CROMWELL
Royaume-Uni, Etats-Unis - 1970
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Genre : Historique
Réalisateur : Ken Hugues
Musique : Frank Cordell
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 111 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 22 septembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Angleterre, 1640. Oliver Cromwell, membre du Parlement, s’inquiète des injustices commises sous le règne du roi Charles 1er. Tandis que le peuple gronde, le roi refuse de partager son pouvoir avec le Parlement. Une guerre civile éclate, opposant les troupes de Cromwell à celles du roi.
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Une bataille de puritains

Personnage complexe dont les actes sont encore et toujours débattus au Royaume-Uni, Oliver Cromwell est une figure historique de la portée d'un Robespierre. Un leader passé de révolutionnaire à dictateur, que le cinéma anglais transforma en héros épique et charismatique dans une épopée grand luxe.

Finalement assez peu connu en dehors des frontières anglo-saxonnes, et en particulier en France où l'on continue de croire qu'on était les premiers à décapiter les rois, Oliver Cromwell et la révolution qu'il a dirigé contre le roi Charles 1er au VIIème siècle est un chapitre important et incontournable des livres d'histoire britanniques. Une petite vingtaine d'année durant laquelle l'Empire n'est plus une monarchie mais une « démocratie », dirigée d'une main de fer par un Lord Protector ferme, intransigeant, se mettant peu à peu le parlement et la population à dos. Une dictateur en somme qui impose le portrait d'un homme à la rigidité toute puritaine, emporté par l'histoire et balayé par ses propres ambitions et sans doute une folie des grandeurs galopantes. Après sa mort, son corps finira même par être exhumé, décapité et immolé tandis que sa tête sera exhibée devant Westminster Hall pendant 20 ans par décision d'une monarchie restituée. Charmant ! Pas vraiment un héros du royaume, que l'on n'arrive pas toujours à raccorder à celui présenté dans le film de Ken Hugues (Chitty Chitty Bang Bang, Les Procès d'Oscar Wilde), cinéaste qui se documenta pourtant pendant des années avant de faire aboutir son projet. Personnifié par un Richard Harris pénétré et autoritaire, géant par la stature et l'éloquence, cet Oliver Cromwell est un mélange de Robin des bois (encore plus proche avec le film de Ridley Scott), de la figure du politique de Frank Capra et du meneur convaincu, presque possédé par sa mission, aux airs de Jeanne D'arc. Un homme qui s'oppose à la monarchie de droit divins, à l'opportunisme de l'état britannique et de ses collègues parlementaires et qui va quasiment à lui seul restaurer le pays.

 

king or country


Peu de nuances, sauf sans doute dans le portrait délicat et fragile d'un Charles 1er trop confiant, manipulé mais honnête, interprété par Sir Alec Guinness comme un négatif de Cromwell. Épaulé par des acteurs de la stature de Robert Morely, Frank Finlay et d'un jeune et fougueux Timothy Dalton, ils emportent vaillamment le métrage vers l'élégance et les postures d'un théâtre classique, mais puissant et admirable. Pas encore empreints des expérimentations du cinéma contestataire (même si l'angle du scénario y fait parfois écho) la mise en scène de Hugues est surtout habitée par la prestance du modèle hollywoodien, préférant capturer les grandes batailles historiques comme autant de tableaux, presque fixes ou simplement accompagnés de lent travelling à distance. Malgré la richesse des costumes, la superbe des décors et l'ampleur d'une productions engageant des milliers de figurants, Cromwell est moins un film historique qu'un biopic fantasmé, un portrait héroïque qui cherche constamment la pureté d'un personnage quitte à en balayer les part d'ombres les plus fascinantes. Adieu donc - autant pour des questions de cohésions que pour éviter toute tension avec les voisins (nous sommes en 70 et l'IRA était encore très active) - l'évocation de la campagne irlandaise et le massacre d'une population qu'il exécrait (ironie, Richard Harris était un patriote irlandais convaincu). Oublié aussi grâce à une conclusion en forme d'éloge solennel, la déchéance de son pouvoir.

Cromwell passe souvent à coté du grand film qu'il aurait pu être, sans doute un peu mal à l'aise entre deux décennies cinématographiques que tout oppose : sorti dix ans plus tôt il serait resté une fresque historique tout en noblesse auquel on pardonnerait, presque, le manichéisme et le révisionnisme élogieux.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Annoncé comme était une première mondiale le Bluray de Cromwell propose un master HD de fond de catalogue. C'est-à-dire une copie qui n'est malheureusement pas passée par une restauration chimique ou un transfert 2K ou 4K de dernière génération. Dommage pour un film épique capturé sur pellicule 70mm mais le film est devenu pour Sony un titre de second main. La définition n'est pas toujours aussi optimale qu'est devrait l'être, les cadres laissent encore apparaitre quelques restes de griffures épars et le grain peut batailler un peu avec des noirs plaqués. Mais les couleurs sont franchement assez belles et contrastées et le rendu général se montre assez harmonieux et agréable. Ce n'est pas Spartacus soit mais Cromwell s'en sort assez bien.

 


Son :
S'approchant au plus près de la source mono d'origine (même si la copie 70mm proposait une piste 6.0 cela restait du frontal) le DTS HD Master Audio 2.0 proposé par l'éditeur restitue avec force la puissance des dialogues qui opposent ses grands acteurs aux accents théâtraux. Le son est clair, franc, sans grands défaut, et se montre assez équilibré avec les autres sources (musique, bruitage...) même si les scènes de batailles peuvent manquer parfois d'un peu d'énergie.

 


Interactivité :
Présenté en digipack cartonné avec fourreau, Cromwell est accompagné d'un livret de 24 pages particulièrement dense et instructive. Une première partie se consacre à la production du film, tandis que le seconde met l'accent sur les autres évocation de la Guerre civile anglaise au cinéma (de The Moonraker à A Field in England) et de l'évolution de ses symboliques. Une approche complétée par l'interview vidéo de Bernard Cottret, spécialiste français de Cromwell, qui en retrace un portrait beaucoup plus fidèle à la réalité et souligne les libertés et aménagements pris par le film.

Liste des bonus : Cromwell, un homme providentiel par Bernard Cottret, auteur de « Cromwell » (Fayard), interview réalisée le 9 mars 2020 (22'), Livret « Un homme nommé Cromwell » (24 pages) par Jean-François Baillon.

 
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