SHERLOCK HOLMES & SHERLOCK HOLMES : JEU D’OMBRES
Sherlock Holmes, Sherlock Holmes : A Game of Shadows - Etats-Unis - 2009, 2011
Image plateforme « Bluray 4K »
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Genre : Action, Policier
Réalisateur : Guy Ritchie
Musique : Hans Zimmer
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, Dolby Digital 5.1 français, allemand, espagnol…
Sous-titre : Français, anglais, allemand, espagnol…
Durée : 256 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 16 septembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Après qu’une série de meurtres rituels a ensanglanté Londres, Holmes et Watson réussissent à intercepter le coupable : Lord Blackwood. À l’approche de son exécution, ce sinistre adepte de la magie noire annonce qu’il reviendra du royaume des morts pour exercer la plus terrible des vengeances.
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Une affaire d'identité

L'illustre et cérébral Sherlock Holmes peut-il vraiment se fondre dans le blockbuster. Ou plutôt le cinéma américain de ces dernières années est-il encore capable de capter l'essence d'un personnage sans en faire un comic book sans âme ? Les deux Sherlock Holmes de Guy Ritchie posent ouvertement la question et s'en sortent finalement honorablement bien. Et c'était loin d'être élémentaire.

Si depuis quelques temps les projets autour du plus célèbre des détectives semblent se multiplier tranquillement, entre l'élégant Mr. Holmes porté par Ian McKellen et l'anecdotique Enola Holmes vendu sur la charmante bouille de Millie Bobby Brown, lorsque le premier long métrage de ce diptyque apparaît sur grand écran en 2009, Sherlock Holmes n'y était plus apparu depuis 1985 et le fabuleux Le Secret de la pyramide. Presque deux générations de distance donc. Un énorme fossé, d'autant plus que l'un jouait ouvertement avec les codes classiques du personnage pour en imaginer la « genèse », alors que le second veut pleinement le faire entrer dans la contemporanéité. Une approche qui irrite forcément les protecteurs du temple, mais qui pourtant fait tout l'intérêt de ces deux opus qui sont retournés à la source pour en extraire toute la modernité. Exit donc le fameux deerstalker, la cape à carreau et surtout les airs guindés, aristocratiques, finalement surtout hérités des illustrations du Strand et des adaptations britishs des premiers temps. Sherlock Holmes redevient ici le cerveau mathématique, quasiment autistique dans sa vision du monde, mais aussi une figure avant-gardiste, captant l'air du temps, pratiquant quelques arts-martiaux (anglais mais pas que) et savourant une esthétique bohème et décalée. Le travail musical d'Hans Zimmer (pour une fois ne pillant pas trop son propre répertoire), mariant thèmes iconiques, ballades irlandaises, échos gitans et contre-pieds humoristiques, est à ce titre une vraie réussite à hisser au même niveau que l'interprétation dégingandé de Robert Downey Jr., toujours à l'aise dans ce type de personnages aussi attachants qu'exaspérants, odieux que charmants.

 

