L'HOMME DE L'ARIZONA
The Tall T - Etats-Unis - 1956
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Image de « L'Homme de l'Arizona »
Genre : Western
Réalisateur : Budd Boetticher
Musique : Heinz Roemheld
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 77 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 15 septembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L'Homme de l'Arizona »
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LE PITCH
Pat Brennan prend la diligence en compagnie des jeunes mariés Willard et Doretta. Lors d’un arrêt, les passagers tombent aux mains de trois hors-la-loi. Lorsque leur chef apprend que Doretta n’est autre que la fille d’un riche propriétaire de mine, il décide de demander une rançon pour sa libération. La tension monte durant les 24 heures qui suivent dans l’attente de la réponse. Dans le même temps, Doretta est loin d’être insensible à Pat.
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L'Homme de nulle part

Depuis quelques années déjà, de nombreux réalisateurs respectés et respectables mettent tout en œuvre pour réhabiliter le cinéaste Budd Boetticher. Sorte de chaînon manquant entre le classicisme de John Ford et le cinéma enragé de Sam Peckinpah. Le réalisateur aura toujours eu du mal à se faire une place.

Dès le départ, rien ne le prédisposait à embrasser une carrière cinématographique. Orphelin, adopté par une famille aisée, Boetticher excelle dans le sport avant qu'une blessure stoppe net ses performances. Partant au Mexique, il tombe sous le charme de la tauromachie au point de s'entraîner dur pour en faire son métier. Sa bonne étoile pointant aux abonnés absents depuis toujours, il se fait embrocher par un taureau mécontent de se faire perforer pour amuser la galerie. Dépité, le torero troué immigre à Hollywood où il finira par gravir les échelons jusqu'au convoité poste de metteur en scène. Son étoile passant enfin par là ; il se décide enfin à lui donner un petit coup de pouce en mettant sur sa route les bonnes personnes dont son futur compère l'acteur Randolph Scott. A eux deux, ce ne sont pas moins de sept longs métrages qu'ils tourneront en à peine plus de quatre ans. Leur collaboration définira à tout jamais le style et l'image de Boetticher.

 

réhabilitation ?


L'homme de l'Arizona est après 7 hommes à abattre leur seconde participation commune au genre. L'histoire est une adaptation, d'Elmore Leonard dont c'est ici sa première incursion dans le media cinéma. Le scénariste Burt Kennedy (ancien héros de la guerre du Pacifique, remarqué en sauvant des prisonniers de guerre des mains des Japonais) l'adapte en poussant le western dans des retranchements proches du film noir. Le spectateur non averti ne pouvait présager la tournure des événements ; le premier tiers du film lorgnant volontiers vers la comédie légère où Randolph Scott se révèle moins tourmenté qu'à l'accoutumée bien que toujours aussi droit dans ses bottes. La force du cinéma de Boetticher est de réussir à imposer et à donner de l'épaisseur à une bonne demi-douzaine de personnages dans un temps imparti relativement court sans en sacrifier l'histoire. Ici, une bande de malfrats prennent possession d'un relais isolé afin de raquetter une diligence. Pas de bol pour eux, ils prennent la mauvaise en ligne de mire et se retrouvent avec des otages non prévus aux programmes. C'est l'occasion pour le réalisateur et ses scénaristes de confronter leurs personnages à des codes moraux peu fréquentés. Un couple de jeunes mariés fait partie du convoi. Il ne faut pas moins de cinq minutes pour que le mari négocie la dot de son épouse oubliant d'emblée qu'il est marié aussi bien pour le meilleur que pour le pire. Se retrouvant seule, la pauvre Maureen O'hara (la Jane des Tarzan version Wessmuller) ne pourra compter que sur Scott pour se sortir d'affaire. Mais ici, les bons comme les méchants ne sont pas loin les uns des autres. Ils ont en commun leur solitude, leurs rêves et le même code moral ; alors forcément ils vont commencer à sympathiser contre leur gré. Le film prend alors des allures de huis clos à l'instar de L'Attaque de la malle-poste d'Henry Hathaway que l'on peut lui préférer. Boetticher pose déjà tous les mécanismes de sa mise en scène en allant droit à l'essentiel, son style est aussi simple que ses héros sont impassibles.

Au final, Budd Boetticher est-il un génie du septième art ou un simple réalisateur de séries B ? Ni l'un, ni l'autre. Il est de ces cinéastes frondeurs qui filment et financent leurs films un peu à la débrouille. Martin Scorsese a beau lui consacrer un aparté dans son documentaire sur le cinéma américain, il reste malgré tout un solide artisan du Western qui ne s'encombrait pas du superflu et qui était aussi direct que ses films compacts.

Cédric Lemaire






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Image :
Passée un générique aux fortes teneurs argentiques un peu trop prononcées, le film affiche une belle restauration. Les couleurs sont naturelles avec de bons contrastes. Les balances des noirs, quant à elles, ne sont pas assez prononcées et pèchent par manque de profondeur.

 


Son :
Rien à redire point de vue son, les pistes restaurées en 2.0 DTS sont toujours claires d'un bout à l'autre du film.

 


Interactivité :
Tout est fait et surtout tout est dit pour réhabiliter le metteur en scène comme l'un des grands du Western. Un documentaire de 1989 accompagne le film retraçant sa carrière avec des intervenants (excusez du peu) comme Clint Eastwood, Quentin Tarantino ou Peter Bogdnanovich. C'est ensuite au tour de Bertrand Tavernier qui, outre sa présentation habituelle de la collection à l'instar de celle de Patrick Brion, lui dédie un module. Ne péchant pas par son manque d'anecdotes, il nous narre la façon dont il a essayé de le contacter après son coup de foudre pour 7 hommes à abattre et la relation qu'il a entretenu avec lui tout au long de sa riche carrière. Enfin, cerise sur le gâteau, Scorsese nous parle avec la passion que l'on lui connaît de l'admiration qu'il a pour cet artiste qu'il a découvert à l'âge de 11 ans. Des bonus au final bien plus longs que le film mais ô combien passionnants !

Liste des bonus : Budd Boetticher- maitre du western (49'), Martin Scorsese présente l'Homme de l'Arizona (6'), Budd Boetticher par Bertrand Tavernier (23'), Présentation par Tavernier (19'), Présentation par Patrick Brion (8'), Bande-annonce (2').

 
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