BEETLEJUICE 4K
Etats-Unis - 1988
Image plateforme « Bluray 4K »
Image de « Beetlejuice 4K »
Réalisateur : Tim Burton
Musique : Danny Elfman
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais Dolby Atmos, Français 2.0 Dolby Digital, Italien Dolby Digital Plus
Sous-titre : Français, Anglais, Italien…
Durée : 92 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 16 septembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Beetlejuice 4K »
portoflio
LE PITCH
Jeunes mariés, les Maitland meurent brusquement dans un accident de voiture. Contraints de hanter leur maison, ils doivent aussi supporter les excentricités des nouveaux propriétaires, les Deetz. C'est alors qu'ils décident de faire appel à Beetlejuice, un prétendu bio-exorciste ...
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Freaks vs Freaks

Bonne nouvelle, le calendrier des sorties 4k de Warner pour cette fin d'année 2020 nous propose de replonger dans l'une des œuvres de jeunesse de Tim Burton, cinéaste jadis prometteur mais aujourd'hui embourbé dans une impasse à la fois artistique et commerciale. Allez, tous en chœur : Beetlejuice ! Beetlejuice ! Beetlejuice !

Fruit d'un compromis entre l'univers enfantin et absurde de Paul Reubens et celui, surréaliste, macabre et ironique de Tim Burton, Pee Wee's Big Adventure se révèle être une aventure profitable pour à peu près tout le monde lors de sa sortie en salles en 1985. Devenu « bankable » aux yeux de la Warner, Burton est immédiatement aiguillé vers l'adaptation très attendue de Batman. Seul problème, l'écriture du script patine et les négociations en coulisses s'éternisent. Pour ne pas perdre la main et s'occuper, le réalisateur jette son dévolu sur Beetlejuice, une histoire de fantômes imaginée par Michael McDowell et Larry Wilson. Si la maison hantée et l'affrontement entre familles lui rappellent à coup sûr la série Dark Shadows de Dan Curtis (qu'il adaptera directement bien plus tard, en 2012), Tim Burton saisit surtout l'opportunité d'imposer son imaginaire unique sur ce qui ressemble fort aux prémisses d'une sitcom. Le décor unique et le clash culturel entre les Maitland et les Deetz (la campagne contre la ville) saupoudré de fantastique transgressif évoquent en fin de compte un croisement entre The Brady Bunch et La Famille Addams. Burton opère donc un travail de réécriture en compagnie de Warren Skaaren et y injecte toutes ses obsessions et en particulier son amour des freaks, de Mario Bava et de Ray Harryhausen ; Et ses passions d'entrer en guerre les unes contre les autres avant de faire front commun contre les profiteurs, les cyniques et les conformistes. Au centre de ce tourbillon créatif, un électron libre : Beetlejuice.

 

Shake, shake, shake, señora !


Bien qu'il donne son titre au film, Beetlejuice ne bénéficie que de peu de temps de présence à l'écran. Burton l'utilise avec parcimonie et soigne avec malice chacune de ses apparitions. Le personnage lui sert essentiellement à venir bousculer et relancer une histoire qui, sans lui, menacerait de faire de tourner en rond et de manquer d'enjeux. Pervers, menteur, arnaqueur, Beetlejuice offre également à un Michael Keaton encore peu connu à l'époque de se livrer à un cabotinage endiablé, iconique et mémorable entre Buster Keaton (!), Groucho Marx, Freddy Krueger et James Brown. Une performance outrée et à l'opposé de celle qui livrera dans les deux Batman à venir.
En face de Michael Keaton, le reste du casting se met plus ou moins au diapason. Si Alec Baldwin et Geena Davis apportent du charme et de la nuance à un petit couple « bien crétin », Jeffrey Jones, Catherine O'Hara et Glenn Shadix en font des caisses en caricature de yuppies imbues d'eux-mêmes. Âgée d'à peine 16 ans au moment du tournage, Winona Ryder apporte fraîcheur, sensibilité et un étrange parfum de séduction à l'ensemble, lolita gothique et dépressive par excellence. Encore un peu raide par moments, la mise en scène de Tim Burton sais se montrer plus inventive lors de scènes musicales tout à la gloire du calypso d'Harry Belafonte ou d'escapades dans l'au-delà où les suicidés finissent fonctionnaires et où les visions morbides se teintent d'un humour féroce. Le tout mis en musique par un Danny Elfman en forme olympique.

Succès au box-office avec des recettes de 75 millions de dollars pour un investissement initial de 15, Beetlejuice conforte le statut d'auteur de Tim Burton, pose les bases de son univers pour un public plus large mais ne connaîtra pourtant jamais de suite. Regrettable ? Pas forcément, ce petit joyau des 80's se suffisant finalement très bien à lui-même.

Alan Wilson






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Image :
Le passage à la haute-définition en 2015 ne s'étant guère montré convaincant, nous étions en droit d'attendre beaucoup de ce transfert 4k. L'attente est en partie récompensée par un master enfin débarrassé du bruit vidéo et du grain des précédentes éditions. Les couleurs et la profondeur de champ ont également pris du galon. La transition entre vues aériennes et plans de miniatures lors du générique d'ouverture est à la fois plus visible et plus harmonieuse qu'auparavant. Dommage que les textures semblent quelque peu lissées et que le format initial ait subi un très léger recadrage, à peine perceptible mais bien réel pour quiconque connaît le film sur le bout des doigts. Un bidouillage déjà visible sur l'UHD de Gremlins et que l'on peine un peu à expliquer.

 


Son :
Le mixage Dolby Atmos (réservé à la seule version originale) est le grand atout de cette nouvelle édition, offrant à une bande originale pour beaucoup dans le charme intemporel du film une véritable seconde jeunesse. Le découpage acoustique est énergique et judicieux, ne noyant jamais les voix et les ambiances sous les accords et les orchestrations du score de Danny Elfman. Propre, la version française ne possède pas la même pureté.

 


Interactivité :
Warner a préféré soigner le packaging (au demeurant très réussi) et les goodies au détriment de nouveaux suppléments. Le coffret contenant un boîtier amaray classique prend donc la forme du fameux manuel pour personnes décédées et propose une affichette, un zoli patch et des craies pour dessiner une porte vers le monde des morts (les enfants vont adorer, les parents un peu moins). Sur les disques 4K ou Bluray, pas de nouveau making-of malheureusement mais toujours les trois mêmes épisodes de la très laide série animée des années 90. Mais pourquoi ?!

Liste des bonus : Trois épisodes de la série animée Beetlejuice (60'), Bande-annonce

 
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