THE COURIER
Etats-Unis, Royaume-Uni, Norvège - 2019
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « The Courier »
Genre : Action
Réalisateur : Zackary Adler
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 98 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 15 juillet 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Une coursière à moto londonienne est embarquée malgré elle dans une opération implacable pour éliminer les témoins gênants du procès d’un criminel international. Qui est cette mystérieuse jeune femme capable de déjouer les plans de tueurs expérimentés ?
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La Transporteuse

Parfois, les concepts et les histoires les plus simples sont les plus efficaces. Qu'importe l'intrigue quand on tient une idée générale forte, qui plus est lorsqu'un cinéaste talentueux et bien entouré peut la faire fructifier cinématographiquement parlant. Mais parfois non... The Courier et son réalisateur Zackary Adler ne mangent pas de ce pain là. Car de concept fort, le film en est dépourvu, et repose sur un pseudo huis clos urbain mal fagoté. Et de talent, on le cherche encore chez Zackary Adler à l'issue des 98 minutes extrêmement pénibles de métrage...

The Courier se veut donc un film d'action moderne s'ajoutant la contrainte (facilité ?) d'une unité de lieu quasi unique et d'un déroulé resserré en une nuit et donc un quasi temps réel. Partant de là, les concepteurs de la chose, dont le réalisateur/scénariste Zackary Adler, épaulé quand même de trois acolytes à la rédaction du script, brodent un semblant de thriller/actioner qui se rêverait bien plus efficace et enthousiasmant qu'il ne l'est réellement. Car dans The Courier, il y a bien un exploit : celui de ne fonctionner pour ainsi dire sur aucun plan, en d'autres termes, de tutoyer la nullité presque totale. Dès son concept de base, le projet effraie... Une intrigue archi-rebattue d'un témoin devant faire tomber un criminel d'envergure internationale et donc menacé par une armée de tueurs dans un parking souterrain. Lieu clos qui l'oblige à faire équipe avec une coursière à moto qui, ô hasard incroyable, se révèle ancienne soldat experte en combat/manipulation d'armes. Nous voilà donc parti pour 1h30 de survie, de guérilla urbaine à la petite semaine en veux-tu en voilà. Un pitch qui renvoie aux pires heures des productions Besson (le transporteur, es-tu là ?) tout en leur rendant un hommage (involontaire ?) appuyé sur bien des points (facture technique insipide, scènes d'action mécaniques et sans inspiration, interprétation générale au raz des pâquerettes). D'ailleurs, heureux hasard, on trouve Michel Abramowicz à la photo du bousin, après ses glorieux faits d'armes sur Taken produit par Europa Corp justement, ou encore L'Empire des Loups et Stars 80...

 

Rien ne sert de courier


La photo du film, justement, froide et métallique à souhait, n'est pas le plus raté dans The Courier et tente même des choses avec des scènes soudainement plongées dans des dominantes colorées. Pour autant, de maigres sursauts de créativité qui ne peuvent prétendre à une réelle proposition pertinente tant le reste du film est à la ramasse. Et en premier lieu la réalisation de Zackary Adler, tape à l'oeil jusqu'à l'overdose avec ses longs plans enamourés sur sa motarde moulée de cuir, ses effets de styles clippés complètement too much, le tout asséné au rythme de la musique omniprésente et assommante de James Edward Barker (également producteur et scénariste du film) et Tim Despic. Quant aux scènes d'action, qui constituent tout de même le cœur du film et auraient pu éventuellement être forces de proposition et sauver l'honneur, elles sont évidemment aussi mal pensées que foirées dans leur exécution. Découpage au hachoire et montage cut à gogo, gestion de l'espace calamiteuse, on est bien en présence d'un Michael Bay du pauvre, c'est dire le niveau... Et il faut également dire un mot sur la présence au générique de Gary Oldman, qui apporte son nom de prestige pour une prestation de quelques scènes, toutes en dehors de l'action vu que le bonhomme est confiné dans son appartement en attendant son procès, des séquences que l'on imagine tournées à la va-vite pour que le comédien touche rapidos son chèque. Le duo de héros formé par Olga Kurylenko (Dans la brume) et Amit Shah (Black Mirror), elle en guerrière méritante mais assez peu crédible et lui en sidekick irritant à protéger, ne font que creuser un peu plus profond le néant de ce film qui se voudrait un peu trop cool pour son propre bien. Même avec la meilleure volonté du monde, difficile d'accrocher et de supporter cet étron cinématographique. Et c'est peut-être ce qui est le plus agaçant dans The Courier, cette impression que ses concepteurs prennent le spectateur pour un consommateur d'action un peu abruti sur les bords, capable d'avaler l'invraisemblable vacuité d'un produit qui n'est marquant que dans son vacarme permanent et sa rigoureuse constance dans le ridicule et le mauvais goût.

Nicolas Mouchel






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Image :
Comme d'habitude avec Metropolitan, la facture technique de l'édition Blu-ray ne souffre d'aucune contestation, avec une image au piqué assez remarquable, dont les tonalités froides sont bien mises en avant et aux contrastes solides. A noter également une bonne gestion des couleurs, notamment lors des scènes plongées dans des dominantes rougeâtres.

 


Son :
Côté sonore, là aussi la technique est quasi infaillible. La puissance des sons est bien présente, autant en VO qu'en VF, notamment lors des séquences d'action où ça pétarade sévère. Une immersion incontestable grâce au son, mais qui trahit le caractère quelque peu pompier de l'entreprise. Le caisson de basses est, à ce titre, particulièrement mis à profit. Les scènes de dialogue bénéficient elles aussi d'une restitution globalement convaincante avec une dynamique correcte.

Liste des bonus : Aucun

 
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