L’ABOMINABLE DR. PHIBES
The Abominable Dr. Phibes - Royaume-Uni - 1971
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Genre : Horreur
Réalisateur : Robert Fuest
Musique : Basil Kirchin
Image : 1.85 16/9
Son : Français et anglais DTS HD Master Audio 2,0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 94 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 16 septembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Le docteur Phibes ne peut pardonner la mort de sa femme, survenue au cours d'une opération chirurgicale. Reproduisant les plaies d'Egypte, relatées dans la Bible, il commence à supprimer les chirurgiens qu'il juge responsables. Piqûres d'insectes, morsures de chauve-souris opèrent leur œuvre macabre...
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Over The Rainbow

Fin 60's, début 70's : le cinéma d'horreur traverse une période de transition. En Angleterre, la légendaire firme Hammer perd de son lustre à force d'essorer ses franchises, tandis que de l'autre côté de l'Atlantique, le genre s'essaie à une approche plus réaliste et violente (La Nuit des morts-vivants, Rosemary's Baby, pour ne citer qu'eux). C'est dans ce contexte que la célèbre AIP (American International Pictures) de Samuel Z. Arkoff va choisir le talentueux Robert Fuest pour réaliser une œuvre baroque, au croisement des époques et de styles : L'Abominable Dr Phibes.

L'histoire est celle d'un chirurgien (notre bon Docteur, merveilleusement interprété par Vincent Price), qui, pour venger la mort de sa femme lors d'une opération, va assassiner les médecins qu'ils jugent responsables... en reproduisant pour chacun un châtiment inspiré d'une des dix plaies d'Egypte ! Fuest, libre de ses mouvements et de son petit budget, organise autour de ce pitch simplissime un jeu du chat et de la souris extraordinairement ludique. Il monte en effet en parallèle les meurtres ultra-inventifs du revanchard Dr Phibes (une corne de licorne qui empale une victime, des sauterelles qui dévorent un visage jusqu'à l'os, etc), et l'enquête piétinante de la police. Le ton varie d'une séquence à l'autre, passant de l'outrageusement baroque au comique de situation. Cela donne au film une liberté de ton jubilatoire, et ce dès l'introduction présentant un Phibes quasi-possédé derrière son orgue, au sein d'un décor magnifique à l'esthétique très camp. Une scène qui annonce étrangement les délires du personnage de Winslow dans le Phantom of the Paradise de Brian de Palma.

 

Futur immédiat


Un pied dans le passé, un autre dans le futur : c'est un peu le mantra de Robert Fuest. Car s'il cite avec révérence Le Fantôme de l'Opéra version Lon Chaney, s'il rend hommage à ses ainés via la présence de Price et du toujours impérial Joseph Cotten, il fait aussi preuve d'une étonnante préscience, en réalisant un film qui annonce par sa structure le genre slasher (qui ne sera pourtant définitivement lancé qu'en 1974 par Bob Clark et son Black Christmas). L'humour du film, par son côté décalé, questionne aussi. S'il est typiquement british dans l'esprit, il est parfois d'un post-modernisme surprenant. Nous sommes évidemment bien loin des délires ironiques du cinéma d'horreur des 90's (la dernière séquence est d'ailleurs bouleversante), mais on a tout de même affaire à un film qui a conscience de son genre et qui en joue. Mais Fuest n'est pas qu'un théoricien. Son long-métrage, mis en lumière par Norman Warwick (qui devint par la suite le chef opérateur attitré de Freddie Francis) est d'une grande beauté, travaillant par touches colorés, à la façon d'un Mario Bava. Et le découpage, vif et d'une grande précision, donne à l'œuvre un rythme tendu et palpitant.

Peut-être trop en avance sur ton temps, Robert Fuest connu finalement une carrière assez pauvre. Parti de Chapeau Melon et bottes de cuir (dont on reconnait ici l'humour), il réalisa entre autres l'excellent And Soon the Darkness (édité récemment dans la collection Make My Day), et une suite plutôt moyenne à L'Abominable Dr Phibes. Mais l'heure est aux éloges. Remercions-le donc pour cet essai flamboyant et unique, qui fut également un des derniers grands rôles de l'immense Vincent Price.

François Willig




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Image :
Comme souvent dans la collection British Horror d'ESC, la copie est superbe, et très respectueuse du grain 35mm d'origine. Les couleurs parfaitement gérées magnifient le superbe travail du directeur de la photographie Norman Warwick.

 


Son :
Le travail sur le son estégalement impeccable, avec une piste VO très claire et une VF honnête, mais comme souvent moins équilibrée en terme de mixage.

 


Interactivité :
La galette ne compte qu'un seul bonus. Mais il est très intéressant. Il s'agit d'un entretien avec Pascal Francaix autour du film. L'auteur du récent ouvrage sur le « teen horror » sorti chez Rouge Profond parle du film de manière passionnante et érudite. Richement illustré, le module donne immédiatement envie de se replonger dans le film....et d'en voir bien d'autres. Le coffret est également vendu avec un livret de 16 pages de Marc Toullec.

Liste des bonus : Discussion autour du film avec Pascal Françaix (52')

 
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