RIO GRANDE
Etats-Unis - 1950
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Image de « Rio Grande »
Genre : Western
Réalisateur : John Ford
Musique : Victor Young
Image : 1.33 4/3
Son : Français et Anglais DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 105 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 15 septembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Rio Grande »
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LE PITCH
Peu après la guerre de Sécession, l’attention se tourne vers les indiens Apaches. L’officier Kirby York est en charge de l’entraînement de 15 nouvelles recrues parmi lesquelles se trouve son fils qu’il n’a pas vu depuis 15 ans. Alors qu’il entraîne son fils à se battre contre les Apaches, Kirby voit arriver la mère de celui-ci qu’il n’a pas vu non plus depuis des années…
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La dernière séance

« Riooo, Rio Grandeee », bon, bien entendu si vous y mettez la voix de crooner d'Eddy Mitchell, l'air et les paroles reviendront sûrement à vos oreilles averties. Mais avant d'avoir atterri dans vos tympans, ce grand fleuve voisin du Mississippi fait officiellement office de frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. C'est justement ce nom que prendra John Ford pour son dernier film de la cuvée 1950.

Dernier film de sa fameuse trilogie dite de la cavalerie après Le Massacre de fort Apache en 1948 et La Charge héroïque en 1949, Rio Grande ne fut certainement pas tourné pour les bonnes raisons. John Ford étant John Ford, cela fait déjà bien longtemps qu'il n'a plus rien à prouver à personne. Seulement voilà, Le public voyant le nom du réalisateur sur une affiche paye sa place pour du spectacle, des grands espaces, des cowboys courageux et des indiens sournois. Mais Ford lui, se convoite de nouveaux horizons plus romanesques, plus sensibles. Non, Ford ne veut pas sombrer dans le sentimentalisme mais il irait bien titiller une nouvelle facette de la virilité masculine. Il polit depuis quelque temps déjà le désir de tourner ce roman qui l'a marqué : L'Homme tranquille. Pour accéder à son projet fétiche, ses producteurs ne lui octroient le fameux feu vert qu'à la condition qu'il rempile une fois de plus dans son genre de prédilection avec ce Rio Grande. Pas une corvée à se flageller mais pas un désir inassouvi non plus, Ford obtempère et se met en pilotage automatique pour réaliser ce western.

 

vie sacrifiée


Ce n'est pas pour cela qu'il bâcle son métrage. Il convoque son équipe habituelle, embauche ses seconds couteaux (Ben Johnson, Harry Carey Junior) et bien entendu, son acolyte John Wayne. Celui-ci enfourche son canasson et son costume de lieutenant de la cavalerie pour chasser l'Indien de l'autre côté de la frontière. Classique. Mais notre réalisateur en profite pour expérimenter des bases qui seront bien plus présentes dans son futur cinéma en y développant une humanité plus frontale que précédemment. Parmi les jeunes recrues de son escadron se trouve son jeune fils absent de sa vie depuis 15 ans. Ford ne tombe pas dans le sentimentalisme pour autant. Il n'envoie pas Wayne récupérer le temps perdu par de longues tirades dithyrambiques à son fils, il préfère une approche plus subtile, plus en adéquation avec l'image qu'à le public de son acteur principal. Il le filme en retrait, isolé dans la composition de ses plans. Par un geste, une mimique, l'acteur observe son fils de cinéma devenu jeune homme comme un ange protecteur derrière son dos. Mais il n'est pas au bout de ses peines. L'arrivée de l'actrice Maureen O'Hara dans la famille Ford fait merveille. En épouse esseulée de John Wayne (ils partageront à nouveau l'affiche à quatre reprises dont le fameux Homme tranquille) elle fera fondre le cœur de toute la compagnie. Tous ces militaires seront comme autant d'enfants soldats laissés à l'abandon en attente d'une mère protectrice et compréhensive. Le réalisateur aime tirailler son protagoniste qui doit faire des choix alors qu'il est marié à la cavalerie. Choix douloureux à faire entre armée et famille, vie privée et métier, amour et orgueil.
Entre tout cela, le film s'octroie ses moments de bravoure contractuelle. Nous sommes chez Ford quand même ! Son nom apparaît au générique sur l'image de la cavalerie sonnant le clairon pour nous rappeler qui est le patron. A l'heure où La Flêche brisée sort sur les écrans avec son discours pro indien, la cavalerie de Rio Grande continue à les traquer comme des braves. On ne peut reprocher à Ford de savoir filmer ses scènes d'action. Plus nonchalamment, le clou du spectacle sera à mettre au compte des cascadeurs lors d'une séquence de cavaliers à la romaine (debout sur les chevaux aux galops) digne des meilleurs spectacles de Bartabas.

Rio Grande pourrait être une œuvre médiane pour son réalisateur. Il signe sans doute un western des familles un peu pépère mais en profite pour explorer l'ébauche que sera son Homme tranquille. Et si finalement son Rio Grande était en réalité un film sur le couple déguisé en western ?

Cédric Lemaire






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Image :
Toujours dans la restauration de qualité, Sidonis continue de nous offrir de beaux masters tout en contrastes et en respect du grain d'origine au piqué très réussi. Certes certaines séquences sont plus faibles que d'autres et les certains contours fatiguent, mais le master respectent admirablement l'œuvre originale.

 


Son :
Les deux pistes sont en mono d'origine restaurée en 2.0. Les ambiances et pistes sont bien claires sans parasite sonore intempestif.

 


Interactivité :
Ce sont ces deux aficionados du Western que sont Brion et Giré qui répondent présents pour nous présenter ce classique. Un making of rétrospectif de Leonard Maltin complète le programme vidéo. En format Mediabook, Rio grande rejoint la collection prestige de l'éditeur qui l'accompagne de 96 pages écrites par Patrick Brion au doux titre de « John Ford & John Wayne ». Remarquablement illustré d'affiches et de documents d'époque, le coffret est un indispensable objet pour tout fan qui se respecte.

Liste des bonus : Livre de 96 pages, Présentation de Patrick Brion 14' et de Jean-François Giré 14', Making of 20', Bande annonce 2', Livre.

 
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