

La sortie ces jours-ci en UHD du blockbuster de Zack Snyder n'est pas seulement une bonne nouvelle pour les amoureux de belles images et de cataclysmes acoustiques en Dolby Atmos, c'est aussi l'occasion de dresser un état des lieux (déprimant) du blockbuster d'auteur made in Hollywood.

Nul besoin d'épiloguer / un film tel que 300 serait impossible à produire de nos jours. Bien évidemment, le problème ne serait ni financier (même ajusté à l'inflation, le budget requis est à des années lumières d'une production super-héroïque actuelle), ni technologique. Ce qui coince, c'est bien évidemment le propos de l'œuvre, adaptation fidèle d'une bande-dessinée au fond tout à fait discutable et signée Frank Miller. Paru en 1998, 300 suscite assez vite la controverse. S'il demeure stupide et de mauvaise foi de lui reprocher son approximation historique et les raccourcis qui en découlent (Miller est un artiste adepte de l'hyperbole et non un historien), sa vision du Moyen-Orient, de la démocratie et un masculinisme qui dérape parfois vers l'homophobie interrogent et déchaînent les passions à juste titre. Comment transposer à l'écran ce que d'aucuns considèrent comme un brûlot réactionnaire sans en trahir l'essence et sans enflammer les réseaux sociaux ? Si le pari restait à peu près réalisable en 2007, il relèverait en 2020 du suicide artistique et médiatique pur et simple. Ayant fait basculer dans le nihilisme et une idéologie de droite décomplexée le Zombie (anticonsumériste, anar et rigolard) de George Romero, Zack Snyder était sans nul doute l'homme de la situation, le seul à pouvoir assumer un projet aussi casse-gueule.

 

L'Art de la guerre


Conservateur, membre de la NRA, Snyder est parfaitement à son aise dans l'univers de Frank Miller. Dès qu'il s'agit d'aborder les points les plus « sensibles » du récit de Frank Miller, Snyder ne se dérobe pas. Que les spartiates pratiquent l'eugénisme, soumettent les enfants à un rite initiatique ultra-violent, revendiquent leur bellicisme ou comparent, le sourire aux lèvres, les athéniens à « des philosophes et des amateurs de garçons (sic) », tout ceci ne gêne jamais un Zack Snyder qui, volontiers provocateur, force encore un peu plus le trait. S'il est permis (et tout à fait nécessaire) de s'offusquer, la démarche prend aujourd'hui tout son sens.
En réalité, 300 n'est pas un manifeste politique. Du moins, pas complètement. La dérive droitière n'est là que pour appuyer l'importance du point de vue et de la prise de risque dans l'exercice du blockbuster, sans quoi ces gros budgets finiraient par tous se ressembler, simples produits de consommation tournées à la chaîne et conçus pour ne heurter personne. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le seul véritable défaut du film réside dans la création d'une intrigue secondaire poussive et prévisible donnant à la reine Gorgo un rôle plus étoffé que dans le comics. Contraint d'opérer un va et vient répétitif entre les exploits de Léonidas et ses guerriers et la lutte politique menée par son épouse, Snyder amoindrit la force de frappe de sa fresque hargneuse et esthétisante, hommage vibrant à Frank Frazetta, au jeu vidéo et à l'Art de la Guerre. Un accroc qui n'a rien de rédhibitoire et qui offre tout de même l'opportunité à Lena Headey de camper une souveraine autrement plus sympathique et attachante que dans Game of Thrones.

D'un péplum transgressif tourné sur fond vert et assujetti à la teneur forcément factice des images de synthèse, Zack Snyder réussit l'impossible en enchaînant les morceaux de bravoure bad ass au découpage limpide et ce, sans jamais chercher à caresser le public dans le sens du poil.

Alan Wilson








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Image :
Déjà bien rutilant et imposant en Bluray classique, 300 revient plus conquérant encore sur format 4K. Un UHD qui travaille toujours la même optique avec un grain à la fois 35mm (oui le film fut tourné sur pellicule) et retravaillé en postproduction pour intégrer à merveille les nombreuses retouches et compositions de synthèses. Pas de grosse surprise ici finalement, la définition a été solidement boostée, les couleurs semblent plus puissantes et variées et les matières se dotent d'un relief plus soutenu. Du travail de pro, massif et indéboulonnable.

 


Son :
Toujours dommage pour les versions doublées qui font peine avec leur Dolby Digital 5.1 d'un autre âge. Pendant ce temps la version originale s'étoffe encore en passant d'un Dolby True HD Atmos 5.1 déjà bien costaud à un Dolby True HD Atmos 7.1 incroyablement percutant. Aussi stylisé et outré que l'image, le son de 300 part dans tous les sens, multipliant les effets de basse, faisant siffler le moindres projectiles à un poil du lobe du spectateur... De la grosse artillerie.

 


Interactivité :
Comme la plupart des ressorties UHD, le disque 4K de 300 ne préserve que le commentaire audio du réalisateur (non sous-titré et c'est bien dommage), laissant le soin au Bluray de fournir l'ensemble des suppléments déjà connu. Attention subtilité, le disque proprement dit n'est pas celui de « L'Expérience ultime » avec son option de visionnage interactive et si riche en informations et coulisses technique, mais celui du Bluray de base. Les bonus sont alors beaucoup plus sobres, voir factuels ou promos, avec des featurettes revenant sur les coulisses du tournages, les acteurs, les costumes, les effets spéciaux et quelques évocations du comics. On trouve aussi la poignée de scènes coupées, creusant entre autres le destin du sparte bossu. Dans l'ensemble cela fait un peu court tout de même.

Liste des bonus : Commentaire audio de Zack Snyder, Kurt Johnstad et Larry Fong (VO), « 300 : réalité ou fiction ? » (25'), « Qui étaient les Spartiates ? : les guerriers de 300 » (4'), La préparation physique au combat (7'), Les essais de Frank Miller (15'), Les coulisses du tournage (6'), Le film en images (4'), Webisodes (38'), 3 scènes coupées avec introductions de Zack Snyder (6').

 
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