LE JOURNAL
The Paper - Etats-Unis - 1994
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Genre : Comédie
Réalisateur : Ron Howard
Musique : Randy Newman
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 111 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 15 septembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Journal »
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LE PITCH
Henry Hackett est un directeur de rubriques d’un journal à sensation new-yorkais qu’il s’apprête à quitter pour une rédaction prestigieuse… surtout pour satisfaire sa femme enceinte. Il lui reste une journée pour trouver une dernière Une : contre sa supérieure et les apparences, il se donne alors comme mission de prouver l’innocence de deux jeunes noirs arrêtés pour meurtre. La course contre la montre commence.
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Liberté d'expression

De Citizen Kane à Pentagon Paper, des Hommes du président à Spotlight le monde du journalisme a canalisé les traumas de l'Amérique par de nombreux classiques du cinéma. Parmis eux, des œuvres beaucoup plus discrètes ont exploités le sujet comme ce film d'Howard tourné en 1994.

Ron Howard est de ces metteurs en scène qui aurait très bien pu s'acclimater à l'âge d'or d'Hollywood. Comme Obélix dans la potion magique, il est tombé dans le milieu quand il était petit avec des parents comédiens fiers de leur bambin lui faisant connaître les honneurs de la scène alors qu'il est âgé d'à peine 18 mois. Sa carrière de cinéaste en fait un touche-à-tout que l'on pourrait péjorativement baptiser de « yes man » à la solde des studios. C'est vrai. Mais Ron Howard est plus que cela. Ses films, au fil du temps se sont durablement installés dans la culture collective. Voir l'un de ses longs-métrages est presque systématiquement la garantie de passer un bon moment devant la toile. Pas forcément du travail d'orfèvre, mais assurément un réel savoir-faire dans des œuvres consciencieuses. Il n'est pas le type de bonhomme à se cantonner dans un genre trop étriqué pour lui. Stakhanoviste des styles et des budgets, il lui est facile d'alterner un mastodonte comme Willow avec une œuvre plus personnelle tel son Portrait craché d'une famille moderne ; ou faire le grand écart avec Horizons lointains tout à la gloire du couple Cruise/Kidman et son projet suivant, le plus confidentiel Le Journal.

 

Etat d'urgence


Pour accéder à une telle liberté, ramener de l'argent aux studios n'est pas tout ; savoir bien s'entourer par contre est autre chose. Avec son ami, le producteur Brian Grazer l'histoire est longue et fidèle. Comme un vieux couple, l'un ne va pas sans l'autre. Par son passé d'acteur, les comédiens se sentent en sécurité dans les productions du cinéaste. Se sentant compris, ils leur est plus facile de donner le meilleur d'eux-mêmes. En cela, Le journal fait partie de ces grandes réussites de film choral. On ne peut passer à côté de Michael Keaton qui s'en donne à cœur joie en rédacteur en chef du journal New-York Sun (rôle de journaliste qu'il reprendra dans le film Spotlight, pour le Boston Globe cette fois). Volubile, sur la corde raide, il nous offre un festival Keaton comme on l'aime. Particulièrement bien entouré, Randy Quaid (frère de Dennis) pourrait lui voler la vedette en journaliste paranoïaque jamais très loin de la vérité. Ajouté à cela une Glenn Close arriviste mais intègre, un Robert Duval bougon mais paternaliste, et une Marisa Tomei enceinte au point d'exploser en manque d'adrénaline et vous obtenez un film jubilatoire pour ses acteurs si heureux d'être là !

L'autre argument majeur du film est qu'il est particulièrement bien documenté par les scénaristes Koep dès qu'il s'agit de journalisme. Son intrigue, quant à elle, une enquête servant de fil conducteur à l'histoire est beaucoup plus anecdotique. Si l'on connaît plus volontiers David pour ses scenarii de Jurassic Park ou de Mission Impossible, l'on connait moins son frère Stephen, qui fut rédacteur en chef pour Time Magazine. A eux deux, le film ne pouvait pas se planter niveau authenticité. Ron Howard le sait et s'immerge dans les salles de rédaction. Ses scènes s'enchaînent, montrant subrepticement des dysfonctionnements si infimes soient-ils, accentuant le sentiment d'urgence quant au bouclage du soir toujours incertain. En centrant son film sur 24 h, le réalisateur ne laisse pas de temps mort ; il travaille sa mise en scène en pervertissant ses plans par des entrées et sorties de champs maintenant le sentiment d'oppression. A l'instar de Fred Zinneman sur Le Train sifflera trois fois, des plans d'horloge squattent constamment dans les coins pour nous le rappeler. Bien sûr, on peut reprocher à Howard son éternel optimisme. Son aspect Wasp et ses impressions de ghetto coloré à mille lieues de la réalité lorsqu'il filme en extérieur. On ne se refait pas.

Le journal, soyons honnête n'a pas l'aura de grands films journalistiques tels les Hommes du président. Mais son festival de comédiens et le potentiel sympathie de son metteur en scène emporte l'adhésion. Par nostalgie peut-être, mais par plaisir surtout.

Cédric Lemaire






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Image :
Le film n'a pas l'air de bénéficier d'un master tout neuf mais oh joie, il retrouve enfin son format 1.85 d'origine dont la France avait été privée jusqu'ici. Si le piquet tient bien la route, l'image paraît à plusieurs reprises tirer davantage sur une colorimétrie terne que sur des couleurs pimpantes. Néanmoins les contrastes ne font pas défauts et valent toujours mieux que l'ancienne copie sortie sur le support DVD.

 


Son :
La VO est à privilégier pour retrouver l'ambiance étourdissante de vie des bureaux de rédaction toujours en effervescence. La vf, quant à elle, est typique des films de l'époque, centrée sur les voix centrales au détriment des bruits ambiants qui a tendance à lui donner un côté plus plat.

 


Interactivité :
Le seul bonus proposé ici est un retour sur le film par le journaliste du Point Davis Miakanowski. Il revient particulièrement sur les films de journalisme tout en resituant Le Journal dans la carrière du casting et de l'équipe technique.

Liste des bonus : Le film par David Mikanowski 18', Bande annonce 2'.

 
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