the game is afoot


Pas de trahison ici, malgré les dires de certains, si ce n'est peut-être dans l'importance salvatrice donnée à Docteur Watson, aka monsieur Jude Law, loin du faire-valoir habituel, homme d'élégance et d'action, qui lui s'efforce de préserver une vie social normée. Un duo charismatique, un équilibre naturel et une dynamique qui impulse une énergie nouvelle aux enquêtes du détective de Baker Street. Ce sont bien eux, associé à un casting féminin, Rachel McAdams et Kelly Reilly, tout aussi espiègle, qui emportent l'adhésion et permettent de faire oublier aisément les quelques légèretés de l'écriture et le besoin inévitable de studio Hollywoodien d'élever au-delà du raisonnable les enjeux de chaque affaire. Le premier film menace de transformer le Royaume-Uni en dictature sataniste, le second de plonger le monde dans une nouvelle guerre mondiale orchestrée par un Professeur Moriarty aux airs de comptable méticuleux (Jared Harris). Loin des simples affaire criminelles, les récits entraînent Holmes et Watson dans des mondes opaques, abscons, terreaux de complots toujours un poil fumeux, mais où finalement la politique, la quête de pouvoirs, est toujours la source du mal. La confrontation entre Holmes et Moriarty se crispant sur cette opposition entre la froideur du contrôle et le plaisir du jeu. Metteur en scène pas toujours des plus subtiles, se perdant régulièrement dans les tics de ses chroniques de la truanderie de banlieue anglaise, Guy Ritchie montre ici qu'il peut-être un solide faiseur, emballant le tout avec décontraction, un poil d'ironie, et presque une certaine modestie lorsqu'il s'efface devant la sublime photographie de Philippe Rousselot (Entretien avec un vampire, Les Liaisons dangereuses) et bien entendu l'irrésistible cabotinage de son casting. Du grand spectacle avec son lot de scènes d'action, de poursuites et d'effets spéciaux soit, mais notre Sherlock Holmes semble y avoir trouvé aussi son compte.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Malgré leurs jeunes âges les deux Sherlock Holmes avaient finalement un peu de mal à se plier aux contraintes techniques, pourtant assez larges, du Bluray. La faute sans doute à une photographie alternant les gammes désaturées et les teintes pleines, cultivant un grain et des matières très présentes le tout avec une gestion des ombres et des noirs très creusés. Des difficultés que le nouveau transfert UHD absorbe totalement retrouvant le relief et les textures d'origines qui siéent parfaitement à ces ambiances de début de siècle dernier. Même les éléments en images de synthèse (parfois trop détachées et lisses dans le premier film) s'intègrent avec plus de naturel ici. Mais le grand gagnant reste le niveau de noir, abyssal, qui s'impose enfin sans entraîner de perte de définition ou de glissements de teintes.

 


Son :
Pas de changement avec les pistes sonores dont la version originale est à nouveau présentée dans d'excellent DTS HD Master Audio 5.1 aussi fin que puissant et accompagnant avec efficacité la démesure et les excentricités des films. Le doublage français, de toute façon, doit encore et toujours chez Warner se satisfaire d'un Dolby Digital 5.1 de plus en plus daté et écrasé.

 


Interactivité :
Les deux disques Bluray 4K sont, comme souvent dans ce type de réédition upgrade, nus comme des verts laissant le soin aux deux Bluray déjà connus de fournir à nouveau la même collection de suppléments. Petit rappel pour les Sherlock Holmes qui cultive une même structure soit la présence détachée de quelques featurettes classiques et promos, laissant la grande place à l'option Maximum Movie Mode de déverser pendant le visionnage des extraits de tournages, images de coulisses, interviews, croquis et Cie. Une petite fenêtre interactive présentée par Guy Ritchie dans le premier et Robert Downey Jr. dans le second qui certes ne remplacera jamais la pertinence d'un commentaire audio et la masse d'un authentique making of, mais qui se suit avec beaucoup de plaisir. Ce qui manque le plus finalement dans les deux cas sont les scènes coupées, existantes et plus ou moins connues, dont celles de Jeu d'ombres avec notre Gilles Lelouch national.

Liste des bonus Sherlock Holmes : « Maximum Movie Mode » : Picture in picture, comparaison avec le storyboard, galerie photos, Focus points, chronologie... présentés par Guy Richie (VOST), « Sherlock Holmes : réinventé » : comment Guy Richie et Robert Downey Jr. revisitent le personnage du détective légendaire et comment Downey se prépare pour le rôle (14').
Liste des bonus Sherlock Holmes Jeu d'ombres : « Maximum Movie Mode : Dans l'esprit de Sherlock Holmes » : vivez le film à travers le regard de Robert Downey Jr. (commentaires Picture-in-Picture, storyboards, photos de tournage, ...)

 
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