PAï, L’ÉLUE D’UN PEUPLE NOUVEAU
The Whale Rider - Nouvelle-Zélande - 2002
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Paï, L’Élue d’un Peuple Nouveau »
Réalisateur : Niki Caro
Musique : Lisa Gerrard
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HD Master 5.1 et 2.0, Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 101 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 25 août 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
A douze ans, Paï est la petite fille du chef Koro. Celui-ci doit trouver le garçon qui sera digne de devenir son successeur. Paï se sent dotée des qualités particulières pour devenir chef Maori mais son grand-père, parce qu’elle est une fille, refuse de l’initier. Elle devra alors apprendre en cachette les rituels traditionnels afin de lui montrer qu’elle est à la hauteur du légendaire ‘Whale rider’, le cavalier des mers.
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L'âme d'une guerrière

Hasard du calendrier, alors que Mulan va bientôt sortir sur nos écrans (de télé), Paï le premier film de sa réalisatrice est récemment ressorti en Bluray. Une histoire pas si éloignée que ça de la légende de la princesse chinoise et il est d'ailleurs fort probable que la compagnie aux grandes oreilles ait embauché Niki Caro suite à ce joli premier essai.

Avec le succès de L'âme des guerriers de Lee Tamahori en 1994, le public international a pu découvrir une autre facette du cinéma néo-zélandais. Loin des délires gores d'un Peter Jackson, on découvrait une société Maorie contemporaine tiraillée entre un passé glorieux et un présent trouble. Adapté du roman The Whale Rider de Witi Tame Ihimaera-Smiler,  Paï, l'Élue d'un Peuple Nouveau sortit en 2002, se situe dans cette même lignée mais s'adresse avant tout à un public plus jeune et familial. Pour ça, le scénario prend la forme classique, mais toujours efficace, du récit initiatique, où l'on va suivre le parcours de Paï, jeune fille qui va affronter les traditions pour trouver sa place dans la société et se faire accepter en tant que cheffe de son clan. En effet le point de départ (et le déroulement de l'histoire) emprunte énormément aux contes mythologiques avec l'histoire d'une enfant qui va perdre sa moitié (son frère jumeau) et sera aidée par différentes figures pour pouvoir se « recompléter », un point de départ qui sera aussi utilisé dans Avatar et Pacific Rim.

 

Comme un homme


Car bien que le personnage du grand-père soit l'obstacle qui va empêcher Paï d'évoluer comme elle le souhaite, c'est avant tout les traditions ancestrales du peuple et leurs strictes applications qui sont le vrai antagoniste du film. Koro le grand-père de Paï n'est pas un homme dénué d'amour pour ses enfants et sa petite fille mais il est tiraillé entre son devoir de chef de tribu et celui de chef de famille. Il refuse de voir que les légendes de son peuple peuvent (et doivent) s'adapter aux temps nouveaux, pour pouvoir se perpétuer plutôt que d'enfermer des personnes dans des rôles où ils ne peuvent pas s'épanouir.
Le plus bel exemple se trouve dans le personnage de l'oncle de Paï, Rawiri. Présenté au début du film comme un personnage débonnaire et pataud, il se révèlera au fur et à mesure comme le principal allié de Paï dans son parcours initiatique car lui aussi a été victime de ces traditions. Leader né, il ne put pourtant pas être désigné successeur de son père à cause de son statut de fils cadet et se laissa alors aller dans une vie d'oisiveté. Il est le personnage le plus à même de comprendre Paï et l'opiniâtreté de la jeune fille à se faire accepter régénérera son envie de vivre. Une très belle idée qui démontre autant les qualités de chef de Paï que l'importance des « laissés pour compte ».
Paï, l'élue d'un peuple nouveau était le premier film de Niki Caro mais la réalisatrice faisait preuve d'un jolie sens du cadre, certes aidé par les très beaux décors de la Nouvelle-Zélande, ce qui rend le film très agréable à regarder mais c'est surtout au niveau de l'interprétation que le film fait mouche. Dans le rôle titre, Keisha Castle-Hughes crève l'écran, tout en force et fragilité elle n'a aucun mal à convaincre dans ce rôle de leader contrariée (elle fut d'ailleurs nommée à l'oscar de la meilleure actrice à l'époque pour ce rôle). Face à elle, Rawiri Paratene est impeccable dans le rôle de Koro, le grand-père. Ferme et intransigeant, il garde pourtant constamment une lueur d'humanité dans le regard qui trahie la fierté et l'amour qu'il ressent pour sa petite fille, ce qui en fait un personnage complexe et finalement difficile à détester.

La ressortie du film en blu-ray est donc une très bonne occasion de découvrir ce très joli petit film, qui malgré son histoire qui se passe dans un pays lointain et dans une culture très différente, parlera à tout le monde, que ce soit aux enfants qui se lancent sur un chemin ou aux adultes qui vont les guider.

Benoit Llamazares








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Image :
Une image nette et claire mais qui manque malgré tout d'un peu de piqué et qui souffre d'un grain visible dans les scènes peu éclairées. Le transfert reste malgré tout satisfaisant et permet d'agréablement profiter des décors de la Nouvelle-Zélande.

 


Son :
Le disque bénéficie de deux pistes pour la V.O, 2.0 et 5.1. Le film restant assez intimiste, votre home cinéma ne fera pas vibrer la maison avec Paï mais vous pourrez par contre apprécier les chants tout doux de Lisa Gerrard. La version Française elle est uniquement en 5.1.

 


Interactivité :
Le bonus principal est un entretien avec Florian Deleporte qui revient sur les différences d'adaptation entre le roman et le film et une analyse des personnages. Beaucoup de points importants de l'histoire sont évoqués, alors il vaut mieux voir le film avant cet entretien.

Liste des bonus : Entretien avec Florian Deleporte (23'), Bande annonce (1'34)

 
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